II. — L'huile
L'huile était après le blé l’une des denrées les plus nécessaires à la vie chez les Romains, car elle n’entrait pas seulement dans la confection de tous les aliments : les bains publics et les gymnases en consommaient aussi d'énormes quantités. Rien d’étonnant dès lors si Rome eut de bonne heure, en même temps que son canon frumentaire, son approvisionnement spécial d'huile (canon olearius), alimenté par les tributs en nalure de certaines provinces telles que la Bithynie, l’Achaïe, l'Afrique et l'Espagne. Longtemps l'Afrique fournit à elle seule 5 millions de livres d'huile (5).
(1) L 5, 7, 8, C. th. XIV, 4.
(2) L.1et8, ibid.
(3) 1. 1, 5, 7, 8, ibid.
(4) Cf. Humbert, !. c., p. 464. — Naudet, L. c., p. 62. (5) Godefroy, Comment., 1. 3, CG. th. XIV, 15.
Sous l'empire, la levée de ce canon spécial fut soumise aux mêmes règles, et confiée aux mêmes fonctionnaires que celle du blé, sous la haute direction du préfet de l'annone, leur chef immédiat (1).
Constantin révoqua toutes les dispenses obtenues par les contribuables qui étaient soumis à ce genre de prestations (2). Leur transport était effectué par des corporations de porteurs spéciaux, « o/ei bajuli » (3).
C'est sur cet approvisionnement qu'étaient prélevées les distributions d'huile. Les premiers, Scipion et César en avaient fait au peuple (4). Septime Sévère les rendit régulières, quotidiennes et gratuites. Supprimées par Héliogabale elles furent rétablies par Alexandre Sévère et augmentées par Aurélien.
A côté des distributions gratuites, il y eut à Rome pour l’huile comme pour le blé des distributions à prix réduit.
Les recettes en furent versées d’abord à la caisse frumentaire, et plus tard à une caisse spéciale « arca olearia » chargée de parer aux déficits et aux moins-values du canon annuel. À cet effet le rôle des distributions gratuites (5) contenait un certain nombre d'inscriptions payantes, désignées sous le nom de #»ensa où dimensa olearia (6). Ces inscriptions étaient aliénables et transmissibles par voie successorale. Celles devenues vacantes ou caduques étaient revendues par les soins du préfet de l’annone. Le taux de ces ventes varia suivant les époques; il fut fixé à 20 folles par Constantin : et ce dernier punit en même temps de la
(1) Marquardt, {, c., p. 173. — C. I. L. IT, 1180, adjutor. Prœf. Ann. ad oleum afrum recensendum.
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(3) Symmach. X, Epist., 27, — Marquardt, {. c., p. 14.
(4) T. Liv. XXV, ch. 2. — Suétone, Cés., ch. 38.