ACTION DE L'ALTITUDE SUR LA NUTRITION
produits oxydés. Seulement il peut survenir des variations dépendant d'agents accessoires, température extérieure, appétit, alimentation riche, qui rendent les recherches beaucoup plus aléatoires.
Fig. 50.
Graphique représenlant rexcrélion de l'azote dans les altitudes (d'après Veragutli).
Les courbes que reproduit la figure 50 sont empruntées à Veragulh et représentent en partie les résultats de ses analyses.
Élimination de la vapeur d'eau. — La difîérence de pression entre la plaine et la montagne modifiant considérablement les conditions de l'évaporation, il était à présumer que la quantité de vapeur d'eau éliminée par la respiration pulmonaire serait plus grande dans les altitudes. L'expérience a confirmé cette vue.
Regnard. — La cure d'altitude. 13
LA CUIIE d'altitude
Dans notre appareil à doser l'acide carbonique, nous avons placé une tourterelle du poids de l.")3 grammes. L'éprouvette SO' pleine d'acide sulfuri([ue desséchait complètement l'air qui lui était envoyé. Les harboteurs P, P', P" étaient pleins d'acide sulfurique et soigneusement pesés. Il est évident que dans la cloche on ne mettait pas une goutte d'eau.
Dans ces conditions, toute la vapeur d'eau excrétée par l'animal était recueillie par les barboteurs et se trouvait représentée par leur augmentation de poids.
Voici les résultats obtenus :
Tourterelle de i 10 gr.
700" élimination de .^js^Oi d"eau.
Différence en faveur de l'altitude : 4 gr. 8. C'est une difîérence presque du simple au double.
2" Tourterelle de 130 gr.
A Tu"'" élimination de W,'i\ d'eau.
Différence : 2 gr. 42.
Six autres expériences qu'il serait oiseux de détailler donnent des résultats dans le môme sens.
Veragulh a fait une recherche analogue dans la montagne; il expirait dans un gros tube en U plein de chlorure de calcium desséché. Il le pesait avant et après, et la différence de poids lui indiquait la perte d'eau qu'il avait faite.
La figure 51, que je lui emprunte, reproduit ses résultats qui concordent absolument avec les miens. Sa conclusion est que toujours dans les altitudes la somme de vapeur d'eau exhalée augmente sensiblement.
Marcel avait d'ailleurs constaté le fait brut au pic de Ténériffe.
ACTION DE l'altitude SUR LA NUTRITION
L'air qu'il expirait contenait en vapeur d'eau :
A Puerto (780"") 0s^91
A Guajara (394™) 1 ,23
A Alta-Vista (SSl"") 1 ,53
Tous ces résultats obtenus de manières si différentes concordent donc absolument.
Zurich, 4.70™ Voyage
S'Moritz , 1769^?
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Fig. 51. — Graphique représentant la quantité de vapeur d'eau éliminée par le poumon à la plaine et à la montagne (d'après Veraguth).
Température. — J'ai soigneusement pris la température de tous les animaux que j'avais mis dans mon appareil. Elle ne variait pas sensiblement.
Mermod a observé sur lui la même chose à Strasbourg et à Sainte-Croix. Il en a été de même de Lortet et de Marcet au mont Blanc tant qu'ils n'accomplissaient aucun mouvement. Ils prétendent même au contraire, comme nous l'avons vu, que leur température baissait beaucoup dès qu'ils s'agitaient et qu'ils avaient le mal de montagne. Forel a réfuté cette manière de voir et prouvé qu'elle tenait à des erreurs d'expérimentation.
Paul Bert a toujours trouvé une diminution de température notable chez les anirrîaux qu'il maintenait en dépression dans
LA CI UI-: n'ALTITlDE
ses cloches; mais ces animaux élaienl attachés, ce qui est une cause bien connue de refroidissement.
Veraguth, en s'observant lui-même avec le plus grand soin, à Zurich et en Engadine, n'a pas pu découvrir de différences dans sa température axillaire.
Que conclure de tout cela? c'est que rien n'est difficile à fixer commp la température d'un être vivant. Toutes les conditions de vie en altitude, diminution des combustions au début, augmentation de l'évaporalion, devaient amener une réfrigération. Mais il faut noter que l'individu en oljservation se couvre plus, fait plus d'exercice et, s'il gagne moins de chaleur, il en perd également moins, ce qui fait que chaque chose s'équilibre. Les recherches thermométriques n'ont donc pas beaucoup d'importance. Les recherches calorimétriques en auraient bien davantage; mais elles me semblent actuellement impossii)les.
Variation du poids du corps. — Il serait bien intéressant de constater les variations du poids du corps chez les animaux soumis à la dépression et chez les résidents à l'altitude.
Malheureusement les résultats que l'on olUient dé})endent de trop de causes.
1° Chez les animaux enfermés dans mes cloches, j'ai toujours trouvé une diminution du vingtième du poids du corps. Mais on notera que des animaux qui passent un mois dans une cloche, ne mangeant que du millet, sans aucune variété d'alimentation, ne sont pas dans de bonnes conditions pour engraisser.
Veraguth a fait sur lui-même, sur les employés des hôtels de S'-Moritz, sur les malades de celte station, un nombre considérable de pesées. Il a quelquefois trouvé une augmentation de poids, d'autres fois une diminution. Il conclut que ce dernier résultat est le plus habituel. C'est possible, mais il y a un élément dont il ne tient pas et ne peut pas tenir compte : c'est l'exercice. Pendant la saison, les employés des hôtels sont surmenés, les résidents marchent beaucoup plus qu'à la ville, et, tout en améliorant leur santé, ils maigrissent un peu : ils font du muscle et perdent de la graisse.
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11 faudrait pouvoir recommencer ces recherches dans des conditions toujours les mômes; c'est très difficile, parce que cela est très complexe. Il en serait de même de celles qu'a commencées Bert sur la nutrition intime; il a vu la dépression de l air amener la disparition du glycogène du foie, mais dans quelques cas seulement. Il a vu aussi une hrusque dépression amener une glycémie intense qui disparaissait par la suite. Pour lui le foie avait été irrité par l'arrivée du sang brusquement désoxygéné, il fabriquait en excès du sucre qui se brûlait ensuite dans les tissus.
Nous proposons aux expérimentateurs de l'avenir ce nouveau et important chapitre de l'histoire physiologique des altitudes : nous ne pouvons ici et quant à présent qu'en indiquer le sens général.