‹ La cure d'altitude [electronic resource]Chapitre 61 sur 101 · L.V CL'RK d'altitude · texte numérisé non relu

L.V CL'RK d'altitude

tiers sont exposées en plein midi, et ceci n'est pas à dédaigner dans un endroit où la température tombe très bas de tem[)s en temps et oii il neige souvent en plein été.

Il n'y a à proximité aucune forêt, c'est la pelouse montagnarde avec son gazon dur et ses Heurs alpines. Une roule muletière, dont la première partie est tout à fait horizontale, conduit au lac glacé de Mœrjelen; une autre, en lacets, conduit au sommet de la montagne et, par une dérivation, à Riederfui'ka et à Hiederalp. Pas d'ombre du tout, mais à celle hauteur elle est inutile.

Le moment d'habiter l'Eggishorn va du 1" juillet au 15 septembre. Plus tard les grands froids surviennent.

La station est tout à fait encombrée dans la belle saison; ne s'y rendre que sur la connaissance écrite des chambres ({u'on aura. Les habitants sont surtout Anglais et Américains; peu d'Allemands, pour ainsi dire pas de Français, sauf parmi les touristes de passage.

L'air est dur, c'est celui des hauts sommets; on est entouré de grands glaciers de toute part, mais on en voit peu.

Le panorama est celui du haut Valais depuis la Furka jusqu'au mont Rose et au Cervin; il est de tout premier ordre. A une très courte distance se trouve le grand glacier d'Aletsch, le plus beau de l'Europe, qui devient le but d'un grand nombre d'excursions.

Indications. — La difficulté de l'abord, la rudesse du climat, qui peut aller, en quelques heures, de la chaleur ardente du soleil à la chute de la neige, ne permet pas d'envoyer à l'Eggishorn de véritables malades. C'est une slation où l'on fera séjourner des gens relativement bien portants qu'on voudra fortifier, des prédisposés plus que des souffrants. C'est ce qu'ont bien compris les Anglais, qui envoient dans ces endroits leurs faibles, leurs anémiques, leurs dyspeptiques. L'hématopoièse s'y fait évidemment avec une grande intensité.

L'endroit serait bon aussi pour des chloro-anémies, pour des fins de convalescence.

STATIONS d'Été 3U>

Chez les psychiques, un séjour de peu de temps à pareille hauteur, dans un tel paysage, peut consolider une cure faite plus bas, à Zermatt, par exemple. Les neurasthéniques déjà en bon état gagneront beaucoup à excursionner dans les environs. Enfin j'ai l'intime conviction que l'alpinisme à ces hauteurs est une excellente chose pour les gens bien portants : ne vaut-il pas encore mieux ne pas tomber malade que d'avoir à se guérir? Il suffît du reste de voir l'aspect du personnel servant de la station, des Anglais et Anglaises qui l'habitent, pour ne pas douter de l'influence de la station.

(Médecin quelquefois pendant la saison, sinon à Brigue.)

FURKA (2436")

De Paris à Bàle, à Lucerne et à Gœschenen en chemin de fer. De Gœschenen à la Furka par diligence en cinq heures.

La Furka constitue une des stations les plus élevées qui soient constamment habitées en Europe. Il est impossible pour un malade d'y passer l'hiver, car on ne peut dans cette saison l'atteindre qu'en traîneau et encore avec de grandes difficulté,^ mais en été on y rencontre une grande quantité de résidents, anglais, et américains surtout.

On peut dire que c'est un des endroits des Alpes oii on jouit du plus splendide panorama. On se trouve à la pointe de la fourche que viennent constituer les Alpes du mont Rose d'une part et la chaîne bernoise d'autre part. Le coup d'oeil s'étend donc à la fois sur l'une et sur l'autre et les plus magnifiques glaciers descendent jusque dans la vallée.

De plus, en été, malgré sa situation très retirée, la Furka est loin d'être un désert; un nombre très considérable de caravanes la traverse chaque jour. Quatre convois postaux, extrêmement nombreux quelquefois, s'y arrêtent et y font escale.

Une hôtellerie très bien tenue et pourvue de tout y a été installée et très perfectionnée depuis quelque temps. C'est donc un séjour possible.

LA CrUE n'ALTITUDE

Seulement le climat y est terrible.

Le vent y souffle quelquefois avec rage et pendant des journées entières. J'y ai vu la neige tomber le 16 août pendant quatre jours consécutifs et sans une minute d'arrêt au point que la roule fut barrée et dut être déblayée péniblement. Le thermomètre y descend sul»itement au-dessous de 0 en plein été et le froid peut y durer très longtemps.

En revanche, si l'on tombe sur une bonne série, il y fait une température délicieuse pendant qu'on éloufl'e dans la plaine et même dans la vallée du Rhône.

Les environs ne sont nullement boisés. Le sol est couvert d'un gazon ras duquel sortent les fragments arrondis des rochers. Des milliers de fleurettes de hautes altitudes le transforment en un véritable tapis. Tout autour de la station se trouvent des pics d'un accès très facile (quelques centaines de mètres à escalader tout au plus), et le panorama en est superbe.

Indications. — De tout ce (|ue nous venons de dire on conclura facilement qu'il ne faut pas recommander la Furka à des malades. C'est une station pour des hommes fatigués qui ont besoin de vivre au grand air, pour des névropathes, des surmenés mondains. On en éloignera (juiconque court le moindre danger de tomber vraiment malade, car les secours y sont nuls. Enfin on n'y prescrira pas un long séjour. Il pourra se terminer par une série d'escales au Uigi, à Andermalt, à Gletsch, etc. La Furka entrera plutôt dans l'organisation d'une excursion dans les hautes altitudes que dans un traitement régulier.

Il y a encore un point dont on tiendra compte : la Furka est exactement sur la ligne de partage des eaux entre les vallées du Rhin et de la Reuss d'une part et celle du Rhône d'autre part; elle peut donc servir de haute station pour les malades qui quittent Andermalt, Dissentis, Flims, etc., et qui rentrent en Suisse occidentale ou en France.

(Médecin à Andermalt.)

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