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O) CO

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STATIONS D'HIVER

Moyenne

Minimum.

MaximuB

Juin

Juillet

Août

Septembre

Octobre

Novembre

Température moyenne. — Gomme température d'hiver on a indiqué les moyennes de décembre, janvier, février; comme température d'été celles de juin, juillet, août.

Hiver.

Moyenne. Minimum

La température moyenne était pendant les mois d'hiver :

Hiver 88-89 de

— 89-90 de

— 90-91 de

Grâce à sa position élevée et en même temps si abritée, Arosa présentait pendant ce laps de temps des températures plus égales et plus hautes que celles observées à ce moment-là dans la plaine. La température moyenne y est de 2° environ plus élevée qu'à Davos, situé 300 mètres plus bas. Les minima sont aussi de 2"-5'' en dessus de ceux relevés à Davos :

Minimum.

Hiver 91-92. Arosa — 22», 6

— Davos — 24 ,8

Hiver 92-93. Arosa — 25 ,9

— Davos — 31 ,4

En comparant les moyennes d'Arosa avec celles de Davos, la seule station climatérique de haute montagne où les conditions climatériques aient quelque analogie avec Arosa, et avec celles

Kté.

Maximum. Moyenne. Minimum. Maximur

(le Zurich, qui représente assez exactement la moyenne de la température de la plaine suisse, nous obtenons le tableau suivant, qui fera ressortir la valeur des conditions d'Arosa.

Moyonnc. Muiiiii.

Maxim.

.M. ..venu.'.

.Miiiiii..

-Maxim.

Ziirich, Wfi"'

Davos, irjGl'"

Arosa, 1832'"

(La hauteur de 1852 mètres est celle où se trouve la station météorologique. L'église se trouve à 1892 mètres, le clialet Egger à 1800 mètres, les différents hôtels à une altitude qui varie de 1760 à 1855 et 1879 mètres.)

Les variations brusques de la température sont rares à Arosa, celle-ci y est égale et étonnamment douce, reposante quoique tonique et vivifiante.

Le brouillard qui survient en été comme sur toutes les montagnes est très rare en hiver.

Il est apparu durant Fhiver 89-90 cinq fois : durée totale, sept heures.

Il est apparu durant l'hiver 90-91 une fois : durée totale, une demi-heure.

Elat du ciel (en jours) :

Cirl rou\ert. Ciol .Ircouvcrt.

Avril.

Avril.

Mars.

.s^.'l.tej.il.rc.

Mars.

Davos

oO

L'humidité relative de l'air accusait dans l'hiver 1890 :

Moyenne en décembre le ctiiffre de 59

— janvier — 62

— février — 39

— mars — 63

STATIONS d'hiver

Elle est réduite à une quantité minima grâce à la topographie spéciale de la contrée, pentes, flancs de montagne, plateaux inclinés, qui assurent un rapide écoulement des eaux de précipitation. La puissance d'évaporation est grande à Arosa : i" en raison de la moindre pression atmosphérique qui favorise la dispersion de la vapeur d'eau formée dans l'air; 2° en vertu de la grande sécheresse de l'air. Les routes, les sentiers sèchent rapidement, d'autant plus que le sous-sol est poreux et filtre vite.

De plus grandes quantités de précipités (pluie) se produisent durant les mois d'été : durant les mois d'hiver, les masses de précipitation, la neige, tombent d'un coup; la bourrasque passée, la neige tombée, le ciel est bleu, serein, très pur.

La vapeur d'eau contenue dans l'air absorbe plus de calories solaires qu'un air sec. Or, comme à Arosa la quantité de vapeur d'eau est minime, que la moitié de cette vapeur d'eau de l'atmosphère se trouve cantonnée dans les régions plus basses, audessous de la cote oii se trouve Arosa, on comprend que l'intensité de la lumière solaire doit y être puissante. Le ciel est très pur en hiver, aussi la durée de l'insolation y est-elle longue, plus forte qu'à Davos.

On comptait en 1890 à Zurich 17:20,3 heures d'insolation.

— — à Davos 18-27, .^3 —

— — à Arosa 188G,i — Différence en plus sur Ziirich de 157,1 heures.

— en plus sur Davos de 58,9 —

Pour les mois de décembre, janvier, février on comptait :

A Zurich 197,0 heures de soleil.

