L.V CIRE d'altitude
début de la luheivulose, pour les périodes avancées de cette maladie, pour les accidents de pleurésie chronique.
Enfin la facilité d'accès permettra d'y placer les convalescents encore proches de l'état aigu, les névropatiies, les dyspeptiques.
Il fait très bon à Grindelwald en juin et en septembre, même en octobre. Au contraire en juillet et août le pays est envahi par les touristes do toutes nations. Nous conseillerions donc d'y faire des cures de printemps et d'automne. A ce moment iln'ya pas beaucoup de stations ouvertes ou môme abordables; Grindehvald devient donc une ressource précieuse.
Enfin on a commencé depuis quinze ans à fréquenter cette station en hiver, et elle s'est organisée pour cela. On pourra y envoyer des malades que l'on voudra tàter avant de les engager à un déplacement aussi grave que celui que nécessite le séjour dans les sanatoria de haute altitude. Grindelwald servira de station intermédiaire avant d'aller à Miuren, à Scheidegg, ou môme au Faulhorn.
Le grand mouvement de voyageurs en été éloignera certaines personnes et attirera celles qui n'aiment pas les solitudes et la nature.
(Médecin à Grindehvald.)
ST-BEATENBERG (1148")
De Paris h Dijon, Pontarlier, Neucliâtel, Berne, Tlioiine en chemin de fer. — De Thoune à la station de Beatenbucht en bateau à vapeur. — De là funiculaire en quinze minutes.
Comme je l'ai dit plus haut, S'-Beaten])erg est la plus ancienne des stations d'altitude. On y a fait de la cure empiriquement bien avant que l'attention des médecins ait été attirée sur les ressources que procurent les montagnes pour la restauration des organismes atTaiblis.
Jusque vers 1860, on n'arrivait dans la haute vallée de Beatenbcrg que par des sentiers très raides au milieu des ravins et des broussailles. Pour mieux dire on n'y allait pas. Il semble certain
Regnard. — La cure irallitiide
LA CUniC n'ALTlTi nK
que le premier cheval y fit son apparition à celte époque et fut un émerveillement pour les habitants, dont beaucoup n'étaient jamais descendus dans la vallée. Il se passa là ce qui arriverait si un élépliant faisait une subite entrée dans un de nos villages bas bretons. Depuis lors, les choses ont bien changé : une magnifique route a été construite qui part d'Interlaken et s'élève très lentement par de doux lacets jusqu'au village. Et, comme elle ne suffisait pas à l'impatience des touristes, un funiculaire, qui part directement du lac de Thoune, les met directement en un quart d'heure sur le plateau de Beatenberg. De ce chef la station climatérique est devenue un véritable faubourg d'Interlaken. A l'endroit où s'élevaient les chalets où le pasteur Kràhenbuhl hospitalisait les enfants, se dressent aujourd'hui un kurhaus et de nombreux établissements de séjour.
L'aspect général du Beatenberg est assez spécial. Qu'on imagine une terrasse parcourue dans toute sa longueur par une route large et horizontale et venant aboutir, près du kurhaus, à la station ultime du funiculaire. Cette roule conslitue un belvédère tourné sur le lac de Thoune comme premier plan et ayant au dernier l'immense chaîne de l'Oberland qui, par les beaux jours, paraît toute proche.
La station est admirablement j)rotégée contre les vents du nord et contre ceux de l'est, qui sont si désagréables en montagne. Elle est de tous côtés entourée de prairies fraîches et surtout de forêts très accessibles, les unes plantées en sapins, le plus grand nombre en chênes et en bouleaux, ce qui lui enlève l'àprelé de certains bois des hautes montagnes.
La grande route est liorizontale et constitue une promenade très fréquentée dès qu'elle se trouve à l'ombre. Dans la forêt se voit une série considérable de sentiers en pentes variées, tracés par une société d'embellissement et qui placent le Beatenberg parmi les stations où peut se traiter la cure contre l'obésité.
