‹ La cure de soleilChapitre 11 sur 82 · LT ; RE Æ · texte numérisé non relu

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à Levysin par nos soins montre qu'une construction, même rudimentaire, peut être convenablement aménagée et suffire pour lhéliothérapie.

Ceci dit sur les locaux où se pratique la cure de soleil, nous pouvons voir maintenant avec quelques détails comment on doit v procéder.

Fie. 6.

Les cliniques — Le solarium des Frênes.

La technique du bain de soleil. — Deux notions essentielles sont à la base de Ia méthode: progression prudente et individualisation stricte. Cest de l'application où de la non-application de ces notions que dépend, on peut le dire, le succès ou l'échec de Ta cure. Le malade doit être progressivement entraîné à supporter la cure: ses susceptibilités individuelles doivent être méthodiquement étudiées afin de ne point l'exposer prématurément à des changements trop brusques. Il est évident, en principe, qu’on

ne soumettra pas un individu atteint d'une lésion tuberculeuse très nette-

ment localisée aux mêmes conditions de cure qu'un malade aux fistules nombreuses, atteint de lésions pulmonaires et de fièvre hectique. Avant toute chose, le patient sera donc étudié, non seulement — ce qui va Sans dire — au point de vue de son histoire pathologique proprement dite, mais encore, et autant que possible, au point de vue de sa sensibilité au changement d'altitude et à l’exposition au soleil. Le mieux pour procéder à cette enquête est de mettre d'emblée le malade au lit, même lorsque son état lui permettrait de marcher. On est ainsi tout à fait sûr de ne pas laisser se produire ces réactions de fatigue qu’on observe si facilement Chez ceux qui font des sports à l'altitude sans y être entraînés. Car c'est, en effet, à l'altitude que nous devons tout d’abord. à Leysin, entraîner nos malades. Ind‘pendamment des effets physiologiques, qui ont été étudiés précédemment et que produit l'air des hauteurs, on observe parfois, chez des êtres faibles, au début d'un séjour à la montagne. pendant lequel des précautions suffisantes n’ont pas été prises, un certain degré d’excitation générale qui se manifeste par de l’accélération du pouls, de la lassitude, de l’insomnie et parfois par un peu d’élévation de température. Ces phénomènes seront, naturellement, d'autant plus marqués que l'organisme sera plus affaibli et par conséquent plus sensible. Is seront d'autant moins marqués que le malade observera un repos plus strict pendant les premiers Jours. Nous prescrivons donc à nos malades, dès leur arrivée et dans tous les cas, non seulement de garder la chambre mais encore dénrestermatutiannelenleureéviLeraLOoutesMestnmenncsMatisues oontlx somme finirait par leur être préjudiciable.

Une fois que l’accoutumance tout au moins partielle à l'altitude est obtenue, c’est-à-dire au bout de plusieurs Jours, on commence à entraineérles malades a lairdibre Denouveau, à ce point dewue.anconvient d'agir avec précaution. Il y aurait certainement imprudence à exposer, par exemple, des cachectiques ayant passé des mois ou des années calfeutrés dans des chambres à coucher ou dans des salles d'hôpitaux, à l'air libre, sans entrainement préalable. Donc, plus ou moins graduellement, suivant le degré d’accoutumance antérieure, suivant la température régnant à l’arrivée, la fenêtre de la chambre est ouverte le jour d’abord, et, ultérieurement, la nuit. Le malade est admis ensuite à faire

des stations de plus en plus prolongées sur la galerie de cure ou sur le

LA TECHNIQUE GÉNÉRALE DU BAIN DE SOLEIL Je)

solarium pour s'habituer peu à peu à vivre complètement dans l'atmosphère de la montagne. La durée de ces stations varie naturellement suivant la saison. Elle pourra être dès le début de plusieurs heures par un temps doux, tandis que par un temps plus froid elle nedépassera pas une héure \Siltnestpas au it) lé patienmtenescrt Sur le solarium, que vêtu et coiffé de blanc, les yeux protégés par des verres

Fig. 7.

