‹ La cure d'altitude [electronic resource]Chapitre 78 sur 101 · XIII. — GROUPE DE L'ENGADINE · texte numérisé non relu

XIII. — GROUPE DE L'ENGADINE

Station intermédiaire... Tarasp (IISB"").

L Fettan (1647°).

Stations d'altitude , Samaden (1728").

Gradation ) ( Zuz (1748").

hypsomé trique. ] i Pontresina (1803">)-

„ , , ) Sils-Maria (1811").

Hautes stations ' , . ,ioii...\

) Le Maloja (1811").

f St-Moritz-Dorf (1856").

TARASP-SCHULS (1185 )

De Paris à Bâle, Landquart, Davos en chemin de fer. — De Davos à Tarasp par diligence en quatre heures et demie par le col de Fluela.

Tarasp, Schuls et Vulpera sont trois localités situées à la même hauteur, reliées entre elle^p par des routes et ne formant en réalité qu'une seule et môme station.

Tarasp est placé entre la route postale et ITnn. Vulpera est sur l'autre rive.

Ces localités sont plus encore des stations minérales que des stations climatériques. A Tarasp se trouve un grand kurhaus avec bains et douches. A quelque distance, on a construit un lazaret destiné à recevoir les personnes qui seraient subitement prises dans le pays d'une maladie infectieuse.

A Tarasp même, on ne jouit d'aucune vue, tant les montagnes sont rapprochées l'une de l'autre; mais, en revanche, on est absolument dans la forêt, de telle sorte que, dans les chaleurs de l'été, on y jouit d'une inestimable fraîcheur.

Vulpera, situé plus haut, à 1215 mètres, sur le flanc sud de la vallée, est exposé au nord sur un plateau couvert de prairies et de forêts, à dix minutes de Tarasp. C'est un séjour à la fois simple et délicieux pendant l'été.

Schuls, à 124.3 mètres, est sur le flanc nord de la vallée de

LA CURE d'altitidi;;

rinn, à peu près à une demi-heure de Tarasp. C'est aussi un établissement minéral. La vue y est beaucoup plus belle, elle s'éteiul sur une L:raii(l(> pai lle de la vallée de l'Inn. Mais, en revanche, le xillaiic est coiislnut loin des bois, des prés et des eaux, au milieu de cullnres [leu pil(oies(|ues et au centre d'un cercle très dénudé et très cliaud. On [icut donc, comme le fait remarcjuor de la Harpe, trouver dans le groupe Tarasp les expositions et les conditions bypiéiiifiues les plus ditTérentes.

Aujourd'hui, malyr('' la dilliculté de l'abord, Tarasp est extrêmement fréquenté, surtout par les Allemands elles Autrichiens. Les Français forment à peine 1 pour 100 de la population flottante.

Le climat de Tarasp est un des meilleurs (jui existe en montagne. A la porte de la haute Engndine, Tarasp est encore en pays cultivé, les fruits y mûrissent, la température n'y est jamais excessive, on y jouit de la fraîcheur de la montagne sans excès. Le sol est |)erméable, l'air modérément sec, les forêts proches et fraîches, les vents rares.

Or, toutes ces qualités du climat alpin se trouvent coïncider avec l'existence de sources contenant juste la même proportion de bicarbonate de soude que nos eaux de Vichy, avec, en plus, une dose minime de sulfate de soude qui fait <|ue quelques-unes des sources sont léijèrement laxatives. Il serait donc possible d'utiliser Tarasp à la fois comme station climalérique et comme localité de cure alcaline. On y dirigerait les malades chez qui on voudrait précisément combiner les deux systèmes, ce qui est tout à fait impossible dans notre station de l'Allier, si chaude et si déprimante en été.

Indications. — Voici, d'a[)rès Killias, les indications de Tarasp- Schuls.

1" Atîections des voies digestives : catarrhes chroniques de l'estomac, vomissements matinaux, pituites, ulcères simples, catarrhes chroniques de l'intestin, diarrhée ou constipation habituelles. Hémorroïdes, affections du foie, calculs biliaires, cachexie palustre, calculs rénaux, cystite chronique. Catarrhes

LA CUHE D'ALTITL'UK

chroniques (les voies respiratoires. Obésité générale, névralgies dépendant de troubles digestifs ou de la goutte. Goutte chronique. Diabète.

