LA RÉTENTION CHLORURÉE ET LA RÉTENTION AZOTÉE
l’une ou l’autre rétention. Nous sommes aujourd’hui en mesure de faire celle distinction.
Pour bien comprendre pourquoi les troubles dus a la rétention chlorurée diffèrent de ceux que l’on observe en cas d’encombrement azoté, il nous faut d’abord montrer combien le procédé d’accumulation de Purée chez le brightique diffère de celui qui préside à la rétention des chlorures.
Tandis que le sel retenu au niveau des reins ne fait que passer dans le sang pour aller s’accumuler dans les tissus, l’urée, au contraire, reste en excès dans la masse sanguine de certains néphritiques, comme on le sait depuis les recherches de Bright, et dans le sang des animaux, après néphrectomie ou après ligature des uretères, comme on le sait depuis les expériences de Prévost et Dumas.
Il existe sur la présence de l’urée dans le sang des brightiques une abondante littérature dont on peut trouver l’indication dans le travail de Strauss (1), qui lui-même a dosé l’azote contenu dans le sérum sanguin de 69 brightiques et dans la sérosité de 21 d’entre eux. D’après lui, la rétention azotée dans le sang est plus marquée dans la néphrite interstitielle que dans la néphrite parenchymateuse, même quand il existe des phénomènes urémiques.
Achard et Paisseau ont, beaucoup plus fréquemment que les autres auteurs et que nous-mêmes, obtenu des chiffres élevés d’urée dans le sang des brightiques. Une seule fois seulement sur 10 malades ils ont obtenu un chiffre normal, celui de 0sr,33p. 1 000. Chez les 9 autres, les analyses ont toujours donné des chiffres supérieurs à 1 gramme; 6 fois même ils dépassaient 2 grammes et chez 3 malades ils oscillaient autour de 3 et 5 grammes. Si ces auteurs ont obtenu aussi fréquemment des chiffres élevés, c’est sans doute parce que, pour doser l’urée du sérum, ils ne précipitaient pas au préalable l’albumine. Si l’on fait agir directement l’hypobromite de soude sur le sérum, on obtient, en effet, des chiffres majorés dont les variations diffèrent d’un cas à l’autre et peuvent aller du simple au double, lorsque l’urée est en faible proportion dans le sang.
(1) II. Stiuüss, Die chroniaclnm Nicrentzundungon in ilircn Einwirkung auf die Blutllussigkeit, Berlin, 1 00?.