Les cliniques. — « Miremont» et son solarium. (Altitude : 1350 m.)

fumés. Quant aux lésions, elles doivent être, elles aussi, accoutumées progressivement à l'air. On les découvrira donc, sans les exposer au soleil, pendant quelques ininutes, chaque jour. Avec une progression aussi minutieuse, aucun incident n’est possible, et, dans la très orande majorité des cas, le malade se trouve. au bout de 8 à 10 jours, suftisamment acclimaté. Cette partie de Ia cure est pour nous d’une importance considérable. La tendance, actuellement, consiste à ne tenir compte que des radiations solaires. En fait, comme nous l'avons longuement montré

d'autre part, l'altitude joue un rôle difficilement contest*ble, que l’observation clinique met d'ailleurs fortement en évidence. Aussi croyons-nous devoir insister sur cette préface indispensable à toute cure de soleil rationnellement conduite à l'altitude.

Nous pratiquons l’insolation de nos malades avec la Ilumière directe du soleil sans interposition d'écrans d'aucune espèce. Finsen, au cours de ses recherches, avait été amené à utiliser des lentilles. D’autres auteurs cherchent, par des procédés divers, à éliminer telle ou telle catégorie de radiations. Nous utilisons la lumière solaire complète en même temps que nous cherchons à administrer le plus rapidement possible le bain de soleil général. Néanmoins, dans certaines plaies particulièrement anfractueuses et profondes, nous nous sommes servis de lentilles de quarz, comme on peut le voir planche LIIT, afin de concentrer les radiations.

I serait extrêmement intéressant d'avoir un appareil enregistreur, d'une lecture facile, qui permit de se rendre compte avec une précision suflisante des influences thermiques et lumineuses auxquelles se trouve soumis chaque malade pendant toute la durée de son bain. Malheureuse- HentiCeL ins tumentuniexiS tenais RONMÉETNMS ETIONCMTÉQULASUORIOLTES approximations que les thermomètres à cuvette noire ou ordinaire ne nous aident guère à préciser. Le malade est découvert quand il fait du Soleil. Naturellement: on évite, en été, [es heures "méridiennés;-&e manière à ce qu'au début il n’y ait pas de surprise. Il convient de remarquer qu'un bain de soleil, lorsqu'il est accompagné d'un bain d'air chaud, devient un véritable bain turc, plus fatigant et plus déprimant que tonifiant, tandis qu’au contraire, les bains les plus agréables et Les plus stimulants sont pris par les températures les plus fraîches. Maloat et d’autres auteurs ont cherché à établir une distinction, suivant la température de l’air, entre différentes espèces de bains. Jusqu'à 18% on prendrait des bains d’air froid, et au-dessus de 18 des bains de soleil. Nous serions tenté, si ces distinctions pouvaient prétendre à quelque valeur, de renverser les propositions et de dire que le bain de soleil va jusqu'à 18° (mesurés à Flombre), et qu'au-dessus commencent les bains d'air chaud. En tout cas, au début, nous évitons, autant que possible,

les extrêmes et nous tenons le plus grand compte des sensations subjec-

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66 LA CURENDEÉ SOLEIL

tives des malades. C'est à une conclusion analogue qu’arrive Oelsnitz, après avoir critiqué les conceptions de Malgat. Pour lui, comme pour nous, l'important c’est avant tout ce qu'éprouve le malade.

Les premiers bains doivent être courts, de quelques minutes de durée seulement ; on évitera ainsi non seulement l'érythème solaire, les dermites bulleuses — parfois pénibles — qui en sont la conséquence et qui peuvent donner lieu à du vitiligo persistant au milieu de la pigmentation, mais aussi le prurit solaire, qui à un retentissement si désagréable sur l’état nerveux des malades. En même temps qu'il est court, le bain de début est dérivatif, aussi bien relativement aux lésions que relativement aux grands viscères. On commencera donc par les extrémités inférieures qu'on découvrira très graduellement jusqu'à atteindre le tronc même lorsque les membres supérieurs sont atteints. Quand la lésion siège aux membres inférieurs, par exemple, on la recouvre de quelques "doubles de paze, jusqu'à ce que le corps 1outNentier "aitété accoutumé au soleil, puis on la découvre progressivement : d’abord trois LOI ICOUANULeS DUISATOISMOlS UIXEILINULES CIC AC ES ARCS ICONIIONS qu’on arrivera peu à peu, sans accident ni incident, à faire supporter le bain de soleil général. Voici d’ailleurs comment, une fois l'accoutumance à l'altitude et à l'air suffisamment obtenue, nous entrainons progressivement nos malades à supporter le bain de soleil. La figure 8 schématisera nos explications.

