LA CI RE D'ALTITUDK
force à organiser quelques distractions. Le [jatinage est très en honneur. On inonde une pelouse bien horizontale, l'eau gèle et constitue une esplanade excellente pour l'exercice du patin. L'avis général est qu'on doit en éloigner les malades, sauf ceux qui sont à peu près guéris ou à peine touchés.
La luge a aussi beaucoup de succès dans les stations d'hiver. Des guides montent en haut d'une pente de neige de légers
Fig. 106. — Uno ](arl,ic' di^ luge à Leysin.
traîneaux sur lesquels se placent les excursionnistes, puis on les laisse partir en dévallant jusqu'au bas de la colline. Excellent exercice pour des gens déjà bien portants, mais pour ceuxlà seulement.
Il va sans dire que certains traitements pharmaceutiques s'adressant à des j)hénomônes fonctionnels sont utilisés dans les sanatoria comme partout et que particulièrement l'aulorilé morale du médecin y a la plus grande importance pour maintenir la confiance et une rigoureuse discipline thérapeutique.
Le lecteur qui voudrait sur ce point de plus amples renseignements fera bien de se reporter aux excellentes monographies de Knopf, de Bcaulavon et de Sabourin.
STATIONS d'hiver 387
Résultats. — Quel est le résultat obtenu par un pareil traitement? Il n'est pas commode à connaître. Les malades s'en vont avec l'apparence de la guérison. Mais souvent on ne les revoit plus : or chacun sait combien sont récidivantes les poussées de tuberculose.
La seule statistique vraiment sérieuse que nous possédions est celle de Detweiller qui a suivi ses malades de longues années. Il en a soigné 1022. Sur ces 1022, 132 avaient été renvoyés comme absolument guéris, 110 comme sujets à retomber. Les 780 autres étaient toujours en traitement. Ne nous occupons que des 132 tout à fait guéris : leur médecin leur écrit 10 ans après : 11 sont morts, mais d'autre chose, 12 ont eu une rechute et ont guéri, 3 ont été repris. Si bien que 72 p. 100 des guéris ont vu leur bon état résister à un long temps. En prenant la statistique sur les 1022, nous pourrons dire que 10,08 p. 100 ont complètement et définitivement guéri. — Cette statistique est très supérieure à celles que donnent les autres procédés de traitement, si on appelle guérison le retour à l'état absolument normal anatomiquc et physiologique.
Indications générales des stations d'hiver. — H y a dans les stations d'hiver sans sanatorium, à Davos, à Wiesen, à Andermatt, à Arosa, aux Avants, à S-Moritz surtout, des gens qui ne sont nullement tuberculeux. Ce sont des malades prédisposés, des anémiques, des faibles de toute nature : ce sont les mêmes qu'on envoie dans les stations d'été; mais vraiment il n'y a d'indication bien nette de la cure d'hiver que pour les tuberculeux.
Et alors quels tuberculeux faut-il diriger vers les hauteurs pendant les mois froids? — Il y a ici deux opinions. Les uns, remarquant que le succès est presque certain si on prend la tuberculose à son début tandis qu'il est bien plus aléatoire si on la prend quand elle est franchement établie, recommandent de n'envoyer dans les sanatoriaque des tuberculeux au premier degré. De ce chef les succès de la cure de montagne avec sanatorium ne se compteraient plus.
Mais d'autre part les phtisiques plus avancés, qui doivent certainement succomber, sont très améliorés et très soulagés parla vie que nous avons décrite. Faut-il les privei- de la prolongation à laquelle ils peuvent prétendre et du soulagement auquel ils ont droit, et cela uniquement pour avoir des statistiques de 80 p. 100 de guérisons comme celle de Rehburg? Nous ne le croyons pas : il vaut mieux revenir aux 10 p. 100 de Detweiler qui sont pris sur une masse de tuberculeux quelcon(]ues, depuis ceux qui sont à peine touchés jusqu'à ceux, bien plus nombreux, qui ne viennent au sanatorium qu'en désespoir de cause.
On doit donc, quitte à gâter la statistique des stations et des sanatoria, faire profiter les tuberculeux de la moindre chance de salut. Quant à ceux qui sont perdus sans la moindre ressource, déjà moribonds pour ainsi dire, il est certain qu'on les laissera finir tranquilles chez eux.