Le climat y est d'une douceur exceptionnelle et fait du Beatenberg une station tout à fait à part.
STATIONS d'Été
Sa caractéristique est de n'être nullement changeant, de n'avoir pas de sautes de froid ni de chaleur. La saison peut y commencer dès juin et finir en octobre. L'air y est tonique sans être rude.
S'-Beatenberg- est même devenu une station d'hiver : le climat y est à ce moment très égal. La localité se trouve dans la zone du foehn : c'est un élément dont il faut tenir comptç.
Le printemps y est très précoce et la neige y fond de très bonne heure.
Indications. — S'-Beatenberg est excellent pour les gens atteints de rhinites, de pharyngites, de bronchites et de laryngites chroniques. On y enverra les prédisposés à la tuberculose-, les pleurétiques chroniques, les scrofuleux, les anémiques, les convalescents. Les nerveux pourront y faire de l'hydrothérapie sans danger; enfin les cardiaques et les emphysémateux y trouveront l'asile qu'on cherche quelquefois vainement pour eux dans des localités plus élevées.
(Médecin à S'-Beatenberg.)
LE GURNIGEL (1155-")
De Paris à Dijon, Pontarlier, Neuchàtel, Berne en chemin de fer : trains rapides.. — De Berne au Gurnigel, 20 kilomètres par diligence en quatre heures et demie. On peut aussi y aller de Thoune dans le même temps, mais il n'y a pas de service organisé.
En quittant Berne et en se dirigeant vers le Gurnigel, on marche droit au sud vers les premiers chaînons des Alpes Bernoises. La première partie du voyage se fait dans un pays assez monotone et qui ne laisse guère soupçonner la superbe localité vers laquelle on s'achemine. Par beau temps, pourtant, on a de spperbes aperçus sur la chaîne que domine la Juiigfrau. A partir de Riggisberg la route devient plus pittoresque, on pénètre dans une grande vallée bordée de forêts de sapins des deux côtés, puis tout d'un coup on tourne au sud et on se met à gravir la montagne du Gurnigel proprement dite.
LA Cl UK u'auiti di-:
C'est à ce momenl seulement que la localité se montre avec son aspect particulier et son caractère forestier. Une route étroite, sablée comme dans un parc, s'élève presque droite et sans lacets à travers des sapins d'une immense liaulcur et tellement serrés qu'ils interceptent presque absolument la lumière du jour. Quand le ciel est très couvert, j'y ai vu la nuit complète vers le crépuscule. Le sol est couvert d'une mousse d'un vert tendre et frais : celle mousse est presque toujours mouillée, et ceci n'est pas indinérent, car c'est une des déterminantes du climat tiède et bumide, peu excitant et au contraire un peu déprimant qui va constituer une des indications de ce climat d'altitude à part dans son genre.
A l'arrivée au Gurnigel on est frapj>é d'une cbose toute nouvelle et peut-être unique en Europe : un kurbaus qui contient 450 cbambres et peut aujourd'bui loger 700 personnes dans la môme maison. On conçoit que, pour une pareille affluence, il faille des dépendances toutes spéciales. La plus célèbre est la salle à manger oîi dînent ensemble et aux mômes beures 500 convives. Les tables sont desservies par un cbemin de fer sur lequel circulent des wagons-armoires cbaufTés dans lesquels se trouvent les plats qui sont ensuite distribués instantanément et à tous les convives à la fois sur un coup de timbre donné jiar le maître d bôtel. Plus de cinquante domestiques servent en môme temps avec un ordre et un silence irréprocbables. Une table à l'allemande a lieu aux heures usitées en Allemagne, une table à la française commence aux beures babituelles des Français. La buanderie, les écuries, lescbapelles sont fort curieuses à visiter. Ce qui frappe surtout, c'est l'ordre admirable qui règne dans un endroit aussi compliqué. Il y a au Gurnigel une salle de fêtes, des représentations en allemand, des concerts de très bonne musique, des sauteries. La société y est surtout allemande; les Français forment un quart des résidents. Les Anglais n'y viennent pour ainsi dire pas, et on le voit de suite; le confort des cbambres n'est pas tout à fait celui qu'ils exigent.