Les premières séances sont extrêmement courtes et répétées trois fois par jour à des intervalles qui varient d’une demi-heure à une heure. Ges premières séances doivent toujours cesser une demi-heure ou une heure avant le repas de midi, et ne recommencer que deux ou trois heures après. Dans ces conditions, les pieds sont découverts : le premier jour, trois fois cinq minutes : le deuxième jour, trois fois dix minutes : le troisième jour, trois fois quinze minutes et ainsi de suite. Le second jour, on découvre les jambes en même temps que les pieds, mais pendant cinq minutes seulement. Le troisième jour, c’est le tour des cuisses, qui sont découvertes pendant trois fois cinq minutes. tandis que les

Jambes le sont pendant trois fois dix minutes et les pieds pendant

1M. d’Ocsnrrz, L'héliothérapie. Journal médical français, 15 novembre 1913.

trois fois quinze minutes. On arrive ainsi-au quatrième jour à découvrir l'abdomen, puis au cinquième jour le thorax, en ayant soin de protéger la région précordiale, au moyen d’une compresse humide, quand la température est élevée. Au sixième jour, s’il n’y a pas contre-indication. la région dorsale ‘est exposée trois fois cinq minutes. À partir de ce moment, on augmente la durée respective des trois séances quotidiennes et on arrive à découvrir les malades en un ou en deux temps. C’est en suivant à la lettre ce schéma détaillé qu'on arrive à scruter le degré de tolérance individuelle et à dépister les sensibilités particulières qui permettent de faire brûler les étapes à tel malade ou, au contraire, les font multiplier à d'autres, sans qu'il puisse en résulter aucun inconvénient.

La durée des séances se règle suivant la manière dont le malade se pigmente. Si le brunissement est rapide, la durée des séances peut augmenter, elle aussi, rapidement. Au contraire, si la pigmentation est languissante, si là peau rougit plus qu'elle ne brunit: il y a tendance à l’érvthème et il faut alors redoubler de prudence. Une journée où le soleil aura été un peu plus vif que la veille, suflira à provoquer une nuit d’insomnie pénible accompagnée de nervosité. Au début il est plus souvent nécessaire de réprimer l'enthousiasme des malades devant le brillant soleil d'hiver qu'on trouve à la montagne que de les encourager à s’exposer nus à des températures inférieures à 0°. Lorsqu'un changement de temps vient interrompre l'entrainement, l’insolation est reprise à une étape un peu inférieure à celle à laquelle il avait fallu cesser. L’adaptation ainsi pratiquée ne donne jamais lieu à aucun des accidents de l'héliothérapie : ni migraine, ni névralgie, ni exagération des douleurs, ni tachycardie, ni palpitations. Ce qui ne veut pas dire que nous n’ayons l’occasion de les observer chez des patients indociles.

Les malades arrivent donc, après un entrainement plus ou moins long, à faire des séances de plusieurs heures. Toutes choses égales d’ailleurs, les séances seront plus courtes en été qu'en hiver parce que, en juilletet en août. la chaleur ambiante rend lardeur du soleil moins facilement supportable. L'observation clinique, à défaut de procédés de mesure physique, montre de la manière la plus évidente que certaines doses ne doivent pas être dépassées. À la fin d’une longue série de beau temps, nous nous voyons très souvent dans l'obligation de raccourcir les séances comme si en un certain

sens les effets du soleil s’accumulaient. C'est ce qui nous a conduit peu à peu à ne pas chercher systématiquement à faire supporter les plus longues séances possibles. Trois heures par jour constituent, beaucoup plus souvent qu'on ne Île croit, une excellente moyenne, qu'on ne dépassera qu'en présence d'indications positives de le faire, par exemple chez des individus jeunes dont l'organisme souple s'adapte aisément et réagit en se pigmentant bien. Cette nouvelle précaution nous permet, une fois de plus, d'éviter cette irritabilité que le soleil à trop fortes doses produit immanquablement à la longue chez les individus à système nerveux central quelque peu sensible.

