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Fig. 13. Influence du bain de soleil sur la lempérature. — Malade atteint de périostite et d’ostéomyélite tuberculeuse de la diaphyse fémorale, amputé avant son arrivée pour une tumeur blanche du genou. Le moignon présente des fistules et les parties molles sont infiltrées. La cure de soleil pratiquée sur tout le corps en même temps que sur les lésions, fait osciller la température axillaire entre 8705 et 38°. Lorsque les lésions sont protégées, l’insolation générale produit la défervescence indiquée par le graphique.
observation récemment publiée par notre chirurgien-adjoint, le D'Guvyet: une enfant de septans, atteinte d'adénopathie trachéo-bronchique, qui évo- Juait comme une tuberculose locale, possédait un état général assez bon.
Sa température, régulière d'ordinaire, présentait cependant des poussées
1 G.-A, Guye, Les réactions de foyer dans l’héliothérapie des tuberculoses dites chirurgicales. Paris Médical, 1914.
OÙ LAFCURENDEMSOLEIL
Jusqu'à 38% lorsque l'enfant avait fait une trop longue promenade ou s'était livrée à des exercices trop violents. L’alitement fit rapidement disparaitre ces exacerbations thermiques. A ce moment, le bain de soleil pratiqué un quart d'heure par Jour sur les jambes était parfaitement toléré. Mais la mère, ayant de sa propre initiative, doublé la durée du bain de soleil, la température s’éleva, une toux quinteuse fit son apparition pendant que le signe de d'Espine témoignait d'une réaction intense des ganolions trachéobronchiques. Cest en raison de faits de cet ordre que nous insistons auprès de nos malades afin qu'ils s'entrainent progressivement et sans Jamais commettre d'imprudence. Une élévation de température de quelques dixièmes, constatée le lendemain et le surlendemain d'un bain de soleil. est la preuve indiscutable que ce bain a eu une action nocive qu'il faut à tout prix éviter. Pareil phénomène ne S'observe pas chez les malades qui suivent exactement nos conseils. Le bain de soleil produit-1l également une élévation de température passagère qui ne dureraif pas plus d’une heure ou deux? Les recherches que nous avons poursuivies à cet égard ne nous ont pas permis de le constater. En r'e anche. Malgat, Monteuuis et Oelsnitz ont observé que la température pouvait monter de quelques dixièmes aussitôt après le bain.
Lés modifications du pouls et de la respiration ont été diversement appréciées par les auteurs qui s’en sont occupés. En ce qui nous concerne nous pensons que le pouls réagit comine la température. Nous ne pourrions donc que répéter ce qui vient d'être dit. Les mensurations auxquelles: nous avons procédé relativement à la pression artérielle nous ont montré qu'en général Ia pression baisse à la fin du bain de soleil. Les modifications du sang n'ont pas sollicité de nombreuses recherches quel que soit l'intérêt qui S'y attache. Bien des raisons s'opposent à ce qu'on puisse compter les globules rouges avant et après un bain dans des conditions telles que les résultats de ces numérations soient légitimement comparables. La circulation périphérique est, en effet, trop profondément troublée par l’action de la chaleur, du froid et de la lumière pour que des recherches nécessairement fondées sur Fexamen du sang contenu dans les capillaires de la peau laisse espérer des constatations intéressantes. En tout cas, les nombreuses numérations que nous avons prati-
quées avec notre assistant, le D' Bardenheuer. ont clairement montré
L'ACTION DES BAINS DE SOLEIL SUR L'ORGANISME s1
que si le nombre des hématies augmente avec l'altitude, la proportion des différentes espèces de globules blancs est influencée par de trop nombreux facteurs pour qu'il soit possible de démêler exactement les effets que lebamede soléil-exerce surrelle:
La peau réagit au soleil à peu près comme à la lumière artificielle. en s'hyperémiant, en se pigmentant et en s'hypertrophiant dans tous ses éléments constitutifs. Néanmoins, les observateurs sont d'accord pour constater qu'il y à une grande différence entre une peau qui a subi l’influence du soleil et celle qui à été exposée aux radiations d'une lampe à vapeurs de mercure ou à électrodes de fer. La pigmentation naturelle donne à lapeau une douceur, un velouté, une richesse de ton qui la font paraitre vivante alors que la pigmentation artificielle semble quelque chose de mort. Ces impressions, évidemment mal précisées, ne sont cependant pas sans valeur étant donné l'unanimité de ceux qui, après avoir pratiqué la lumière artificielle, ont vu nos enfants brunis par le soleil.
