CULTURE DES ARBUSTES FRUITIERS ET PETITS FRUITS
Culture du groseillier à grappes. 1e groseillier à grappes rouges, qui présente aussi des variétés à fruits blancs, s présente sous la forme d'un buisson de 2 à 3 pieds de haut.
Le groseillier à grappes se multiplie par marcottes où boutures qu'on obtient sur des rameaux d'un an. L'éporue la plus propice pour faire ces boutures, est l'automne, étant donné que les groseilliers commencent leur végétation de très bonne hrure, le printemps. Nous savons qu'il est très difficile de faire raciner lc. boutures dont les bourgeons sont gonflés,
Les boutures prises, on les conserve dans le sable suivant les procédés que nous avons indiqués au chapitre III, pour la conservation des greffes, page 38.
Le groseillier à grappes s'accommode de presque tous les sols: mais toutefois, un sol argileux, frais, substantiel et ombragé lui convient mieux. C’est en automne qu'il convient de procéder à la plantation; un groseillier, planté au printemps, pousse trop lentement la première année. Le plantage doit être soigné comme celui du pommier. On conservera un intervalle de 6 pieds entre les rangs et de 5 entre chaque plant. Comme les racines de cet arbuste sont assez rapprochées de la surface du sol, on se gardera de biner trop profondément.
La taille du groseillier à grappes est simple: les fruits venant sur le vieux bois, on conservera 6 à 8 tiges au plus de 2 et 3 ans pour ‘1 production et on supprimera le reste, tout en réservant autant de jeunes pousses, destinées au remplacement des vieux porte-fruits.
Ceux qui se livrent au commerce du groseillier à grappes doivent établir un roulement entre les plants: tous les 6 à 10 ans, de nouveaux plants, jeunes et vigoureux doivent remplacer les anciens, qui, au bout de ce temps, commencent à présenter des signes de dégénérescence au point de vue de la qualité et de la quantité des fruits.
Ces fruits sont d'un rapport très lucratif. Ils sont consommés sans préparation ou avec du sucre: on les emploie dans !1 confection de gelées, de pâtes ou de glaces. On en fait aussi un excellent sirop.
Nous ne parlerons pas du cassissier ou groseillier noir, qui se cultive absolument de la même façon que le précédent; cependant, comme cet arbuste porte la plus grande partie de ses fruits sur le bois d'un an, il est donc important de lui conserver une bonne provision de tiges de cet âge. La taille devra être néanmoins plus sévère que celle du grosillier à grappes rouges.
Voici les variétés recommandées généralement dans la province: Pour culture en général.
Variétés rouges: Pomona, Victoria, Cumberland rouge, Greenfield, Red Grape et Rankins Red. La où les plants sont abrités par la neige pendant l'hiver: Pomona, Victoria, Wilder, Cherry, Fay et Red Cross.
Variétés blanches: White Cherry, Large White, White Grape.
Variétés noires: Saunders, Collins Prolific, Buddenbor£'s et Victoria.
Groseillier à maquereau.- La culture du groscillier à maquereau à beaucoup d'analogie avec celle du groseillier à grappes; la seule différence consiste en ce que, sur le premier, les fruits se forment sur les pousses d'un an aussi bien que sur celles plus âgées. En constquence, en se guidant sur la culture du groseillier à grappes, on aura une idée assez exacte de celle de la culture du groseillier épineux.
Variétés de groseilliers d'Amérique: Pearl, Downing, Red Jacket.
Variétés de groseilliers anglais: Whitesmith, Industry, Columbus.
Echaudement du fruit du groseillier épineux.-— Par un temps très chaud les greseilles sont souvent échaudées et tombent à terre. On peut éviter en partie cet inconvénient en ne ménageant point les binages, pour conserver l'humidité dans le sol et en combattant la chenille qui attaque les feuilles.
Maladie du groseillier.—Le principal ennemi du ygroseillier épineux est le Mildiou, qui attaque les feuilles, les rameaux ct les fruits. Elle affaiblit les jeunes pousses à tel point qu'elles se dessèchent, sans pouvoir nouer de fruits. Le Mildiou se manifeste au début par une couche blanche, ressemblant à une toile fine qui recouvre les feuilles les pousses et les fruits. C'est surtout les variétés anglaises qui sont sujettes à cette terrible maladie.
À la ferme expérimentale centrale d'Ottawa, les meilleurs résultats ont été obtenus, dans la lutte contre cette maladie, par l'emploi du sulfure de potassium. On commence les applications au moment du bougeonnement et on les continue à intervalles d'une semaine environ. Cinq ou six pulvérisations sont parfois nécessaires, et elles doivent être faites avec soin. On obtient un bon fongicide en diluant une proportion d'une once de sulfure par deux gallons d'eau.
Le grand remède serait de ne pas acheter de groseilliers atteints de la maladie. Pour notre part nous n'avons pas à nous plaindre du Mildiou sur les groseilliers que nous avons importés. On combat facilement la chenille des groseilliers par une pulvérisation de 2 Ibs d’arséniate de plomb dans 40 gallons d'eau appliquée au printemps sur les feuilles.
