NORMAL
A l'état normal, l’organisme est en état d’équilibre chloré. Les chlorures sont excrétés en même quantité que les chlorures ingérés. Les analyses de Langlois et Ch. Richet (1) ont montré que la chloruration des tissus reste la même chez les animaux soumis au jeune ou chez des animaux dont on augmente le sel de la ration alimentaire. Les tissus finissent par perdre un peu de chlore chez des animaux qui continuent à s’alimenter tout en restant privés de chlorures. L’équilibre chloruré se rétablit avec une rapidité remarquable après ingestion d’un supplément de sel.
Chez un sujet normal soumis à un régime fixe depuis cinq jours, ltohmann (2) a constaté qu’un supplément de 5 grammes de sel augmentait l’élimination des chlorures, mais que déjà le lendemain l’équilibre chloré était rétabli. Tous ceux qui ont reproduit cette épreuve chez les sujets sains ont fait des constatations analogues.
Si on fait absorber des doses successives de chlorure de sodium à des sujets soumis au préalable au régime déchloruré, l’organisme refait ses réserves et en retient une certaine quantité ; il faut alors quelques jours pour que l’équilibre s’établisse entre l’excrétion et l’ingestion. Une rétention permanente des chlorures est toujours un phénomène pathologique.
Pour chercher s'il y a déchloruration ou rétention des chlorures dans l’organisme, il faut avant tout dresser le bilan du sel ingéré et excrété.
(1) Langlois et Richet, De In. proportion dos chlorures dans les tissus de l’organisme (Journ. de plu/siol. el de palhol. gén., t. II, 1900, p. 742).
(2) Rohmann, Zeilschr. f. klin. Medizin, 1879, p. 513.