La promenade en forêt est la raison d'être du Gurnigel.
STATIONS d'KTK
On a tracé dans les merveilleux bois de sapins qui couvrent toute la croupe de la montagne une série de sentiers en pente douce ayant plusieurs lieues de longueur. La plupart môme sont complètement horizontaux. Des bancs, des abris sont répandus à profusion. Toutes les allées sont damées et finement sablées; c'est une promenade des plus agréables, tout le temps à l'ombre, avec des clairières, des torrents, des buissons de myrtilles et de framboisiers. Je ne connais pas d'endroit plus frais et qui charme davantage.
Si les yeux se portent du côté de la plaine, ils embrassent tout l'espace qui s'étend des Alpes au Jura jusqu'aux lacs de Morat et de Neuchâtel.
Verdat, qui a fait un travail important sur les eaux du Gurnigel, donne pour celte station les constantes suivantes, résultat de plusieurs années d'observations.
Muis. Moyenne. Maximum. Minimum.
Juin 13,1 ^23 i
Juillet 15, i 27,5 8
Août i:i,2 26,5 7
Septembre ii,l 21 5
Il s'agit donc d'un climat tempéré et mou : quelquefois très chaud en plein été.
Elat de l" atmosphère :
Beaux. Médiocres. Pluie. Orages.
Juin G 7 7 0,5
Juillet IH 9 i \
Août 16 10 5 6,5
Septembre 13 i 3 2
Donc climat assez pluvieux. La neige ne vient jamais dans la saison, malgré cela la pluie peut être suivie de brouillard et le temps se met au froid pour quelques jours. L'humidité moyenne est de 81,9, ce qui est considérable.
LA cruE d'altitude
Le Gurnigel est célèbre surtout par ses eaux sulfureuses que l'on donne dans les diverses formes de gastrites calarrhalcs ou dans les catarrhes chroniques des voies aériennes. Ces eaux, principalement celles de Schwartzhrunneli, contiennent une grande quantité d'hydrogène sulfuré auquel elles sont sans doute redevables de leur activité, les autres substances dissoutes étant en quantité infinitésimale.
Indications. — On enverra à cette station les déprimés névropalhiques qui ont en même temps, ce qui est si ordinaire, de la gastrite catarrhale. La chose est d'autant plus indiquée qu'ils trouveront au Gurnigel une table spéciale thérapeutique, bien loin des tables incendiaires de la plupart de nos grandes villes d'eaux françaises : le malade pourra suivre seul le régime sans que les gens qui l'accompagnent y soient astreints.
Les diarrhées chroniques ou les constipations des neurasthéniques sont très heureusement traitées à la fois par l'altitude, l'eau sulfhydrique et la table hygiénique.
Il en sera de même des bronchites chroniques avec expectoration habituelle et abondante.
L'eau feri ugineuse que l'on trouve dans la forêt est un adjuvant utile dans le traitement des anémies par l'altitude.
En dehors de tout cela le Gurnigel constitue une excellente station moyenne pour les gens qu'on veut diriger plus haut dans la suite, attendu qu'elle est sur la route de Mûrren et de la Scheidegg, ce qui évite un détour.
Contre-indications. — Ne pas envoyer au Gurnigel les phtisiques, l'hydrogène sulfuré est trop abondant dans les sources : l'air humide ne semble pas aller non plus aux asthmatiques et aux rhumatisants aigus. En résumé, le Gurnigel trouvera son indication chez les névropathes dyspeptiques catarrheux. On n'y enverra pas des gens à congestion facile et active, ni les fébricitants.
(Médecin au Gurnigel.)
STATIONS D'ÉTÉ