La culture du framboisier.—Le fruit du frambhoisier est très estimé au Canada. C'est, de plus, un fruit qui a l'avantage de mûrir juste après la saison des fraises, pendant le cours de l'été.
Le framboisier n'est pas trop exigeant quant au sol; cependant, on obtient des résultats supérieurs dans une terre franche et un peu humide.
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On le multiplie suriout au moyen des nombreux rejets que cet arbuste fournir et dont il est nécessaire de le débarrasser À chaque taille. Il se prête aussi très facilement au marcottage, comme nous l'avons vu au chapitre second de ret ouvrage.
Le framboisier doit être planté en rangées espacées de 6 pieds et, entre Chaque plant, on laisse subsister un intervalle de 3 pieds. A la chorrue, on trace un sillon de 5 pouces de profondeur, et, de 3 en 3 pieds, on place les plants. Jusqu'au moment de la cucvillette, on entretiendra la plantation en parfait état de propreté et le sol sera soigneusement ameubli. Aussitôt la cueillette terminée, on supprimera, au sécateur, les tiges ayant fructifié, car elles ne produisent qu'une seule aanée. On conservera les 5 ou 6 plus saines et vigoureuses tiges pour la fructification future.
La framboise est un fruit savoureux et délicat, qui, bien qu'inférieur à la fraise, est cependant très apprécié, Elle se consomme de la même manière que celle-ci. On l'utilise dans la confection des sirops, des liqueurs, des confitures et des glaces. On peut aussi les mettre en conserve,
Ce sont autant de débouchés dont on peut avantageusement tirer parti dans la culture du framboisier,
Voici les variétés que l’on recommande généralement:
Pour culture générale. —
Rouges.—Cuthbert, Herbert, Brighton et Marlboro.
Jaunes. —Golden Queen.
Violettes.—Columbian, Shaffer.
Noires. —Hilborn, Older, Gregg, Smith Giant.
Pour usage domestique.—
Rouges.—Herbert, Sarah, Clarke, Heebner.
Jaunes. —Golden Queen.
Violettes.—Columbian.
Noires.—Hilborn, Older, Greeg, Smith Giant.
Variétés les plus rustiques.—
Rouges.—Brighton, Count, Herbert, Sarah et Turner.
Jaunes.—Golden Queen.
Violettes.—Shinn,
Noires.—Hilborn et Older.
Culture du fraisier.—Etant donnée l'importance commerciale de la fraise, nous ne pouvons passer sous silence la culture de ce fruit. Nous ne saurions trop encourager le cultivateur à s'y livrer, au moins pour sa consommation personnelle.
On choisira, pour établir la fraisière, un terrain argilo-sableux, quelque peu humide.
les racines des plantes ct de dessécher le sol. C'est pourquoi, un sol ayant précédemment servi a la culture de la carotte ou de toute autre plante-racine, sera celui qu'il conviendra de choisir. Il ne faudrait pas choisir un terrain précédemment engazonné, à cause des nombreux vers blancs qui pullulent dans ces sols.
Il va de soi qu'on doit se procurer de bon plant, soit en en achetant, soit en s'en procurant de quelques pieds que l’on posséderait. C'est au moyen des ‘‘stolons’’ ou coulants ayant pris racines, qu'on multiplie le fraisier. Lorsqu'ils sont enracinés, on les place en pépinière en attendant le moment de la plantation définitive, À moins qu'on ne les mette immédiatement en place.
On aura soin en plantant, de ne pas enterrer la couronne ou cœur. Ce point est d'une importance capitale pour la reprise. Planté trop profondément le fraisier s'asphyxie; trop haut, il se dessèche.
La plantation du fraisier se fait à deux époques: l'automne et le printemps. Les uns préfèrent celle-ci, les autres, celle-là. Un fraisier planté à l'automne, peut produire l’année suivante de beaux fruits, si toutefois, on ne se montre pas avare de soins: binages, destruction des mauvaises herbes, protection en hiver au moyen de paillis, etc. La plantation, au printemps, offre l'avantage de donner au jeune plant un temps considérable pour son développement et puur la production de nouveaux coulants. Il serait préférable, si l'on avait la possibilité d'attendre le temps nécessaire, de planter en automne, et, le printemps venu, de supprimer toutes les fleurs, s° privant par là de la récolte: mais permettant aux piants, par ce moyen, de se développer et de prendre une force telle que, l'année suivante, la récolte sera double et même triple de ce qu'elle eût été si l'on ne se fât pas privé de la récolte qui suivit la plantation.
Pour planter, on ouvre un trou au moyen d'un plantoir de l4 forme d'une truelle; on place le plant exactement à !a profondeur où il se trouvait auparavant. Nous n'insisterons pas sur les soins à donner au plantage en lui-même: nous avons amplement décrit au chapitre IV, sur la plantation des greffes, avec quelle attention il faut confier les plants à la terre: tassement du sol contre les racines et surface du terrain friable.
