ROSENLAUI
De Paris à Dijon, Ponlarlier, Berne, ïlioune et Inlerlaicen eu chemin de fer. — D'Interlaken à Brienz en bateau à vapeur. — De Brienzà Meiringen en chemin de fer. — De Meiringen à Rosenlaui en deux heures et demie à mulet.
En parlant de Meiringen et en montant dans la niai!;nitî({ue forêt qui entoure le Reichenbach, on arrive en deux heures envi-
Fi^'. 80. — Vallée iW Uosenlaiii.
ron au Gschwandenmadalp, un uiagnifKiue vallon qui depuis longtemps passe pour un des plus pittoresques paysages de montagne : les pelouses en fleurs, les arbres, les cascades y sont l'objet de l'admiration de tous les hommes d'art.
A très peu de distance et dans le ravin qui suit, on rencontre les petits bains de Rosenlaui, ancienne station minérale, aujourd'hui station climatérique. En elîet la source bicarbonatée sodique qui y coulait autrefois est presque tarie, mais Rosenlaui a plus de valeur par son altitude que par ses eaux.
:<28 LA crUE D'ALTITt'DI'.
Un fjraml kurhaus toujours comble dans l'élc permet aux résidents d'y trouver un certain confort.
Il fait frais à Rosenlaui; il faut s'y méfier des grandes variations de température qui tiennent au voisinage immédiat dos glaciers.
IndicalioHS — Tous les surmenés j)liysit]ucs et moraux, les convalescents, les fatigués trouveront dans cette localité une atmosphère pure et sans j)Oussière avec un grand calme. Bien qu'on soit très près de la Suisse remuante, les deux heures et demie de mulet éloignent la foule. Il n'y a guère de contre-indications au séjour de Rosenlaui.
(Souvent médecin pendant la saison, sinon à Meiringen.)
AXALP (1524")
De Paris à Dijon, Pontarlicr, iJcriic, i'iioiine et Interlaken en chemin ilc IVr. — D'Intcflaken à GiessLacli (.'ii bateau à vapeur. — De Giessbach à Axalp d'al)ord en l'uniculaiie (dix minutes), puis à cheval en deux heures cl demie.
Il est malheureux qu'il soit difficile d'arriver à la petite et modeste station d'Axalp, car elle est placée dans une situation superhe, au milieu de prairies très fraîches et à proximité des magnifiques forêts qui entourent les chutes du Giessbach.
La vue est particulièrement admirable.
Indicalions. — Anémies, convalescences, débilité physiologique. Bronchites chroniques, tendances à la tuberculose. Les difficultés d'accès éloigneront les véritables malades.
Il y a au-dessous d'Axalp un établissement hydrothérapique considérable au Giessbach. — Les personnes qui y ont passé une saison pourraient aller la compléter dans la station climatérique. A ce titre, Axalp peut èlre proposé aux nerveux qui trouveront les deux cures hygiéniques à leur portée.
(Médecin à Giessbach.)
STATIONS d'ÉTi';
MURREN (1630")
De Paris à Dijon, Pontarlier, Neufchâtel et Berne. Chemin de fer, trains rapides. — De Berne à Ttioune, chemin de fer. — De Thoune cà Interlaken, bateau h vapeur ou chemin de 1er indifféremment, même durée de trajet. — D'Intcrlaken à Lauterbrunnen, chemin de i'erà crémaillère — De Lanterbrunnen à Grûtschalp, chemin de fer funiculaire. — De Griitschalp à Mùrren, tramway électrique. — Malgré la complication de ces lignes successives, les trains se corespondent assez exaclemcnt, le trajet ne dépasse guère vingt heures, tout compris.
Situé au cœur même des Alpes, en face des glaciers les plus élendus, Mïirren me semble être une des stations climatériques d'altitude qui ont le plus grand avenir. Du reste, en ce moment môme, ce pays est absolument encombré en été, il convient de retenir ses places à l'avance et de ne se mettre en route que muni d'une assurance formelle qu'on aura un logis prêt en arrivant. Nombreux sont les gens qui redescendent le soir sans trouver à se coucber faute d'avoir pris cette précaution.
Malgré sa grande altitude, Murren est très facilement abordable; le malade qu'on met en chemin de fera Paris s'en ira jusqu'à Interlaken sans transbordement; quant aux changements qui se feront là et ensuite ils sont très faciles, sans bousculade, sans difficulté. Si bien qu'un convalescent pourra fort bien arriver sans fatigue aucune à près de 1700 mètres au-dessus de la mer.
Les installation de iMiirren, tout en étant simples, sont cependant assez confortables pour satisfaire les personnes les plus difficiles ; malgré cela les prix n'ont rien d'exagéré et les bourses moyennes peuvent très bien s'y aventurer.