A Davos 457,4 —

A Arosa 495,0 —

En janvier et février 1890 on comptait :

A Arosa, 290 heures de soleil; à Davos, 207.

En janvier et février 1891 :

A Arosa, 296 heures de soleil; à Davos, 285.

LA cntic D'ALTITL'DE

Comme on peut le voir par les données qui précèdent, Arosa se caractérise par un air sec, une température moyenne relativement élevée en hiver, basse en été, une atmosphère égale, un ciel très pur en hiver, et un grand nombre d'heures d'insolation. L'intensité de la radiation solaire est grande. Le nombre de jours où il neige est restreint; aussi, la neige tombée, jouit-on à Arosa d'un hiver (jui est à proprement parler un été froid, sec, ensoleillé, tellement qu'on peut sortir avec des vêtements relativement légers, prendre de l'exercice au grand soleil, rester assis en plein air, et cela des heures durant avec une température au moins de 0°, sans éprouver la sensation du froid, et sans danger. Les plus malades peuvent bénéficier au même titre que les moins malades de cette vie au grand air et d'une insolation prolongée, en restant étendus convenablement couverts sous les galeries exposées au soleil. Si bien (jue, quel que soit l'état d'un malade, les poumons sont ventilés par un air parfaitement pur, sec et froid, et que l'organisme entier peut emmagasiner des calories solaires en abondance.

La haute vallée d'xVrosa est entourée, avons-nous vu, de toutes parts d'une couronne de montagnes qui constituent comme autant de barrières contre les vents, surtout ceux du nord, du nord-est et du nord-ouest. Le fond et les flancs de la vallée ont des conditions climatologiques spéciales qui se traduisent avant tout par une végétation d'une vigueur remarquable. On y trouve jusqu'à près de 2000 mètres une étendue considérable de sapins dont le revètcmeut la})isse les lianes des montagnes et le fond même de la vallée. Non seulement l'air se charge en résine, devient ainsi balsamique et constitue un agent thérapeutique pour les malades, mais cette végétation exerce à son tour une influence caractéristique sur le climat de la contrée en égalisant, tempérant, adoucissant, la température; le rideau de sapins contribue à empêcher les variations souvent si brusques de la température qu'on constate généralement à une altitude pareille. Le sol ne s'échauffe que peu ou que lentement sous l'influence des rayons solaires, grâce à la présence de celte étendue de

STATIONS d'hiver

sapins, et inversement il ne rend que lentement le calorique qu'il a emmagasiné. Ensuite de la topographie du terrain très accidenté et presque partout très incliné, les rayons du soleil arrivent cependant dans tous les recoins, la chaleur a accès partout, de sorte qu'au printemps par exemple la fonte de la neige se fait également et qu'il ne se produit pas de stagnation en nappes, de masses liquides. Les chemins, les sentiers, les prairies même sont Irès vite secs.

En vertu de l'abri que la végétation trouve dans la vallée et au pied des parois de montagnes, on jouit d'une grande variété de fleurs dont les couleurs tranchent agréablement sur le fond vert des prés. Aussi trouve-t-on à Arosa et dans les environs, immédiats les représentants les plus variés de la flore alpine et même sub-alpine tout à côté des fleurs qu'on ne rencontra que sur les hauts sommets.

L'air est froid et sec, avons-nous dit, en hiver; il a cependant quelque chose d'étonnamment doux à le respirer, même au soir (on ne se croirait pas à 1860 mètres d'altitude), et d'embaumant grâce à l'étendue des nombreux conifères. Les promenades pour les valétudinaires se concentrent dans les espaces situés entre les différents groupes d'habitations; des sentiers construits de façon à ménager les forces des hivernants serpentent à plat le long de la lisière des bois, des flancs des massifs,, reliantles ditîérents foyers de la colonie, les unissant aux centres et facilitant le mouvement et l'exercice corporel en plein air. Les excursions un peu plus longues et exigeant un développement de force plus grand sont nombreuses et se font dans lesconditions les plus variées. Les alpinistes bien portants trouvent un vaste champ pour les ascensions proprement dites et les courses de montagnes.

Si la vallée et la colonie d'Arosa sont particulièrement constituées et orientées de façon à y créer les conditions topographiques et climatologiques les plus favorables que puisse présenter une station climatérique d'hiver, si les vents ne s'y font pour ainsi dire pas sentir, il ne s'ensuit pas cependant que l'air stagne..