Il importe de noter qu'au moment des règles, nous faisons cesser les bains de soleil par mesure de prudence.

L'alimentation dans la cure de soleil. — La pratique de la cure de soleil comporte des règles alimentaires dont l’inobservation peut entrainer de sérieux mécomptes. À l'altitude, sous un climat qui, nous l'avons vu précédemment, augmente dans de très fortes proportions les échanges et par conséquent l'appétit, il y aura lieu de veiller à ce que le malade ne se suralimente pas. Rien ne peut être nuisible à un individu atteint de tuberculose osseuse comme de faire de la graisse. C’est du muscle qu'il doit gagner. Il faut reconnaitre, d’ailleurs, qu'actuellement les auteurs qui étudient l’alimentation chez les tuberculeux sont tous d’accord. La suralimentation qui fut si fort à la mode il y a quelques années, est décidément tombée dans le discréditeÆEt cest justice "MOettenméthode thérapeutique n’'envisageait qu'une face de la question. Non seulement elle tenait mal compte des forces de l’appareil digestif, mais encore elle oubliait qu'un organisme adulte, pour disposer de toute sa résistance contre la maladie. doit en même temps éliminer au maximum Îles pro- ANS ACeRTÉCNELSEE Ie tOoNNneS

Dans un récent et remarquable exposé de la question, Lemoine‘ a montré d'une manière définitive les inconvénients graves qu'entraine Ja suralimentation et comment, suivant la forte expression de Landouzy,

elle n'est autre chose qu'une surintoxication. I conviendra donc de veiller

1 LEMOINE, Le régime des tuberculeux, 1914.

avec soin à ce que les malades n’engraissent que lorsque leur poids particulièrement faible permet de supposer qu'il existe, à ce point de vue, une indication thérapeutique impérieuse. Inversement, toutes les fois que le malade pèse un poids à peu près normal, il faut insister pour qu'il ne se laisse pas entrainer à en acquérir un qui serait, dans tous les sens du mot, anormal.

Dans ces conditions. ce que nous prescrivons le plus volontiers à des malades faisant une cure de soleil, c’est un régime se rapprochant le plus possible du régime végétarien. Sans vouloir entrer dans le détail des discussions un peu subtiles entre les partisans du régime végétarien absolu et les partisans d’un peu de viande, on peut cependant admettre que la chair des animaux constitue un excitant dont l’action est éphémère. A l'inverse du climat d'altitude qui. lui, excite le fonctionnement de certains appareils ou de certains organes d'une manière durable, comme Îles expériences de Bürker, de Jaquet et de Stæhelin et de tant d’autres l'ont définitivement montré, la viande n'agit que pendant le temps qu'elle traverse l’organisme. Elle n’est donc pas autre chose qu’un excitant factice. Néanmoins, il faut compter avec elle et surtout avec ces habitudes anciennes qui font que tant de gens ne peuvent s'en passer sans inconvénients sérieux. En tout cas, il y a entre elle, le climat d'altitude et la cure de soleil un certain antagonisme. De telle sorte que ce serait une erreur grave que d'en faire le pivot de l'alimentation chez nos malades. Elle doit au contraire passer tout à fait au second plan. Elle ne pourrait que rendre l’acclimatement et l’accoutumance au soleil plus difficiles en exagérant, sans aucun profit d'ailleurs, action stimulante de ces deux facteurs du traitement. C'est donc une règle très générale pour nous que de prescrire un minimum de viande à nos malades. Bien plus. nous la prohibons complètement, au moins le soir, dès que des symp tômes trahissent chez nos patients quelque peine à s'adapter aux conditions de la cure.

