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PROCÉDÉS DE LA CURE D'ALTITUDE

Mécanisme thérapeutique. — Les développements dans lesquels nous venons d'entrer nous ont donné la clef de la manière dont agit l'altitude sur l'économie animale. Il nous faut maintenant appliquer à la pratique les notions que nous avons acquises.

Il y a bien longtemps que l'on fait de la cure de montagne sans le savoir.

A toutes les époques on a vanté la force des montagnards, leur résistance à la fatigue, au travail, aux intempéries, et pour leur ressembler on a été vivre quelque temps dans leur pays. C'est de cette idée simpliste qu'on est parti : elle était juste et les premiers résultats furent encourageants. Le pasteur protestant Kràenbûbl, qui évangélisait les villages du Beatenberg, remarqua la diCFérence extraordinaire qu'il y avait entre les enfants des montagnards et les êtres chétifs qui fréquentaient certaines écoles de Berne et surtout de Zurich. Il eut l'idée de prendre en pension les plus malingres et vit avec plaisir qu'au bout de peu de mois ils étaient métamorphosés. Le bruit s'en répandit, et les valétudinaires se mirent à affluer au Beatenberg. Ceci se passait en 1850, il n'y a par conséquent pas bien longtemps.

En 1862, Spengler, à la suite des communications des Américains, lit la remarque que les habitants des hautes régions des

LA CUUE D'ALTITI'DK

Grisons (Davos, Engailine) élaienl absolument indemnes du côté de la tuberculose, que ceux môme qui l'avaient prise ailleurs en g-ucrissaient s'ils rentraient à temps chez eux. Sur la publication qu'il fit de ses remarques, quelques malades s'établirent à Davos et guérirent. Le fait fut connu et Davos commença à s'emplir de tuberculeux.

C'est de ces données vagues qu'est parti le mouvement si intense qui porte aujourd'hui les anémiques et les affaiblis de toutes sortes à la montagne.

Une autre notion médicale venait à l'appui de cet élan général. On sait depuis longtemps déjà que la malaria n'existe à aucun degré dans les montagnes; que des collines qui dominent de quelques centaines de mètres les régions les plus toxiques sont parfaitement saines; que les fiévreux guérissent quand on les fait quitter la vallée pour gagner la montagne, même quand ils sont franchement atteints.

On s'est longtemps contenté de ces connaissances empiriques, comme on le fait si facilement pour tant de remèdes en général et pour les eaux minérales en particulier. En un mot les résultats cliniques ont précédé les explications scientifiques.

Et aujourd'hui encore, il faut bien l'avouer, nous sommes plus sûrs des résultats que nous obtenons en montagnes que des causes que nous assignons à ces résultats.

Tâchons pourtant de démêler les éléments qui interviennent dans la cure d'altitude parmi ceux dont la physiologie nous a donné la clef.

En première ligne, et quoi qu'on puisse dire, il faut placer Ihypercythémie.

J'ai assez insisté sur le fait que dès le retour à la plaine les globules commençaient à revenir à leur chiffre normal pour n'être pas accusé de croire à la cure radicale des anémies et des nutritions ralenties par la montagne. Mais je demande qu'on veuille bien m'accorder deux choses.

D'abord si chez les gens bien portants qui rentrent chez eux

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