Contre-indications. — Affections cardiaques, bronchites chroniques avec enphyscnie, rhumatisme articulaire aigu, épilepsie, névralgie simple. J'ajoute qu'à Schuls se rencontrent des eaux ferrugineuses extrêmement employées et qui doivent être un adjuvant précieux de la cure d'altitude dans tous les cas de débilité générale.

(Médecins à ïarasp et à Schuls.)

FETTAN (1647-°)

De Paris à Bâte, à Landquart et à Davos par chemin de fer. — De Davos à Schuls en diligence par le col de Fluela. — De Schuls ù Fettan en voiture en une heure et demie.

Fcttan a ceci de particulièrement intéressant que, très près de Tarasp, il lui sert pour ainsi dire de haute station.

C'est un gros village placé sur une pente de prairies à jjroxiniité de grandes forêts de sapins. La vue de Fettan est fort belle et donne sur presque toute la basse Engadine. Il pleut très peu dans cette région, mais cela arrive surtout en été. Fettan jouit d'un climat plus chaud que ne l'indiquerait son altitude. Le seigle y pousse encore, il y fait moins froid qu'à Davos, qui est pourtant plus bas. Fettan est placé dans la zone d'immunité phtisique; il est question d'en faire un séjour d'hiver. Les conditions climatériques sont très favorables à ce projet.

Indications. — Ce sont celles de toutes les stations élevées avec ceci en plus qu'on peut conseiller Fettan aux personnes qui craignent le climat rude des grandes hauteurs et qui pourtant désirent vivre à l'altitude.

(Médecins à ïarasp et à Schuls.)

STATIONS D'KTÉ

SAMADEN (1728'")

De Paris à Bàle et Coire par chemin de fer. — De Coire à Samaden en diligence en treize heures.

Samaden se trouve au point où la grande route de l'Albula met en communication la haute Engadine avec le reste du monde. C'est un village (jue nous ne citons ici que parce que, pareil à Campfer, à Silvaplana et à.Silsmaria, il permet de faire jouir du climat de l'Engadine des personnes de fortune modeste qu'éloignent forcément les frais considérables d'un séjour à S'-Moritz ou à Ponlresina. Les indications et contre-indications sont exactement celles de ces deux villes. Nous y renverrons donc le lecteur.

(Il y a plusieurs médecins à Samaden.)

ZUZ (1748™)

De Paris à Bâle et Coire en chemin de fer. — De Coire à Ponte par l'Albula en diligence (douze heures). — De Ponte à Zuz (4 kilomètres) également en diligence.

Zuz est situé au début de la vallée de la haute Engadine. Il est encaissé entre de hautes montagnes qui l'abritent complètement du vent.

Malheureusement les forêts sont assez éloignées, il faut au moins vingt minutes pour gagner les hois de mélèzes qui sont situés sur l'autre versant de la vallée. La vue est très belle et embrasse une partie de l'Engadine et de ses nombreux villages. D'après de la Harpe, Zuz est une des communes les plus salubres de l'Engadine : la phtisie y est inconnue. Les indications sont les mêmes que pour S'-Moritz.

On peut faire à Zuz le traitement de l'obésité par la méthode d'Œrtel; on peut aussi s'y livrer à l'hydrothérapie, à l'électro- Ihérapie, au massage, à la gymnastique, à la cure de lait. Zuz. reste station pendant l'hiver, mais le kurhaus n'y reçoit pas de phtisiques. L'insolation y est très grande et le vent rare.

(Il y a des médecins à Zuz.)

LA CURE d'altitudi':

PONTRESINA (1803")

De Paris à Bàle et à Coire par chemin de fer. — De Coire à Samaden par diligence en douze à treize heures. — De Samaden à Pontresina en voiture, quarante-cinq minutes.

On a souvent dit que Pontresina était le Chamonix de la haute Engadine; cette comparaison, qui ne s'applique qu'à la l'iéquenlation des touristes de passage, doit s'étendre maintenant plus loin. Pontresina doit, comme Chamonix, devenir une vStation climaléiitiue de premier ordre.

Ce magnifique village n'est pas situé dans la vallée de l'Inn, mais bien dans celle du Berninahach, qui descend du col de Bernina. Pontresina est placé en plein soleil, en face des deux vallées par où les neiges du Bernina descendent pour former les glaciers de Roseg et de Morteratsch. Le Piz Languard protège très efficacement le pays contre les vents du nord-est et du nord. Tout près de Pontresina commencent de superbes forêts de sapins, de mélèzes, d'alviés, dont les pelouses sont couvertes de fleurs, même vers la fin de l'été.

