‹ La cure de déchloruration dans le mal de Bright et dans quelques maladies hydropigènesChapitre 34 sur 41 · COMPOSITION DES RÉGIMES DÉCIILORURÉS · texte numérisé non relu

COMPOSITION DES RÉGIMES DÉCIILORURÉS

renferment presque uniquement que des hydrates de carbone.

Le pain et le riz, qui sont les plus azotés parmi les aliments végétaux, renferment de 6 à 9 p. 100 d’albuminoïdes. Le brightique peut donc prendre presque sans compter, à l’inverse du diabétique, une nourriture végétale.

Au contraire, les aliments du règne animal (viandes et poissons) renferment en général une quantité insignifiante d’hydrate de carbone et en moyenne de 14 à 20 p. 100 d’albuminoïdes; un œuf total contient environ G grammes d’albumine.

Il suffit de se rappelerces quelques chilfres, pour composer un régime dont on réglera facilement la teneur en albuminoïdes. Le reste de la ration d’entretien peut être demandé sans compter aux hydrates de carbone et aux graisses, en se réglant sur l’appétit des malades qui souvent est loin d’exiger les 2 600 calories qu’on considère comme la ration normale de l’homme bien portant au repos (1).'

Nous venons de voir que les régimes déchlorurés, tout en fournissant un moyen de provoquer l’élimination des chlorures ou d’en prévenir la rétention, peuvent, en raison de la grande variété qu’ils comportent, se prêter facilement au goût du malade et remplir toutes les indications diététiques qui se posent chez le brightique. Grâce à eux, le médecin peut graduer facilement non seulement la ration des chlorures, mais encore celle des trois principes fondamentaux : graisse, hydrate de carbone et albumine.

(1) Rappelons que si l’on veut calculer en calories une ali mental ion donnée, il faut avoir recours aux tables donnant la composition des aliments usuels et se rappeler que 1 gramme d’hydrate de carbone ou d’albuminoïde fournit 4,2 calories, et 1 gramme de graisse 9.3. Voici, à titre d’exemple, la composition pour J00 parties de quelques substances alimentaires :

Albumine.

Graisse.

Hydrate de carbone.

l’ai n

Viande

OEuf

Poisson

Riz

Pommes do terre

Cerises

Salades

CONCLUSIONS

XI, |. — CONCLUSIONS

L’action hydropigène du chlorure, de sodium retenu chez certains brighliques n’a jilus besoin d'être démontrée et il est bien établi que chez eux la seule suppression du sel ajouté aux aliments peut suffire, en dehors de toute autre intervention, à provoquer la déshydratation de l’organisme. C’est là le fondement de la cure de déchloruration; la simplicité du remède répond bien à la simplicité de la cause.

L’action hydratante est l’apanage du chlorure de sodium retenu chez les brightiques. L’urée, en particulier, cette autre substance dissoute dont l’accumulation est si fréquente chez les néphritiques, est incapable par sa rétention d’hydrater les tissus au cours du mal de Bright; ses molécules s’accumulent dans le sang et cherchent sans cesse à forcer la barrière rénale. Les molécules de chlorure retenues suivent un courant inverse qui, du sang, les porte vers les tissus. Tandis que la rétention des chlorures détermine l’urémie hydropigène, la rétention azotée n’aboutit qu’à l’urémie sèche.

On observe souvent au cours du mal de Bright une dissociation de l’imperméabilité du rein pour les chlorures et pour l’urée; les deux rétentions peuvent exister isolées ou combinées; elles présentent bien quelques caractères communs, mais elles ont aussi des caractères qui les différencient et qui, au cours de certains états urémiques, permettent souvent de faire la part qui revient à chacune d’elles.

Les régimes déchlorurés exercent encore leur action déshydratante sur les œdèmes cardiaques et permettent parfois d’arrêter la marche d’une hydropisie résultant d’une gêne de la circulation, comme celle de l’ascite cirrhotique, mais ils ont une action beaucoup plus restreinte contre les hydropisies de nature inflammatoire, comme celles de la pleurésie, par exemple.

L’imperméabilité des reins pour les chlorures est telle chez certains brighliques que l'on doit abaisser jusqu à ses dernières limites la dose de chlorure permise; le lait, qui doit avant tout scs qualités à sa faible chloruration, peut être un aliment trop salé encore pour ceux dont les reins sont ainsi presque complètement fermés pour les chlorures. C’est sur de

CONCLUSIONS

tels malades <|iic la cure de déchloruration nous fait assister à ce spectacle inattendu d’un albuminurique infiltré d’œdèmes, plus amélioré par un régime carné et amylacé privé de sel, que par le régime lacté jusque-là prescrit comme le seul salutaire.

L’imperméabilité rénale pour les chlorures n’est jamais absolue; elle n’est toujours que relative et peut présenter tous les degrés; bien plus, elle varie chez un même sujet d’une période à l’autre de la maladie. Dans nombre de cas, la perméabilité rénale est encore suffisante pour permettre une légère chloruration alimentaire. C’est alors que le lait, aliment faiblement chloruré, exerce l’action bienfaisante qui lui est depuis longtemps reconnue.

Lorsqu’on entreprend de traiter un brightique infiltré d’œdèmes, il faut commencer par lui prescrire un régime strictement déchloruré. Par tâtonnements, en interrogeant la courbe du poids régulièrement dressée et surtout en consultant le bilan des chlorures, on arrive à régler d’une façon suffisamment exacte la dose de tolérance qu’il faut toujours se garder d’atteindre dans l'alimentation.

La cure de déchloruration, tout en étant une méthode de traitement contre la rétention chlorurée, est du même coup la méthode de choix pour l’épreuve de la chloruration alimentaire et permet de dépister les rétentions de sel.

Tous ceux qui ont pratiqué la cure de déchloruration, savent avec quelle rapidité saisissante on voit, sous son influence, les œdèmes s’effondrer, chez certains brightiques. Le régime ne donne pas toujours des succès aussi réguliers; la déchloruration a parfois ses difficultés. Chez certains sujets, la déshydratation ne s’obtient que lentement et, pour renforcer l’action du régime, il faut alors le secours de médicaments diurétiques.

Les régimes déchlorurés, même prolongés, sont sans inconvénient pour les brightiques. Quoi qu’on fasse, jamais la privation de sel ne peut être absolue : ce corps est répandu dans la riature avec une profusion telle, qu’aucune substance n en est complètement dépourvue.

Si l’homme sain, pour satisfaire ses sensations gustatives, peut se permettre chaque jour l’excès de chlorures alimentaires que comporte sa ration ordinaire, l’homme lrappé dans

CONCLUSIONS

scs reins ou dans son système cardio-vasculaire doit se préoccuper sans cesse de la chloruration de son régime et doit toujours craindre d’accumuler des réserves de chlorures dans ses tissus.

En dehors même des périodes d’insuffisance rénale et d’asystolie où le régime déchloruré absolu s’impose, un brigh tique ou un cardiaque doit toujours faire usage d’une alimentation aussi peu salée que possible, car il ne sait jamais à quel moment précis l’usage exagéré du chlorure de sodium pourra de nouveau lui être nuisible.

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