‹ La cure de déchloruration dans le mal de Bright et dans quelques maladies hydropigènesChapitre 19 sur 41 · COMPARAISON ENTRE LA RÉTENTION CHLORURÉE ET LA RÉTENTION · texte numérisé non relu

COMPARAISON ENTRE LA RÉTENTION CHLORURÉE ET LA RÉTENTION

azotée. — Chez des malades atteints surtout de néphrites à prédominance épithéliale, alors que les troubles de l’élimination chlorurée étaient le plus marqués, nous avons constaté que l’élimination de l’urée était normale ou même exagérée par rapport aux substances azotées ingérées. La constatation d’une quantité d’urée normale dans l’urine montre bien chez certains sujets que la perméabilité du rein à l’urée est exactement conservée. Il peut y avoir imperméabilité rénale élective portant aussi bien sur l’urée que sur les chlorures. Bien que l’élimination uréique paraisse normale, on constate alors dans le sang une accumulation uréique, et un mécanisme régulateur, que nous allons exposer plus loin, rend auxreins la perméabilité qui leur est nécessaire pour assurer l’élimination de la quantité d’urée correspondant aux albuminoïdes ingérés.

Au cours des néphrites chirurgicales unilatérales, les conditions de perméabilité et d’élimination sont tout autres qu’au cours du mal de Briglit; le mécanisme régulateur n’a plus à intervenir puisque l’élimination est assurée par le rein resté sain. On observe alors nettement, grâce à la séparation des urines, la dissociation des troubles de l’élimination du chlorure de sodium et de l’urée, comme le font ressortir de nombreuses analyses rapportées dans les livres d’Albarran et de

(t) Widai. et Javal, La dissociation do la perméabilité rénale pour le chlorure de sodium et l’urée dans le mal de Briglit ( C . R. de la Soc de Biol., 1!)0:3, p. 163'.)).

î>6 DISSOCIATION DE LA PERMÉABILITÉ RÉNALE.

Luys. D’après Albarran, dans le rein chirurgical, les chlorures s’éliminent plus facilement que l’urée dans 70 à 80 p. 100 des cas examinés. Les expériences récentes de H. Lamy et A. Mayer (1) montrent bien que la rétention rénale peut s’exercer pour chaque élément en particulier.

Le chlorure de sodium et l’urée ne sont pas les seules substances arrêtées par le rein malade, mais elles sont parmi les plus importantes ; elles sont celles dont la rétention est aujourd'hui la mieux connue au cours du mal de Bright.

On sait depuis longtemps que l’urée est retenue en excès dans le sang de certains brightiques. L’urée ou, pour mieux dire, les corps azotés, étaient, en effet, les seules substances que les analyses chimiques, fréquemment répétées après les découvertes de Bright, permirent de déceler en grand excès dans le sang de certains urémiques. C’est sous l’influence de cette notion qu’a été créé le terme trop exclusif d’urémie, employé pour désigner l’ensemble des accidents survenant à la suite de l’insuffisance rénale.

Nous nous sommes efforcé de montrer que, chez certains malades, l’insuffisance peut ne porter que sur l’élimination des déchets provenant de la désintégration des albuminoïdes, tout comme chez d’autres elle ne porte que sur l’élimination des chlorures. En d’autres termes, il existe un type de brightique azotémique à opposer au type chlorurémique.

Chez de tels sujets atteints d’insuffisance dissociée, on peut étudier à loisir les syndromes qui, suivant nous, caractérisent l’une ou l’autre rétention.

L’azote et le chlorure de sodium sont souvent simultanément retenus au niveau du rein lésé; les effets dus à leur accumulation ont été jusqu’ici confondus dans le même tableau classique de l’urémie, mais chez certains malades, nous le verrons, on peut faire la part qui revient à la rétention de chacune de ces substances.

C’est tout naturellement sur les accidents dus à la rétention chlorurée que les régimes sans sel exercent leur action si puissante ; ils restent sans effet sur les troubles qui relèvent uniquement de la rétention azotée. 11 est donc de toufe nécessité de faire la différence des accidents qui dépendent de

(I) II. Lamv cl A. Ma VF. ». Éludes sur la diurèse (Jour», de physiol. et île pnlltul. gén., 1905, p. 079).

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