Le vent qui est la plaie de S'-Morilz n'existe à aucun degré à Pontresina. Il est malheureux quel'affluence extraordinaire des touristes rende difficile l'installation des malades dans ce pays; néanmoins nous engageons vivement les personnes (jui préfèrent la nature aux bruits du monde à essayer de vivre <|uelque temps à Pontresina dans les annexes des grands hôtels toujours plus calmes que l'établissement central. Les installations de Pontresina sont extrêmement confortables, peut-être un peu coûteuses; nous sommes loin ici des prix si modestes du Valais et même de l'Oberland.

(Il y a quelquefois à Ponlresina un médecin pendant la saison d'été. Dans tous les cas, ceux de Samaden font le service.)

LA Cl'IiE D'ALTITIDIC

CAMPFER 11829™). — SILVAPLANA 1816") SILS-MARIA (1811™)

De Paris à Mie et Coire en chemin de fer. — De Coire à Silvaplana l)ar le Julier en diligence en douze à treize heures.

Ces trois petites localités, situées l'une après l'autre sur la roule qui suit le fond de la vallée de l'Inn, sont pour ainsi dire

Fi-, toi). — CaiiiptcT (1829"';.

des succédanés de S*-Moritz, dont elles ont le climat. Elles sont beaucoup plus tranquilles, plus modestes aussi. Gampfer est situé à vingt minutes à peine de S'-Moritz, au milieu de prairies tout à fait plates et abritées par des collines couvertes de forêts. De la Harpe considère que le climat de Campfer est moins rude que celui de S'-Moritz. On y sent en effet beaucoup moins le vent de la vallée.

Silvaplana (1816"") se trouve à l'emboucbure de la route du Julier, sur la grande route d'Engadine. Ce village est construit exactement entre le lac qui porte son nom et le lac de Campfer.

STATIONS D'ÉTÉ 365

Très découvert et un peu éloigné des bois, il est assez éventé.

A l'autre bout du lac de Silvaplana se trouve Sils-Maria (1811°"), également entre deux lacs, dont celui de Sils. Un promontoire montagneux protège très efficacement cette station contre le vent. Il y fait beaucoup de soleil, surtout en hiver, de sorte que cette station est certainement destinée à servir un jour

Fig. 101. Sil^^-Maria

à la cure de la tuberculose, quand les localités actuellement affectées à ce traitement seront encombrées. L'air n'est pas très sec à Sils. Le brouillard y règne quelquefois.

Indications. — Les trois localités dont nous venons de parler ont les mêmes indications et contre-indications que S'-Moritz.

D'après Schnyder, Sils pourrait être avantageusement recommandé en été aux tuberculeux.

(Il y a un médecin à Sils-Maria; Campfer et Silvaplana sont desservis par les médecins des environs.)

LA CUUE D'ALTITUDE

LE MALOJA (1811" )

De Paris à Bàle, Coire en chemin de fer. — De Coire au Maloja en diligence par le col du Julier (quinze heures). — On peut aussi venir par le côté italien en partant deChiavena. En diligence en six heures et demie.

La belle vallée de TEngadine se termine brusquement audessus du lac de Sils par un ressaut de terrain qui la barre complètement. C'est sur cette espèce de digue, élevée de 200 mètres au-dessus du val Bregaglia, qu'a été construit assez récemment le Kui'haus-Maloja; c'est un établissement énorme et somptueux, dans une position splendide, presque au bord du lac, à proximité de grandes forêts de mélèzes et de prairies parsemées de rochers. La vue depuis le Maloja est superbe, autant sur l'Engadine que sur la vallée qui descend vers l'Italie. Tout autour sont les pics neigeux, contreforts du Bernina. Un monde malheureusement trop cosmopolite envahit le Maloja pendant la saison et il n'est pas toujours facile de s'y loger convenablement. Il est inutile de dire que les Français y sont plutôt en minorité : le [jublic y est surtout anglo-américain. Les Italiens y sont un peu plus nombreux qu'ailleurs. On trouve au Maloja des distractions mondaines : concerts, danses, théâtre d'amateurs, mais à cause de la disparité des races on n'y rencontre pas l'entrain qui existe dans des localités plus modestes de la Suisse française.

Indications. — Les indications du Maloja sont les mêmes que celles de S'-Moritz. On notera qu'il y fait un peu plus de vent, mais beaucoup moins de poussière.

(Il y a toujours un médecin au Maloja.)

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