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LE SERVICE DE L’ANNONE DANS LES PROVINCES

C’est ainsi que les agents de l’annone imposaient aux villes maritimes des transports en terre ferme, aux villes du continent des transports maritimes, désignaient suivant leur caprice, ou plutôt suivant les calculs de leur cupidité, les époques les plus incommodes, les dépôts les plus éloignés des lieux de récolte, dans l'espoir de tirer rançon des contribuables (1).

Ces vexations étaient traditionnelles, on les trouve déjà signalées par Tacite (2). Elles ne furent défendues que sous Valentinien, et le furent sous peine de mort. L'importance des transports, leur itinéraire, l’époque où ils devaient s'effectuer, tout fut désormais fixé à l'avance par les soins des vicaires et des gouverneurs de province, de manière à alléger aux contribuables le fardeau de ces réquisitions (3).

Les distributions gratuites. — Dans certaines grandes villes de province avaient lieu comme à Rome des distributions de blé ou de pain, tantôt gratuites et tantôt à prix réduits. Les édiles étaient chargés d’y pourvoir (4).

Nous n'avons malheureusement que de rares documents sur ces distributions. On rapporte qu'Auguste essaya d'y faire participer les indigents des campagnes : mais cette mesure paraît avoir été limitée à une époque de disette et ne fut pas renouvelée.

Trajan admit au bénéfice de l’annone gratuite les enfants des campagnes et des villes de province que leurs parents ne pourraient nourrir.

Enfin plus tard Alexandrie et Carthage eurent des ressources spéciales, affectées à la nourriture de leurs indigents.

L'annone gratuite à Alexandrie. — Dioclétien, après sa (1) Naudet, L. e., p. 56.

(2) Tac., Agricola, TV.

2 CO CN RO D CRT 0 RL 19 TC the VILLE, 5:

Willems, 2. c., p. 548. — Otto, de Ædil., p. 857. — 1. 17, D. XVI, 2.

victoire sur Achillée, chassé par lui d'Alexandrie, avait fait prélever sur le canon frumentaire de l'Egypte deux millions de m#odi pour fabriquer des « panes castrenses », destinés à l’annone gratuite de cette ville. Ses successeurs se montrèrent plus généreux encore. Enfin Théodose IT augmenta ces libéralités de 110 #20d de plus par jour, sous la seule condition que les tessères frumentaires porteraient son nom gravé en exergue (a. 436) (1).

L'annone gratuite à Carthage. — De semblables distributions furent-elles instituées à Carthage ? Il y a doute sur ce point. Godefroy dans son commentaire sur la |. unic. de Frumento Carthaginienst se prononce pour la négative. Mais plusieurs auteurs modernes, M. Serrigny notamment (le. p. 267) ont adopté l'opinion contraire. Ils se fondent d’abord sur la place occupée dans le Code théodosien par le titre de Frumento Carthaginiensi entre les deux titres de frumento Alexandrino et de frumento Constantinopol. urbis qui s'occupent des distributions gratuites de l’annone.

En second lieu, ils remarquent, dans la loi unique de ce mème titre, que le terme d’æneum frumentum employé par le législateur, présente une grande analogie avec le terme d’œneus titulus qui sert ailleurs (1. 5, C. th. XIV, 17) à désigner les tessères frumentaires. Il semble donc bien qu'il s'agisse là de blé à distribuer comme à Rome aux nécessiteux.

La même loi nous apprend que ce blé était fourni par des prestations mises à la charge de certains fonds qu’elle ne désigne pas d’une manière précise : et elle interdit aux magistrats de mettre à profit leur pouvoir pour se dispenser de ces prestations s'ils y sont astreints, en les reportant sur d’autres contribuables (2).

AN LID'C- Un, XIV:96. 1 2 Ci, XL 27, (2) Lunic. C. th. XIV, 95.

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