Il n'y a pas de casino, mais le soir, dans les salons des hôtels, on organise quelques sauteries, des jeux de société qui permettent d'atteindre l'heure d'ailleurs précoce oii chacun se retire.
Le touriste qui visite superficiellement Murren ne se douterait jamais du nombre des promenades faciles qui lui sont offertes. Une route de quatre kilomètres presque absolument horizon-
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laie a été tracée le long du tramway électrique : elle est large, bien eini)ierrée et traverse une grande forêt de sapins. Plus loin, en arrivant à (Iriilsclialp, elle côtoie de grandes prairies remplies de lltMirs jiis(|u"au mois d'octobre. C'est le rendez-vous des habitants de Miirron, et le matin elle est en plein soleil et très fréquentée.
Immédiatement au-dessus de Miirren, une route conduit à travers de petits bois très frais jusqu'à Blumenthal, vallon fleuri, comme l'indique son nom. Ici la route est un peu plus dure.
Un senlier descendant mène dans le Setinentlial, vallée splendide au pied du Gsali)enborn, et au petit village de Gimmelwald, où se trouve une pension. C'est une [)romenade d'une beure et demie, plus douce à l'aller qu'au retour. Nous ne la conseillerons que pour les personnes (|ui auront déjà séjourné (juelque tem[)S dans le pays et à qui la montée sera devenue indiiï'érente.
En somme, on vit à Miirren en grande montagne aussi aisément que dans la plaine la plus plate. C'est un avantage sérieux pour les gens à respiration courte, cardiaques, emphysémateux, calarrbeux, etc.
Si on veut s'éloigner, on peut, en descendant dans la vallée, faire en voiture la superbe promenade du ïriimmelbacb, du Staubach et de la plus grande partie de la haute vallée de Lauterbrunnen. En chemin de fer, on peut monter à la Wengernalp, au kurhaus de la Scheidegg, ainsi qu'à la Scheinige Plate. Ces promenades de haut sommet se font sans la moindre fatigue.
Le voisinage d'Interlaken amène à Miirren une grande quantité de gens de passage, touristes, familles de tous les pays. Les résidents de la station rencontrent donc beaucoup de leurs connaissances : c'est un inconvénient pour quelques-uns pour <|ui on désire l'isolement, et il faut le savoir, mais c'est aussi un grand avantage pour certaines personnes qui trouvent un plaisir réel à revoir des amis et à qui le monde est nécessaire.
Il y a à IMùrren médecins et pharmacie, et Interlaken, très voisine, a toutes les ressources d'une véritable ville.
J'ajouterai que pour les psychiques, sur lesquels on veut faire
Fig. 90. — Région de Mùrren.
(Reporléc, avec l'autorisalion du Bureau topograpliique fédéral suisse, d'après la carte de Duibur ;'i 1/100 000''. — Reproduction inlcrdite.)
LA CLHE D'ALïITUDK
agir l'influence de la vue de la grande nature, on ne saurait choisir un meilleur endroit.
Dès le milieu de juin iMiirren est abordable et il reslo peuplé jusqu'au octobre. A partir de ce moment il se vide, elcjuclquefoisbienà tort. Car les premiers jours d'octobrey sont superbes, frais; s'il est déjà lomi)é de la neige fraîcbe sur les sommets et à plus forte raison à Miirren môme, le mieux est de s'en aller.
En jetant un coup d'œil sur la carte ci-jointe, on voit de suite que IMûrren est situe dans la région des hauts sommets. La masse des neiges et des g^laciers (|ui l'avoisincnt est énorme et toute la matinée on entend gronder les avalanches sansd'ailleurs risquer quoi que ce soit.
Cette situation détermine son climat. Les saules de températurc y sont assez fréquentes. J'y ai vu de la neige au mois d'août. Mais ce sont des incidents ivares dont il suffit d'être averti. Généralement le temps est chaud du malin au coucher du soleil. On est protégé des vents du nord-ouest par la haute cime du Schillhorn.
L'exposition est sud et esl; les terrasses sont très ensoleillées, mais le vent qui vient de passer sur les neiges est fraih et tempère la chaleur. L'air est pur, sans poussière, excitant.
Infllcations. — Les chloro-anémi(iues, les paludéens, les neurasthéniques se trouvent très bien de Mïirren.Il en est de môme des convalescents. Les ressources du pays font qu'on peut y risquer des gens plus malades que dans les régions très isoléeset difficiles à aborder.
Contrc-indicntions — Ne pas envoyer à Miirren d'aliénés même tranquilles, d'hvslériijues, d'éj)ileptiques. La configuration du pays sur le bord d'une falaise à pic de 500 mètres de haut rend les chutes, les perles de connaissance ou les marches inconsidérées très dangereuses. Les suicides y seraient faciles.
(Médecins à Miïrren.)
STATIONS D ÉTK