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des fruits de toute première qualité qu'on ne peut se procurer en abondance dans notre province; quand on considère ensuite que Montréal est à 3,000 milles plus près du marché anglais que la province de la Colombie Anglaise ou de l'Orégon, que dans notre province, on peut facilement produire des pommes dont la qualité ne le cède en rien à celle des pommes de la Colombie Anglaise, on est en droit de se demander ce que font nos cultivateurs! La province de Québec est loin d'égaler la Nouvelle Ecosse, l'Ontario et la Colombie Anglaise au point de vue du soin apporté à la culture fruitière, depuis la plantation du pommier jusqu'au moment de la récolte des fruits, de la vente sur le marché et de la manière de captiver J'attention du public.
Cependant, si, dans les provinces voisines, on trouve que les efforts faits dans le but d'améliorer la culture fruitière sont amplement récompensés par la production de fruits sains et de première qualité qui remportent les plus hauts prix sur le marché local ou étranger, pourquoi ne suivrions-nous pas l'exemple de nos voisins ? Est-ce le climat ou le sol qui nous ferait défaut ?
Ecoutons plutôt une voix plus autorisée que la nôtre sur un sujet si important;
!’ Que de ressources négligées dans un rayon de 100 milles à partir du lieu où nous sommes réunis (Ste Anne de Bellevue, Qué.) On y trouve le climat, le sol, la situation topographique, les marchés et tout ce qu'il est possible de désirer pour produire des pommes de choix, telle que la Fameuse et la Mclntosh; et cependant, la terre est, en très grande partie, utilisée pour les pâturages, le foin ou l'avoine. Si on ne fait pas de jardinage pour des fins commerciales, on n'en retire pas plus de $50.00 à $60.00 par arpent. Pourquoi les cultivateurs ne plantent-ils pas de pommiers qui décupleraient la valeur de leur terre ? A vrai dire, j'use d'un terme bien modéré quand je parle de décupler la valeur de la terre. Dans les districts de la province de Québec qui produisent des pommes, un verger de Fameuse et Mclntosh en plein rapport, qu'on entoure de soins, pourra donner de gros dividendes aux taux de $1,000 par arpent. Je crois inutile de sortir de mon sujet pour établir des comparaisons entre les différentes régions mêmes du Canada, ou entre celles-ci et les centres fruitiers de la république voisine; mais la justice m'oblige à dire qu'il n'y a nas, en Amérique, une industrie fruitière qui, eu égard au capital placé, à l’habileté déployée, au travail accompli et aux risques courus, procurent des dividendes plus élevés que la production de pommes de table dans la province de Québec. Il va sans dire que je ne parle pas actuellement de préférences personnelles. Certains préfèrent les sols sableux et argileux de la Californie à celui du Canada. En conséquence, ils s'adonnent à la culture des orangers. Mais que quelqu'un place $10,000 dans un champ d'orangers, il n'en retirera pas durant une certaine période d’années, les bénéfices nets que lui aurait procuré la même somme consacrée à la culture d'un verger de Mclntosh dans le comté de Chateauguay, des Deux-Montagnes ou de Rouville par exemple. Je suis étonné de constater que des cultivateurs de la province de Québec aillent dans la Colombie Anglaise, où ils achètent des terres moyennant $200 et plus,
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l’acre, pour la culture de pommiers, alors qu’ils pourraient se procurer chez eux, pour le quart de cette :omme et dans le même but, une terre de même valeur. Que les cultivateurs de Québec aient confiance dans leur province, elle en est digne! Qu'ils ne redoutent pas la concurrence qui leur viendra des provinces voisines ou de la côte du Pacifique: qu'ils aient plutôt recours a::x méthodes employées dans ces provinces, qu'ils déploient autant d'intelligence, d’habileté de savoir-faire dans leur travail et le succès couronnera infailliblement leurs efforts’ 1
Nous avons vu ce que pense M. A. McNeil de la culture du Pommier et des revenus qu'elle peut procurer aux cultivateurs de la province de Québec. Mais précisons davantage. Voici les données fournies par un homme versé depuis son enfance dans la culture fruitière, M. T. G. Bunting, professeur d'arboriculture fruitière au collège Macdonald, Qué.*
“Quiconque désire faire un bon placement en agriculture, n'a qu'à créer un verger de pommiers de variétés choisies. Ce verger, entretenu avec soin lui assurera un revenu considérable en rapport avec la val-ur du sol, le site et la culture.