Certains malades réagissent plus par hyperémie de la peau et d’autres en se pigmentant davantage detelle sorte qu'ily en a de rouges etde bruns. Plusieurs auteurs pensent qu'en général ces différences de réacüon s'expliquent par des différences dans la coloration fondamentale du teint. D’après eux. les blonds rougiraient et les bruns se pigmenteraient. Il y a peut-être quelque chose de vrai dans cette manière de voir, mais en fait, les exceptions à cette règle sont extrêmement fréquentes. On voit des blonds se pigmenter très bien et des bruns ou des châtains réagir par de l’érythème à de très brèves séances de soleil. En revanche, les observations que nous avons faites sur des malades soignés par la cure de soleil concourent à montrer que la rapidité avec laquelle le malade guérit est presque toujours proportionnelle à la rapidité avec laquelle il brunit. Cela n’estpas seulement exact des lésions profondes, mais aussi des lésions superficielles tuberculeuses ou banales. De même que ni les boutons d’acné, ni les furoncles, ni la varicelle ne se développent sur des peaux fortement pigmentées, de même les plaies se cicatrisent et les abcès se résorbent plus vite chez les malades fortement brunis. Le parallélisme de ces phénomènes est extrêmement étroit : il a d’ailleurs frappé, après nous, tous les auteurs qui se sont occupés de ces questions. Au surplus, le pig-
ment semble rendre moins sensible aux froids vifs. Les peaux bien brunes supportent aussi facilement les ardeurs du soleil que les basses températures. Il semble qu'elles constituent un vêtement naturel appelé à défendre
l'organisme contre les températures extrèmes.
L’action locale. — De toutes les réactions locales provoquées par le bain de soleil, la plus remarquable aux veux du malade c'est Ia diminution de la douleur. Nous avons signalé ce fait 11 y a longtemps déjà. Depuis lors, tous les auteurs qui font de lhéliothérapie ont confirmé cette action analgésiante du soleil. Elle ne doit d'ailleurs pas être confondue avec celle de l’immobilisation. Celle-ci ne suffit pas toujours à faire disparaître la douleur. On constate parfois que des malades qui, malgré des appareils de contention étroitement appliqués. avaient continué à souffrir pendant des mois dans la plaine, se sont trouvés complètement et définitivement soulagés par quelques bains de soleil correctement appliqués. Faut-il voir dans ce phénomène quelque chose d’analogue à ce que produit la chaleur d’un cataplasme, par exemple, appliqué sur une lésion inflammatoire? Nous savons que les rayons de grandes longueurs d'ondes pénètrent de plusieurs centimètres dans les tissus lorsqu'ils ne rencontrent pas de gros vaisseaux sanguins. On est donc tout naturellement porté à admettre que cette action analgésiante est due à ces rayons. [ls agiraient un peu à la manière de ces courants de haute fréquence dont les trains d’ondes se succèdent avec une extrême rapidité et qui possèdent la propriété d'élever la température à quelque distance, dans la profondeur des tissus. Cette hypothèse est assurément Ia plus légitime qu'on puisse faire pour expliquer l’action analgésiante du bain de soleil, car elle est conforme à deux faits bien connus : les effets sédatifs de la chaleur et la force de pénétration des rayons de grandes longueurs d'ondes.
Si le bain de soleil, appliqué comme nous Favons dit, est un anal- SOA MIEDEUL A MTONEIOLIÈSRUOSES EXACT T ALES A UOUIENTS EUGÈNE qu'ulMpeut élever: Ja- température générale. Ce sont là deux phénomènes étroitement connexes. Bien souvent, nous avons vu tel malade
atteint d’une arthrite du genou, par exemple, exposer sa jambe dès le
1 Rorrter, Le traitement des tuberculoses chirurgicales par la cure d'altitude et lhéliothérapie. Congrès intern. de la tuberculose. Paris 1905.