428 LA ClHli n'ALTITlDE

Bien au contraire, il est brassé par des courants atmosphériques locaux (jiii, en été, au printemps et en automne montent (le la vallée depuis Langwies et vont se perdre sur les sommets, et qui en hiver descendent des crêtes des montagnes pour gagner le fond de la vallée plus loin qu'Arosa, dans la tranchée (pii suit la Plessur. Les premiers viennent plutôt de l'est et dominent plutôt pendant les heures de l'après-midi; les seconds sont éminemment locaux et se font sentir particulièrement de grand matin après le lever du soleil; ils durent généralement jusque vers une heure pour disparaître depuis ce moment-là. Les courants atmosphériques brassent, renouvellent constamment l'air; ils contribuent à tonifier l'organisme, à purifier l'air des espaces habités et exercent une inlluence très favorable sur l'ensemble de l'atmosphère; ils ne gênent en rien la vie en plein air, car on ne les sent pas assez pour en être incommodé ou même impressionné.

Le seul vent qui franchisse la barrière des montagnes qui entourent Arosa, et qui dans cette vallée apparaisse de temps à autre comme dans toutes les vallées des Alpes, est le fœhn. Les données qui précèdent nous permettent de conclure qu'au point de vue topographique Arosa est caractérisée :

1° Par une haute vallée entourée de toutes parts de massifs montagneux qui l'abritent complètement des grands vent;

2" Par une grande étendue de forêts de sapins;

3" Par la situation spéciale des habitations qui s'adossent par groupes isolés et en étages sur les flancs inclinés d'un massif faisant écran contre le nord, et qui sont orientées vers le sud.

Au point de vue climatologique Arosa se distingue :

1° Par une grande différence de température, d'humidité relative et absolue, et de sécheresse de l'air entre l'hiver et l'été;

2° Par une puissante insolation, par un air très sec, par une inlnime humidité relative et absolue, par une température égale, basse, en général, mais surtout en hiver;

3° Par un air très pur, dépourvu complètement de micro-

STATIONS d'hiver

germes, par de minimes formations de précipités, par une grande clarté du ciel et une pression amosphérique moindre;

4° Par l'absence complète de vents, par des moyennes de température supérieures à celles d'autres stations climatériques alpines, par l'absence complète du brouillard en hiver;

5° Par la longue durée de l'insolation, Arosa est et restera longtemps encore une station climatérique d'été incomparable, mais son grand avantage gît dans le fait que ses conditions climatologiques et topographiques sont telles que cette haute vallée réunit tous les désiderata voulus pour se développer toujours plus en station climatérique alpine d'hiver.

Aussi nous associons-nous pleinement aux éloges que décernait à Arosa l'Anglais Ewart, lorsqu'il qualifiait le climat d'Arosa comme plus tonique que celui de Davos et qu'il disait dans The Lancet : « Arosa, la plus jeune sur la liste des stations climatériques alpines, offre toutes les garanties pour devenir une des premières parmi les meilleures; je m'étonne toutefois qu'une contrée aussi qualifiée ait pu si longtemps passer inaperçue ».

Indications. — « Les différents groupes de maladies qui bénéficieront avant tout des avantages d'un séjour prolongé (cure d'hiver) à Arosa sont les suivants :

1" Désordres généraux de la nutrition, anémie, scrofule, etc.;

2" Convalescences. Affaiblissements constitutionnels ensuite d'infections, pneumonie, typhus, diphtérie, etc.;

3° Névroses, surmenage intellectuel, excitations du système nerveux central, neurasthénie, hypocondrie;

4" Tuberculose.

a Cas suspects. Cure prophylactique.

b Tuberculose au début.

c Cas avancés, mais sans état hectique persistant.

Contre-indications : les cas de tuberculose avancée qui présentent des températures subnormales le matin et de hautes températures le soir — états hectiques persistants (fonte rapide) ; les cas de tuberculose au début compliqués d'état chlorotique

LA (U RE D'ALTITI I)K

grave; les cas de tuberculose au début ou avancée cbez les malades surexcitables.

Les maladies du cœur et des reins, la dégénérescence des vaisseaux sanguins (albéromateuse), l'empbysème et 1 aslbme dans les périodes d'état ou de crises, la débilité sénile. » (Mercier.)

Nous nous permettrons d'ajouter à la note de M. le D' Mercier la môme restriction que nous avons faite à propos de Davos.