Il y a différents modes de plantation. On peut planter en carré: les plants sont espacés de 15 à 18 pouces, et les rangs sont à intervalle de 4 à 4 pieds les uns des autres. Il existe aussi la plantation en buttes, très avantageuse pour une petite fraisière privée. Chaque plant est cultivé sur une petite butte, à intervalle de 12 à 15 pouces l’une de l'autre et en lignes espacées de 2 pieds à 2 pieds et demi Toutefois, l'isolement de la plante l'expose aux froids de l'hiver et surtout à la stcheresse de l'été; c'est pourquoi, si l'on veut employer cette dernière méthode, on devra y apporter de grands soins: placer des paillis et ar-
roser pendant les sécheresses. À ces conditions seuiement, cette inthode de culture sera supérieure à toute autre, Pour une plantation de quelque importance, il sera plus avan-
tageux de planter en rangs simples, à intervalle de 214 pieds à 3 pieds,
avec un espace d'environ 2 pieds et plus entre chaque plant, Cet
est aéré: car au À CSpacc NUS Des CXAWCTC, Car, à ti
out d'u cetbain letips, ies pieds
se rejoignent les uns les autres dans le rang.
Nous avons vu qu'il faut mettre un paillis pour protéger les plants
€ otre les gels et dégels de l'hiver. Un paillis trop lourd peut amener
l'échautfement, s'il n'est pas enlevé à temps. Aussitôt que kes froids
du printemps seront passés, avant le rév..\ te la végétation, on découvrira les plants et on rejettera le paillis entre les rangs. près la cueillette on enlèvera le paillis et on laboure:a ia plantation, à moins qu'on ne veuille la conserver pour une autre récolte. Dans ce dernier cas, on ameublit le sol, on détruit les mauvaises herbes, afin de permettre aux nouveaux coulants de s’enraciner.
De toutes façcns, tant qu'on n'aura pas procédé à la cueillette, on supprimera tous les coulants, dans le but de laisser toute la sève pour la nourriture des fruits.
Avant de donner la liste des fraisiers que nous recommandons aux cultivateurs de la province, disons un mot sur un sujet très important dans le choix des variétés. Certaines variétés de fraisiers ont des fleurs parfaites, c'est-à-dire ayant le pistil et les étamines, tandis que d'autres sont imparfaites, et ne possèdent que le pistil. En conséquence, il ne faudrait jamais planter seuls des fraisiers à fleurs imparfaites: l'absence de pollen dans les fleurs de ces plants est une cause de non-fécondation. Pour obvier à cet inconvénient, il suffira de planter tous les deux ou quatre rangs d'une variété imparfaite, un rang d'une variété parfaite. Pour que ce procédé donne de bons résultats, il faut choisir des variétés dont la floraison à lieu en même temps.
Variétés recommandées par M. Macoun:
Pour le commerce.—Beder Wood, (P), Splendid, (P), Warfeld, (D), Williams, (P), Greenville, (1), Bisel, (1), Sample, (1), Buster, (I), Pocomoke, (P), et Parson's Beauty, (P). Les variétés parfaites sont indiquées par la lettre P., et les imparfaites par la lettre I.
Pour l'usage domestique.—Excelsior, (P), Splendid, (P), Senator Dunlap, (P), Lovett, (P), Ruby, (P), Bubach, (1), et Wim. Belt, (P).
Maladies, Insectes.—Voici les principaux ennemis du fraisier qui sont connus et que l'on peut facilement combattre.
En premier lieu arrive le ver blanc, dont les dégâts sont considerables dans les fraisières. I n'y a qu'un seul remède pour venir à bout de cet insecte: la destruction totale de la plantation au moyen d'un profond labour. On se gardera bien de reconstituer une fraisière à cet endroit.
Le charançon, qui s'attaque aux boutons à fleurs, peut être détruit au moyen d'un arrosage d'une livre de savon à l'huile de baleine dans cinq gallons d'eau, ou avec de l'émulsion de pétrole composée d'après la formule que nous avons indiquée au chapitre XI.
Le ver gris, exerce ses ravages la nuit. Pendant le jour il se cache près des plants attaqués, a la surface du sol. En conséquence, on répandra, autour des plants atteints, du soñ, (dunt Îc ver gris est très friand), qu'on aura soin d'empoisonner avec du vert de Paris ou de l'arséniate de plomb en poudre, dans la proportion d'une demi-livre de vert de Paris pour 50 1bs de son, ou 1 livre d'arséniate. Pour ubtenir un mélange plus homogène et plus intime, on humectera légèrement le son.
La principale maladie à laquelle le fraisier est sujet est la Rouille. Les feuilles se recouvrent de j tites taches rousses, qui à la longue, se rejoignent et ne forment qu’une seule étendue. Les feuilles attaquées se faneni, tombent et le plant finit par se dessécher. On aura raison de cette maladie en appliquant une solution de bouillie bordelaise, (formule, chapitre XI), au printemps, avant la naissance des feuilles: un deuxième arrosage après la chute des fleurs et un troisième, aussitôt après la cueillette et si besoin est, on aura recours à un quatrième arrosage.
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