‹ La cure de déchloruration dans le mal de Bright et dans quelques maladies hydropigènesChapitre 22 sur 41 · INDICATIONS PRONOSTIQUES TIRÉES DU DOSAGE DE L'URÉE. Ô · texte numérisé non relu

INDICATIONS PRONOSTIQUES TIRÉES DU DOSAGE DE L'URÉE. Ô

saurait guère tolérer longtemps plus de 5 grammes durée par litre dans le sang. Un des chiffres les plus élevés qui aient été rencontrés est celui de 5S1',85 trouvé par von Jalcsch. Les quantités les plus fortes que nous avons notées, pour notre part, oscillent entre 4 et 5 grammes.

On sait combien il est difficile d’établir, dans certains cas, le pronostic des états urémiques.

Certains sujets, infiltrés d’œdèmes, dyspnéiques, en proie à des vomissements ou à des crises éclamptiques, présentant, en un mot, des symptômes de la plus haute gravité, se rétablissent parfois rapidement, alors que d’autres urémiques, simplement en état d’inappétence ou de somnolence, entrent brusquement dans le coma terminal. Dans les cas de ce genre, les dosages de l’urée du sang peuvent seuls fournir des indications précises au pronostic. Quel que soit le degré d’infiltration et quelle que soit la gravité des symptômes, si le sang contient moins d'un gramme d’urée par litre, c’est que la chlorurémie est avant tout en jeu et on a tout à espérer du régime déchloruré ou des diurétiques déchlorurants.

Si, au contraire, l’urée atteint les chiffres de 3 à 4 grammes qui ne s’observent guère que dans les périodes terminales de la maladie, le pronostic le plus grave doit, en général, être posé. Nous n’avons observé qu’un seul malade ayant présenté pendant plusieurs mois de hauts chiffres d’urée dans le sang.

Le dosage de l’urée dans le sang peut donc, sans qu’il y ait là de loi absolue, fournir chez les urémiques un élément de pronostic de la plus haute importance, et ce dosage chez un brighfique infiltré nous permet de prévoir ce qu'on est en droit d’attendre du régime déchloruré.

La présence d’un excès d’urée dans le sérum est le meilleur témoin de la rétention de cette substance, et cela parce que, contrairement aux chlorures, l’urée s’accumule dans le sang sans (pie tout son excès soit chassé dans les tissus.

On sait que chez certains brightiques, après ingestion d’un surcroît d’albuminoïdes, comme l’a montré Kornblum (1), pu après ingestion d’un surcroît d’urée, ainsi que l’ont établi

(!) KonNDi-UM, Ucbcrdic Austcheidung des SlickstolTs bei Niorenkrankhoiten des Menschen im Verhüllnis zur Àufnohme desselben (Arch. fürpath. Anat. und Physiol., CXXVII, 1892, 3, p. 409).

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