La base de l'alimentation chezles tuberculeux chroniques sera donc constituée par un régime végétarien mixte dans lequel les laitages, les légumes etles fruits jouerontun très grand rôle. À tous les repas nous faisons prendre des fruits crus ou cuits. Les laitages sont naturellement Félément constitutif des petits repas du matin et de 4 heures, soit sous forme de lait,

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soit sous forme de voghourt ou de kéfir. Les différentes céréales constitueront, avec les pommes de terre et les légumes, les éléments principaux au point de vue nutritif des grands repas de midi et du soir. C'est à eux exclusivement que nous demanderons de reminéraliser l'organisme comme il est si fort à la mode de le faire aujourd'hui. Car bien mieux que des médicaments, une alimentation naturelle et rationnelle est capable de suppléer, s’il est nécessaire, l'insuffisance de l'organisme en sels minéraux : elle seule en fournit abondamment sous une forme assimilable. Voici le schéma des menus d’une de nos cliniques :

Premier déjeuner : Lait, café au lait, cacao ou porridge, beurre, confitures, fruits crus.

Deuxième déjeuner : Potage, entrée, légume vert, pommes de terre ou purée de légumineuses, viande, entremets sucré.

Goûter : Lait.

DineneMPOlasC MCLITÉC DOUDOUS SON MCDUMONETPMIZIQUÈDALES MIA blanche ou viande froide, salade au citron, compote.

Ü va sans dire que l’alcoo! est formellement proscrit sous la forme de liqueurs fortes. Sous forme de vin ou de bière il peut être quelquefois autorisé pour tenir compte de certaines habitudes ou de certaines sensibilités particulières. Mais en principe cet excitant qui, plus encore que la viande, n’a qu'une action éphémère, ne doit être permis que très exceptionnellement, et il doit être défendu de la manière la plus stricte toutes les fois que l’acclimatation a quelque peine à se faire.

Le lit — Pour la très grande majorité des malades qui font la cure de soleil, le lit est un élément essentiel du traitement. C'est à ce titre qu'il convient de décrire, dans ce chapitre consacré à la technique générale, le type auquel nous nous sommes arrêté après de minutieuses études.

Ce lit est assez élevé. Il mesure du sol à la face supérieure du matelas, de 75 à 90 centimètres. La raison de ce fait est tout d’abord de faciliter le travail des infirmières. En second lieu. les malades doivent être couchés aussi haut que possible pour profiter des premiers et des derniers ravons de soleil qui passent par-dessus les séparations des galeries. Une autrécaractéristique de notre Lit est d'étre.monté surdesrroulettes-e

très grandes dimensions. Elles mesurent en général de 12 à 15 centi-

LA TECHNIQUE GÉNÉRALE DU BAIN DE SOLEIL Fo

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Fig. 9.

Technique générale. — Notre lit (modèle d'enfant); ses côtés mobiles sont

rabattus pendant la journée pour faciliter la cure de soleil.

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Technique générale. — Le lit de la fig. 9; les côtés sont relevés pour la nuit.

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Technique générale. — Un de nos lits d'enfants muni du parasol

et de la liseuse mobiles.

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Technique générale. — Un de nos lits avec nos appareils d’ex-

LenSIOn MeNCauCRe hotmlertensionNdtnendrthrite du

enou, le droit avec déviation latérale de la poulie pour

l'extension avec abduction d’une coxaloie.

mètres de diamètre. Le moyeu en est percé d’un petit trou qui permet de graisser la roulette de temps en temps. Il importe en effet au plus haut point que les malades puissent être transportés sur les galeries de cure avec un minimum de fatigue pour le personnel et un minimum de bruit pour les voisins.

