DISSOCIATION DE LA PERMÉABILITÉ RÉNALE
Les recherches que nous avons poursuivies à ce sujet nous ont montré que chez nombre de brightiques la teneur du sang en urée restait normale pendant de longues périodes de la maladie et parfois même jusqu’à la mort, que chez d’autres il y avait augmentation de l’urée pendant de longues périodes. Les brightiques peuvent, d’après nos constatations, être divisés en deux catégories distinctes, suivant que leur sang contient ou non de l’urée en excès, suivant en un mot qu’ils sont ou ne sont pas azotémiques. Mais nous n’avons pu saisir aucun rapport entre la teneur du sang en urée et la forme anatomique de la néphrite.
Nous nous sommes attachés à comparer le taux de l’urée du sang, aux symptômes, à la marche et à la gravité de maladie et à chercher, surtout, s’il y avait corrélation entre la majoration de l’urée du sang et l’apparition des œdèmes.
Les plus hauts chiffres d'urée compris entre 3°'r,14 et 4B‘,G8 ont été trouvés dans le sérum des malades morts d’urémie peu de temps après la prise du sang ayant servi au dosage de cette substance.
Chez certains malades, en dehors même du mal de Bright, l’augmentation de l’urée semble un phénomène précurseur de la fin, comme un témoin du collapsus rénal au moment où tous les organes entrent en défaillance.
Certains brightiques supportant relativement bien leurs lésions rénales peuvent présenter pendant longtemps, dans le sang, des chiffres d’urée oscillant autour de 1 gramme. Nous avons suivi pendant plus d’une année une femme dont la lésion rénale était bien compensée et dont le chiffre d’urée dans le sang variait dans ces limites.
Chez les brightiques avec anasarque, infiltrés de grands œdèmes, l’urée peut, au contraire, n’exister dans le sang qu’en quantité relativement minime. Nous en avons très souvent trouvé, dans ces cas, un taux normal variant de 0'r,20 à 0Br,G0 par litre de sérum.
On voit donc qu’il n’existe aucun rapport entre l’apparition des œdèmes et le degré de la rétention d’urée dans le sang.