III. — Le vin
L’approvisionnement de Rome en vin était, comme nous l'avons dit, confié à un Rationalis vinorum. Il était en partie assuré par un impôt en nature levé dans les régions de la banlieue de Rome, et le recouvrement en était confié aux soins des Vini Susceptores.
Défense était faite de se rédimer en argent de ce tribut, « vinum fiscale », qui servait à différents usages. Une partie en était affectée au paiement des indemnités en nature accordées à certaines corporations, notamment celles des Suarti et des Pecuarii. Mais la majeure partie en était vendue par des Vinari un quart au-dessous du cours du marché (2). Le produit de ces ventes était versé dans une caisse spéciale par le Rationalis vinorum, et plus tard par le préfet de la ville (3).
Cette caisse créée dans le même but que les arca frumentaria et olearia, élait chargée de pourvoir par des achats aux déficits et aux moins-values de l'impôt. Elle avait de plus à supporter certaines dépenses mises à sa charge par le préfet de la ville, et notamment les salaires des chaufourniers municipaux (calcis coctores) (4).
En revanche elle ne servait pas comme les autres caisses,
(4) 1. 1, CG. th. XIV, 23. — Le mot follis avait deux significations. Dans la première il valait ? nummi ou une obole; dans la seconde, deux argentei, ou 250 deniers. C’est la valeur que l’on doit adopter ici.
(2) 1. 2, C. th. XI, 2. — Willems, L. c., p. 582.
(8) Mommsen, Instit. U. Romæ, Il, 199. — Boecking, Notilia dignitat. — Gebhardt, I, 26-29. — C.I. L. nos 1766, 1785. — Symmaque, Epist.,