‹ La culture fruitière dans la province de Québec [microforme]Chapitre 19 sur 62 · PREPARATION DU TERRAIN · texte numérisé non relu

PREPARATION DU TERRAIN

Préparation du terrain. - Une erreur que l'on commet généralement lorsqu'on crée un verger, c'est que l'on agit trop précipitamment. Cet excès de rapidité dans l'exécution des travaux de Plantation a pour effet de raccourcir la vie des arbres. Cette hâte d'en finir est très apparente dans le manque de préparation du sol. L'amélioration d'un sol, sa mise en les meilleures conditions physiques possibles, nécessitent un certain temps; on néglige trop souvent ce point, sous le fallacieux prétexte d'économiser, et les arbres sont plantés dans un sol défectueux.

Une terre qui est destinée à nourrir des pommiers doit être préparée dans ce but deux ans auparavant, surtout si c'est une terre nouvelle-

C'BETTER FRUIT'') Fig. 51.— Jeune verger, arbres à basse tige -Terre bien préparée,

ment défrichée ou encore une terre laissée en foin depuis de nombreuses années. Un terrain neuf est difficile à cultiver, parce que les racines

ont toujours tendance à donner des rcietons et ceux-ci sont la cause

d'un surcroît de main-d'œuvre et absorbent les sucs de la terre au détriment des pommiers. I] vaut mieux, dans ces conditions, semer la première année une plante sarclée, comme des pommes de terre, des choux de Siam, des navets ou des betteraves fourragères, suivie la seconde année, d'une légumineuse quelconque, telle que pois ou trèfle. Par le fait même que la culture de pommes de terre, par exemple, ameublitle sol et le maintient frais, les vieilles racines se trouveront détruites. La pousse abondante de trèfle l'année suivante fournira assez d'ombre au sol pour tuer complètement tous les rejetons. On se gardera bien de couper le trèfle et de le récolter. On l'enfouira, au contraire, en fai-

sant le labour à l'automne qui précèdera la plantation des arbres,

Trop souvent sur la réception d'in catalogue, l'hiver, on décide de planter des pommiers. On fixe ordinairement son choix sur une vieille prairie épuisée. Au printemps, on prend à peine le soin de labourer le sol, ne fut-ce que pour détruire une partie du chiendent qui foisonne dans l'herbe. Nous avons vu des cultivateurs se contenter de creuser des fosses plus ou moins grandes dans une prairie, jeter la tourbe au fond du trou, y ajouter un peu de bonne terre et voilà la préparation du terrain vite réglée. A la rigurur, nous admettrions volontiers ce procédé pour l'année de la plantation: mais dans le cas qui nous occupe, nous le proscrivons, puisque par suite de la mort des arbres, ce travail est À recommencer l'année suivante! conclusion: perte de temps et d'argent. D'autres cultivateurs se donnent un peu plus de peine et labourent une certaine lisière de terrain dans la prairie environ quatre pieds, à l'endroit des rangs d'arbres. C'est déjà Lien mieux; mais puisqu'aujourd'hui l'expérience à démontré que les vergers, dont le sol est cultivé entièrement, sont les meilleurs, nous ne pouvons que conseiller, à tous ceux qui veulent réussir à créer un beau verger destiné à la vente des fruits, de bien préparer le terrain de ce verger, où les arbres devront séjourner plusieurs années. Quand on plante des légumes, on le fait toujours dans un terrain préparé minutieusement et non dans une prairie; il en est de même si l'on plante des pommiers. Si la terre qu'on a choisie est en gazon ou en prairie, nous conseillons de faire précéder la plantation des arbres, d'une culture sarclée, comme des pommes de terre. Une telle culture laisse le terrain dans un excellent état, immédiatement avant le labour d'automne, qui sera fait à une profondeur, d'environ huit à dix pouces. La préparation immédiate du sol au printemps se réduira à peu de chose: un hersage bien exécuté.

Un sol qui a té longtemps soumis à des cultures sarclées a perdu la majeure partie de son humus, et si l'on a négligé les applications de fumier, il n’est pas en bonnes conditions pour recevoir des arbres fruitiers. Un jeune verger doit pousser vigoureusement, les premières années surtout, de façon à pouvoir former une bonne charpente pour la production fruitière et ceci ne peut avoir lieu sur des sols trop pauvres en humus. Si l'on ne voulait pas se décider à faire ces travaux préliminaires qui occasionnent un retard d’un an, on pourrait agir de la façon suivante, si le sol est engazonné ou en prairie. Après la récolte du foin, dans le courant du mois d'août, on fera un mince labour de trois pouces environ à large guérêt de façon à exposer à l'action du soleil les racines des plantes enfouies, suivi d'un hersage énergique à la herse à disque, de façon à détruire parfaitement toute la vitalité des racines à l'automne, et, en octobre on fera de nouveau un labour profond pour exposer le sol à l'action de l'air et aux influences de la gelée. Le printemps suivant il suffira de bien herser pour ameublir et niveler le sol.

On nous demande très souvent s'il est nécessaire de défoncer complètement le sol avant la plantation des arbres. Les terres qui ont un sous-sol imperméable gagneront à être défoncées. N'oublions pas que par le défoncement on entame des assisses qui, jusqu'alors n'avaient jamais été ameublies. On accroit ainsi l'épaisseur du sol arable,

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