AVANT-PROPOS
VU
nos pères. Les eaux minérales elles-mêmes, si puissantes pourtant chez nous , ne se défendent guère qu'en se déclarant microbicides ou restauratrices du chimisme général.
La cure d'altitude est avec l'hydrothérapie et la cure marine un des moyens les plus puissants que nous possédions pour nous tenir en état de défense armée contre l'envahissement des schizo]»hytes.
De récents travaux, dont plusieurs sont nés en France, semblent vouloir la faire sortir du pur empirisme et en expliquer le mode d'action.
C'est leur résumé que j'offre aujourd'hui au public médical dans cet ouvrage, que je divise en trois parties. La première est un aperçu de la climatologie montagnarde; j'y insiste sur la rareté des microbes aux altitudes, même dans les endroits très habités.
Puis je me transporte au laboratoire et j'étudie l'action physiologique de la dépression de l'air et cette sorte de coup de fouet que reçoit l'économie animale du fait de l'appauvrissement subit du milieu extérieur. La réaction, c'est l'hypercythémie, dont j'ai d'autant plus de plaisir à développer l'histoire que la connaissance en est due à deux savants de notre patrie.
Enfin dans une troisième partie, pour laquelle je me suis permis de créer un mot nouveau, j'étudie les conditions de chacun des pays où il est en ce moment possible de pratiquer la cure d'altitude.
Par suite de circonstances spéciales, depuis dix ans je parcours les stations élevées : je décris donc ce que j'ai vu; il n'y a guère que trois ou quatre stations que je n'aie pas visitées moi-même.
J'ai vu sur les hauteurs des milliers d'Allemands, d'Anglais, d'Américains et à peine quelques Français.
Vni AVANT-PUOPOS
J'aurais atteint mon but si j'avais donné à ceux qui liront cet ouvrage l'envie d'y aller ou d'y envoyer ceux qui les consultent.
J'ajouterai que ce livre est aussi un acte de reconnaissance. Je dois beaucoup à la montagne : je lui dois peutêtre d'exister encore; je lui dois certainement les impressions les plus douces et les plus salutaires, le meilleur temps de ma vie.
P. Regnard.
Je manquerais au plus élémentaire des devoirs si je ne remerciais ici ceux qui m'ont aidé dans ce travail et qui m'ont fourni les moyens de l'accomplir.
Mon ami le professeur Dastre a mis à ma disposition la superbe organisation du laboratoire de la Sorbonne où je travaille avec lui depuis vingt-deux ans déjà.
M. le général de la Ao(', directeur du Service géographique de l'armée, a bien voulu m'autoriser à faire reporter les fragments de la Carte à 1/80.000" qui permettront au lecteur déjuger de la situation des régions dont je lui parle.
M. le colonel Lochmann, directeur du Bureau topographique fédéral suisse, a poussé l'obligeance jusqu'à surveiller lui-même l'exécution des fragments de la Carte de Dufour que je lui demandais dans le même but.
Enfin M. E. Lévy a bien voulu mettre libéralement à ma disposition les quelques clichés photographiques que je n'avais pu recueillir moi-même dans les stations d'altitude.
Qu'ils reçoivent ici l'expression de toute ma gratitude.