‹ La cure d'altitude [electronic resource]Chapitre 6 sur 101 · L'ATMOSPHÈRE · texte numérisé non relu

L'ATMOSPHÈRE

L'atmosphère. — Essayant d'exprimer, en une phrase synlli(''lif|ue, la conception qu'il avait des phénomènes vitaux, Claude Bernard en a donné dans le dernier livre qu'il ait écrit cette formule restée célèbre : La vie c'est la mort.

Il voulait dire par là que, parmi les phénomènes qui se passent dans notre économie, ceux qui nous apparaissent le plus, ceux qui s'extériorisent pour ainsi dire, sont précisément ceux qui indiquent notre lente destruction. Le premier cri que pousse l'enfant qui vient de naître marque son premier pas vers la mort.

Or le mécanisme de tous ces phénomènes vitaux est aujourd'hui connu : c'est l'oxydation. Nos tissus sont composés de molécules organisées d'une complication telle que nous n'en connaissons pas encore la formule. Notre bioplasme possède une architecture moléculaire d'une extrême complexité. C'est la démolilion lente de sa molécule qui constitue les phénomènes de la vie extérieure, et cette dislocation se fait par une série de combinaisons successives avec l'oxygène.

La digestion prépare les matériaux alimentaires [>our les rendre oxydables; l'absorption les amène dans le milieu intérieur favorable à leur oxydation; la circulation les répand dans tous les points où se passent et cotte oxydation et les répara-

LA CI RE D'ALTITI DK

lions qu'elle nécessile, rhématose n'a J'autre but que de fixer sur le globule une combinaison instable de l'oxygène qui ira se détruire dans tous les points de l'économie et y apporter l'oxydant nécessaire. La chaleur animale n'est que le résultat de celte oxydation et le mouvement n'est que la transformation même de celte chaleur.

Si bien que nous pourrions dire : La vie c'est un phénomène d'oxydation.

Celte définition ne serait pas plus complète du reste que celle de Cl. Bernard, puisqu'elle ne renfermerait pas les phénomènes de reconstitution par lesquels les cellules vivantes réparent peu à peu et reconstruisent de nouvelles molécules bioplasmiques à côté de celles que l'oxygène a fait écrouler en les transformant finalement en ces molécules bien plus simples :

formes sous lesquelles la plus grande partie de la matière sort de notre économie.

Il n'en reste pas moins que toute vie est liée à l'oxygène, môme pour les êtres qui, ne l'utilisant pas â l'état libre et gazeux, sont oblig-és d'aller le chercher dans ses combinaisons dont ils le font sortir (anaérobies).

Or cet oxygène entoure et pénètre noire globe : c'est à son contact que tout vit, c'est hors son contact que tout meurt. Partout où son taux varie, les phénomènes vitaux varient en même temps. C'est de ce simple fait que la cure d'altitude tire sa valeur et son importance.

« Tout sur notre globe, dit Elisée Reclus, serait la mort et le silence éternel sans l'atmosphère, enveloppe extérieure de la planète. Celle masse gazeuse transparente, invisible quelquefois, et qui semble à peine faire partie de la terre, en est cependant le principal élément; car il en est le plus mobile et c'est

Eau

Acide carbonique

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