“Les chiffres que je donne ici ne sont pas exagérés, et souvent ils sont dépassés. C'est une bonne moyenne. Remarquez qu'il s'agit d’un verger dont le sol est bien entretenu et réservé exclusivement au produit des arbres fruitiers; car tant que ceux-ci ne sont pas en rapport, on peut «: seiller de tirer parti de l'espace qui sépare les rangs de pommiers en y cultivant des petits fruits, comme la fraise, ou encore des légumes comme les pommes de terre.
Valeur de la terre, 1 acre.....................$ 75.00 à $100.00 lère année, coût des arbres, plantation, etc... 40.00 50.00 Deuxième à cinquième année, culture du sol BEC ts Dir ia ds me ent es 80.00 140.00 Total pour cette période de 5 ans............ 195.00 290.00
Sixième à dixième année, coût moyen par acre, les frais de la récolte exceptés...... 30.00 40.00 Total pour une autre période de 5 ans........ 150.00 200.00 Moyenne de la récolte par acre, à l'exception de la culture du sol, des arrosages et
de la cueillette des fruits................ 50.00 75.00 Profit net par acre pour une période de 5 ans.. 10.00 40.00 Valeur du verger à la dixième année... .......... 500.00
11ème à 20ème année moyenne de profit net par acre par années. 2 nn nent 0 100.00
Profit net pour une période de 10 ans ........ 1000.00 Première à cinquième année. Coût total des travaux et dépenses...................... 195.00 290.00
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() Discours de M. Alex. McNeil, chef de la division des fruits Ottawa, à la réunion
de la Société Pomologique de la Province de Québec. Rapport annuel, année 1909. @) Journal d'Agriculture, janvier 1914— (Edition anglaise).
Valeur de Id Terre... npeeri
Sixième à dixième année. Coût total, exception faite des travaux de culture, des arrosages ebIde A CHGIIERTE a ee ce 150.00 200.00
Profit après avoir déduit les dépenses des arrosages de la culture du sol et de la cueillette des pom-
Sn et RC nl 0 250.00 375.00 Valeur de la terre......... Re 600.00 Dixième année. Total des dépenses pour les 10
premières années............ Rd re 345.00 490.00 Recette toile en Re 250.00 375.00 Onzième à vingtième année. Valeur du ver-
ger à la vingtième année par acre........ 750.00 1000.00
M. Bunting conclut de ces données, qu'aucune branche agricole n'est aussi rémunératrice que le verger, car celui-ci augmente rapidement de valeur d'année en année, depuis le jour de la plantation des pommiers jusqu'à sa vingtième année et au-delà.
On pourrait rous demander maintenant comment remédier à cette baisse que l’on a constatée dans le rendement des pommiers de la province de Québec. Tout simplement, avoir soin des vergers existant actuellement et en planter d'autres, non pas partout, mais là où le sol et les conditions climatériques sont favorabies à la production de pommes telles que la Fameuse et la Mclntosh. On est loin d'avoir épuisé dans la province les endroits où ces conditions se réalisent.
Mais, direz-vous, pour créer des vergers, il faut avoir des arbres ? Sans doute, mais nous enseignons à tous comment on peut en élever soi-même, si on ne veut pas en acheter.
Le semis, le marcottage et le bouturage, la greffe sous ses faces multiples, leur plantation en rangs de pépinière, l'élevage des arbres, etc., voilà en résumé la matière traitée dans la première partie de ce travail. Le plan du verger, le choix des variétés, le site et l'exposition, l'achat des arbres, la préparation du sol, l'époque de la plantation, son exécution, la taille des petits arbres, la culture du sol, les engrais, la taille du verger en rapport, la lutte contre les maladies et les insectes au moyen de pulvérisations, la cucillette et l'emballage des fruits, la vente et leur conservation, la coopération, etc., tels sont les sujets traités dans la seconde partie, et comme on peut le voir, ce sont les points les plus importants, qui ont rapport à la culture fruitière.
