LE SERVICE DE L'ANNONE DANS LES PROVINCES
Le service de l’annone dans les provinces avait à se proposer deux buts différents :
1° Assurer le ravilaillement de l’armée, des relais de poste (1) destinés aux courriers impériaux (z2ansiones, mutationes) ;
2° Fournir l’approvisionnement des cités et des municipes.
Pour atteindre ce double résultat, les empereurs multiplièrent les greniers d’abondance en Égypte, en Afrique, en Bretagne, en Pannonie, en Lycie, et probablement dans toutes les provinces, sous la garde et la surveillance des gouverneurs (2).
En outre la plupart des municipes avaient, à l'exemple de Rome, une administration locale de l’annone. Elle était confiée d'ordinaire aux édiles, et quelquefois à un fonctionnaire spécial, annonæ Curator, Promagister frumenti municipalis (3), Judex victualium (4). Il est à remarquer que ces fonctions n'étaient pas considérées dans les provinces comme des magistratures (konores), mais comme des charges personnelles (5). Enfin nous savons déjà qu'il existait
)1. 1 et suiv., C. th. VIII, 5.
) Marquardt, {. c., p. 169. — Tac., Agricola, 19, C. I. L. 4180. CNT VIRS153; ) )
5) Willems, 2. c., p. 548. — 1.1, $ 2, 14pr.et $ 1, 18$ 5. D. L. 4.
deux préfets de l’annone spéciaux dans les villes d’Alexandrie (1) et de Carthage (2).
Les villes de province, à l’exemple de Rome, avaient le droit de faire au moyen d'achats publics de blé (coempthones) des approvisionnements pour leur compte. Ils étaient confiés à des curatores frumenti comparandi, où frumentarit, placés sous l'autorité des patres civitatum (3).
Au Bas-Empire ces fonctionnaires étaient électifs ; un collège composé de l’évèque et des notables de la cité les choisissait parmi les officiales en exercice dans la région. Il leur était interdit sous des peines sévères de spéculer sur les blés achetés par eux, en les revendant aux particuliers au-dessus des cours ordinaires.
Quant aux fonds destinés à ces achats publics, ils étaient déclarés insaisissables : ni les collecteurs d'impôts, ni les gouverneurs de provinces ne pouvaient s’en emparer. Les collèges qui avaient élu les /rumenti curatores étaient responsables de leur gestion.
Les transports à travers les provinces. — Les transports de l’annone à travers les provinces continentales de l’empire n'étaient pas effectués comme les transports maritimes par des collèges spéciaux, mais par les contribuables eux-mêmes, ou à leurs frais, sous la surveillance et la responsabilité des præpositi pagorum ou pagarchi (4). Destinés au ravitaillement des cités, des relais de poste, des camps retranchés, des corps de vétérans gardiens des frontières, et effectués par voie de réquisition, ces transports constituaient pour les contribuables une charge plus onéreuse que l'impôt lui-même, à cause des perpétuelles vexations dont ils étaient le prétexte.
(1) 1.8, C. th. XII, 6.
(2) L. 12, C. th. XIII, 5. — I. 2, C. th. XII, 9, etc. (
3, C. j. X, 27. — Nov. Justin. 198, ch. 16.
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