‹ La Cure Chirurgicale Du Cancer De L'EstomacChapitre 127 sur 129 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

L. — Du traitement chirurgical relève le cancer de l’ estomac, non seulement en tant qu'affection sténosante, mais encore en tant qu'affection cancéreuse.

Si, dans les conditions actuelles qui sont mauvaises, la résection n'a radicalement guéri que quelques cancers de Pre elle a donné néanmoins à plus du tiers des malades opérés et guéris une survie, sans souffrances, ni infirmités, de un an à huit ans au moins.

Dans les mêmes conditions, la mortalité opératoire a pu cependant être abaissée à 20, 15 et même 10 p: 100.

IT. — Tout sujet porteur d’un cancer de l'estomac doit être soumis à la laparotomie exploratrice.

II. — Pour que la résection soit inoffensive et efficace au maximum, onne doit pas attendre que la nature cancéreuse d’une affection gastrique soit cliniquement confirmée. La laparotomie exploratrice est justifiée toutes les fois que chez un sujet, atteint de troubles gastriques, ,

a) L'analyse du suc gastrique décèle de l’apepsie et la présence d’acide lactique, après un repas d’épreuve.

b) Les soins médicaux, bien conduits, sont incapables de faire augmenter d'une façon rapide le poids du corps ou de maintenir ce poids à son taux normal.

À défaut de la première condition, la dernière est à elle seule suffisante.

IV. — Toute tumeur enlevable de l'estomac doit être enlevée, quelle que soit la nature qu'on lui prête après la parotomie ou qu’on lui ait prêtée auparavant.

De l'examen histologique de la tumeur enlevée se tirent le diagnostic ferme rétrospectif et le pronostic.

Y. — Les contre-indications de la résection se tirent :

a) De l’état général du sujet.

b) De la constatation clinique ou opératoire de métastases viscé= rales, ou de métastases ganglionnaires volumineuses et inextirpables.

c) De l'immobilité et des adhérences de la tumeur, de sa propagation au delà des portions mobilisables du duodénum ou de l'æsophage.

L'âge du sujet, la présence de ganglions simplement tuméfiés, le volume, le siège et l'étendue du néoplasme sur les parois gastriques ne contrindiquent en rien la résection.

VI. — Pendant la résection du néoplasme, l’unique souci de l'opé rateur doit être de dépasser largement les limites du mal, sans respect pour le volume et la forme ultérieure du nouvel estomac, ni pour le

procédé d’anastomose à mettre en œuvre. Le duodénum, quelquefois

envahi, est dans la grande majorité des cas respecté par le cancer

VII. —— Pour rétablir la continuité du tube digestif après la résection, on fera passer avant tout autres les procédés d'anastomose qui rétablissent le cours normal des matières. On rejettera, en principe, tout procédé qui nécessite l'usage de sutures en raquette (mortalité 37,83 p. 100). |

Dans la pylorectomie, cas le plus fréquent des résections, immédiatement après la section transversale des parois gastriques, la tranche saine de l'estomac sera fermée du haut en bas ; après la section transversale du duodénum, si le bout duodénal restant est suffisamment long et mobile, on en pratiquera l'implantation sur l'une des faces de l'estomac (mortalité 15,64 p. 100), la postérieure de préférence.

. Dans le cas contraire, ce bout sera fermé à son tour et la gastrojéjunostomie pratiquée; c'est là un pis-aller commandé par les dimensions du bout duodénal mobile, ou par la nécessité de placer un gros drain au niveau de la tête du pancréas saignante ou infectée.

Chez les sujets particulièrement faibles, on pratiquera avant tout la gastro-jéjunostomie : si l'opéré se comporte bien sous l’anesthésie, on la fera suivre de la résection immédiate ; dans le cas contraire, on remettra la résection à une séance ultérieure.

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VIIL. — L'abaissement du taux de la mortalité opératoire dans la résection de l'estomac cancéreux est au pouvoir du chirurgien et à la discrétion du médecin ; la mortalité peut et doit arriver à être infime dans les cas que nous avons définis paragraphe 3.

IX. — Les conditions du succès opératoire consistent : a) Avant l'opération : à éviter au malade tous les soins qui peu- 2 vent porter atteinte à son degré de résistance (lavages d'estomac, purgations, etc.).

b) Pendant l'opération : à ne faire usage que de la stricte asepsie, à recourir à un anesthésiste consommé, à ne suturer que des tissus

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