Piutôt que de passer sous silence certains sujets qui prêtent bien à discussion, nous les attaçuons de front, recherchant surtout le côté pratique en tout. Nous ne voudrions pas que l’on puisse nous faire le reproche d'être un théoricien, car ce que nous n’avons pas mis en pratirue nous-même, nous savons que d’autres, versés dans la culture fruitière, l'ont fait avec succès. La loi du progrès se fait sentir dans l'arboriculture fruitière comme partout, et si l’on se retranche derrière la vieille routine, sous prétexte de ne pas vouloir aller trop vite, on n’arrivera à aucun résultat.
Dans notre province, la culture fruitière n’a tenu qu’une place bien secondaire dans les travaux de la ferme. Aujourd'hui, il n'en doit pas être ainsi. C'est surtout le spécialiste, dans quelque branche que ce soit du commerce, qui réussit. On ne peut raisonnablement demander à un cultivateur de se livrer, à la fois, à la grande culture, à l'élevage des animaux et à l’arboriculture fruitière. Que chaque cultivateur ait quelques arbres fruitiers sur sa propriété, pour son usage personnel très bien, nous le conseillons volontiers: mais, si l'on veut faire de la culture fruitière une branche de gros rapports de l'agriculture moderne, il faut alors se créer un grand verger, et s’y adonner avec soin, en faire le but vers lequel les autres travaux de la ferme doivent converger. Rien n'empêche, même alors, d'avoir quelques animaux domestiques, de se livrer un peu à l'apiculture ou à l'aviculture, nous le conseillons encore, mais n'oublions pas qu'il faut se spécialiser.
Nous ne nous sommes pas dissimulé les difficultés de toutes sortes, ct même parfois les préjugés à combattre, pour mener à bonne fin la tâche que nous avons entreprise. Mais devant les encouragements et l’aide efficace de nos nombreux amis, nous n'avons pas reculé devant l'œuvre à faire. Elle n'existait pas, et c'est là surtout le vrai motif de la publication de ce livre.
On ne peut trouver de livre, écrit en français, donnant d’une façon détaillée une notion exacte des principales phases de la culture fruitière dans la province. Les élèves des écoles d'agriculture n'ont pas de manuel qui leur permette de suivre l'étude de cette branche aujourd'hui si importante de l'enseignement agricole. Ces ouvrages existent en anglais et ils sont nombreux. Nous avons puisé aux meilleures sources, dans les bulletins ou dans les livres publiés par des hommes d’une compétence reconnue, tels que M. W. T. Macoun, horticulteur en chef des fermes expérimentales du Dominion du Canada, M. L. H. Bailey, directeur de la célèbre université de Cornell, et de M. Ulysses P. Hedrick, horticulteur en chef de l'Etat de New York, à la station expérimentale de Geneva, U.S.A.
Nos relations avec les horticulteurs les plus en renom du pays comme avec un certain nombre des arboriculteurs d'Europe, nous ont mis à même d'apprécier et de mettre à profit les expériences d'hommes tels que M. L. Chasset, secrétaire général de ia Société Pomologique de France; M. François Delaunay, pépiniériste renommé d'Angers, chez qui, pendant un séjour en France, nous avons appris une foule de détails connus seulement du professionnel pépiniériste; M. J. C. Chapais, de St.-Denis (en bas), dont l'expérience en tout ce qui regarde la culture fruitière en bas de Québec est connue. Nous ne pouvons passer sous silence le nom de nos amis, membres de la Société de Pomologie et de Culture Fruitière, dont les travaux et les écrits nous ont maintes fois rendu service: MM. Peter Reid, secrétaire de la Société de Pomologie et de culture fruitière de notre province, Robert Brodie, l’un des pionniers de la culture fruitière dans la province, T. G. Bunting, horticulteur du Collège Macdonald, tous trois membres avec nous du comité
des vergers de démonstrations. Tous nous voulons pousser la culture fruitière en avant et avec le concours du dévoué chef de la branche horticole du Ministère de l'Agriculture, M. Solyme Roy, nous espérons. Aissir.
D'ailleurs nous fondons beaucoup d'espoir sur cette future génération d'hommes qui ont pris à cœur de prêcher le progrès en culture fruitière: nous voulons parler de nos jeunes amis, gradués de l’Institut Agricole d’'Oka, qui ont reçu la bonne semence et se chargent dela fairefructifier. C'est à eux que nous dédions ces pages, en gage de l'affection que nous leur portons, et pour leur faciliter la grande œuvre qu'ils ont devant eux.