Personnellement nous préférerions ne pas voir d'autres malades que les tuberculeux fréquenter les stations d'hiver qui leur semblent réservées. Une contagion n'est-elle pas possible, surtout chez des gens affaiblis ou surmenés, malgré toutes les précautions antiseptiques que l'on pourrait prendre?

(Il y a un médecin à Arosa.)

APPENDICE

Beaucoup des affections qui relèvent de la cure d'altitude se trouvent également très bien du traitement liydrolhérapique. Je ne citerai que les maladies nerveuses de toutes les espèces. Aussi un certain nombre de praticiens m'ont-ils demandé quelques indications sur les installations hydrothérapiques de la montagne. Il convient tout d'abord de s'entendre sur la chose elle-même. Faut-il faire de l'hydrothérapie dans les grandes altitudes? Je ne le crois pas. Rien ne serait plus facile que d'y installer des établissements. L'eau y abonde partout, d'une pureté merveilleuse, avec tous les degrés de froid depuis 0; les forêts toujours voisines donnent le moyen de la chauffer facilement. Quant à la pression, elle s'y réalise sans machine et à bien peu de frais : un réservoir en ciment sur le trajet d'un ruisseau à 30 mètres au-dessus de l'établissement; un tube de plomb ordinaire et voilà obtenue une pression de trois atmosphères, si coûteuse à la plaine.

Malgré cela il n'y a pas beaucoup d'établissements hydrothérapiques dans la haute montagne. Ils se placent presque tous vers les régions subalpines.

Cela tient à ce que la préaction et surtout la réaction absolument nécessaires dans les pratiques d'hydriatrie se font difficile-

ai>i>i:m)ice

ment sur les grandes hauteurs. Il faut suer pour aller à la douche; il faut se réchauffer vite en en sortant. Autant cela est simple dans les régions basses et moyennes, autant cela devient aléatoire dans les grandes hauteurs.

Nous conseillons donc médiocrement la combinaison des deux systèmes de traitement. Mais en revanche nous recommandons énergiquement leur succession.

Le mois de mai n'est [)as beau dans les altitudes, sauf tout à fait à la fin. Il est merveilleux dans la région subalpine, juste aux endroits où se font les cures d eau froide. J'en dirai autant de septembre et d'octobre. On est quelquefois forcé de quitter la montagne à ce moment, et c'est l'instant d'élection pour passer quelque temps dans un établissement d'hydrothérapie.

A ce propos un mot : faut-il a|)peler établissement hydrothérapique ces institutions où un garçon ou bien une fille de bains se contentent de jeter de l'eau quelconque sur des malades déshabillés? Non à coup sûr : ces pratiques sont plutôt dangereuses. L'hydrothérapie n'est pas chose indifférente, elle peut faire du mal quand elle ne fait pas de bien. Nous conseillons vivement aux malades le séjour dans une maison dirigée par un médecin donnant lui-même les douches.

On admettra qu'il s'acquitte de celte tâche mieux qu'un simple paysan sans instruction; mais là n'est pas le seul ni , même le principal bénéfice de sa présence. La douche est cause que le médecin voit son malade tous les jours, lui parle, le suit, le soutient, le fait au besoin se reposer, etc.

Voilà pourquoi dans nos superbes établissements pyrénéens, par exemple, et dans la plupart de nos villes d'eaux, l'hydrothérapie, confiée à des garçons et à des filles de bains, est très mal faite et plutôt à éviter. Vichy doit être excepté de cet ostracisme; malheureusement il est loin de la montagne.

Dans ce que nous avons appelé la Région de Pelvoux, je ne connais aucune installation hydrolhérapique oîi je dirigerais volontiers quelqu'un.

l'hydrothérapie a la montagne

Près des Stations Savoisiennes se trouve le mag'nifîque établissement d'Aix-les-Bains. Là, les pratiques hydriatiques ont pris une très grande importance, les installations sont superbes et les cures bien faites et bien suivies par le corps médical. Seulement il s'agit surtout d'eau chaude et même très chaude. Pour le cas oii celte forme d'hydrothérapie serait réclamée, nous n'hésitons pas à conseiller un séjour dans cette belle ville thermale.

On me dit qu'à Pralognan on pourra bientôt prendre convenablement des douches froides : il est actuellement impossible de savoir ce que sera l'installation.

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