Suivant les cas, le sommier dont est garni le lit est constitué par des ressorts métalliques d’une certaine souplesse ou bien par des lames d'acier fortement tendues sur un cadre métallique. Même dans ce dernier cas, le sommier, si rigide qu'il soit, doit parfois être doublé d'une claie en planches, surtout lorsqu'il s’agit de malades pesants. Il est suspendu par des crochets aux deux extrémités du lit de manière à pouvoir être incliné lorsque cela est nécessaire. Le matelas est en général dur, non seulement dans les cas où il aura à servir en quelque sorte d’attelle pour la colonne vertébrale, dans le mal de Pott, mais encore toutes les fois qu'il y à nécessité de garder le lit d’une manière continue. Cette dureté du matelas offre, en effet, l'avantage de faciliter l’aération de la peau et d’éviter plus aisément les plis du drap qui sont si néfastes pour la peau. Un matelas mou, au contraire, enveloppant plus ou moins largement Îles parties déclives, entrave l’évaporation de la sueur, contribue ainsi à la macération de la peau et facilite la formation des escharres. Lorsqu'il s'agit d’un malade très amaigri, il sera cependant nécessaire d'interposer des coussins entre le corps et le matelas ; on en placera un, percé comme une torche d’un orifice central, sous le bassin, de telle manière que la pression qui devrait normalement s'exercer sur le coccyx soit transmise à des régions plus charnues et notamment à la partie supérieure des cuisses. Ces coussins sont en général faits avec de la bourre de millet, qui à sur le sable le triple avantage de ne pas faire de poussière, d’être [ÉD eLIOUOUr2SEC.

En vue de la cure de soleil, les lits présentent une disposition qui permet de fixer une longue tige au bout de laquelle on peut faire tenir solidement dans n'importe quelle position une sorte de parasol quadrangulaire. Ce parasol, de dimensions juste suffisantes pour abriter Ia tête, peut donc être placé à une certaine hauteur de manière à laisser l'air circuler librement autour du visage et à ne pas empêcher de regarder le paysage.

LA TÉCHNIQUE GÉNÉRALE DU BAIN DE SOLEIL vs

Lorsque mous ayons commence Na Num Ndizaine d'Anne à faire de l’héliothérapie, nous étions, comme nos maîtres, convaincu de l'utilité des grands appareils. Devant les résultats inespérés que donnait®l cure de. soleil, nous avons été amené à es fenêtrer, d'abord modestement, puis de plus en plus largement, si bien que les appareils disparurent sans que nous ayons trouvé, à cette dispariton, let moindre inconvénient. Au, contraire, la peau. qui respiréret qui se pigmente au lieu de macérer sous le plâtre, contribue, pour sa part. à remonter l’état général et à lui donner le stimulant qui lui manque. Enfermé dans ces vastes cuirasses qui l’étouffent, l'enfant, comme l'adulte, est mis en état d’infériorité dans la lutte contre la maladie: ses muscles s'atrophient et ses articulations s’ankylosent. Bref, avec Lannelongue, nous considérons le grand appareil comme «une faute lourde». À vrai dire, bien des auteurs séraient. tentés de supprimer ces instruments qui constituent un non-sens physiologique et thérapeutique. Ils en sont empêchés, comme lavoue Broca! à propos de la coxalgie dans le remarquable traité de «Chirurgie infantile » qu'il vient de publier, par la crainte que les parents n'appliquent mal les prescriptions du médecin et laissent les enfants s'asseoir. Cest peut-être vrai. Mais de même qu'une grande intervention lorsqu'elle n’est pas absolument urgente, doit se faire dans une salle d'opération convenablement installée, de même la coxalgie et le mal de Pott doivent être traités dans des conditions de surveillance technique suflisantes. Ces conditions ne sont d'ailleurs guère réalisées que dans une clinique. Prétendre, comme on l'a fait à diverses reprises, que pour surveiller des extensions, pour empêcher les enfants de s'asseoir, pour rouler les lits sur les galeries, un nombre considérable de gardemalades soit nécessaire, c'est une erreur. Il est certainement aussi difficile et aussi important de dépister le sphacèle qui se produit sous un appareil, que d'empêcher un“enfant de prendre une mauvaise attitude. En réalité, l’un et l’autre système nécessitent des garde-malades avant des connaissances spéciales. En ce qui nous concerne, nous mettons tous nos soins à recruter un personnel de garde-malades

1 Broca, Chirurgie infantile, 1914.

10 TANCURIEDErSOLEIL

connaissant son métier à fond. Nous avons d’ailleurs institué pour elles des cours pratiques et théoriques afin de leur enseigner tout ce qu'il y a de spécial dans notre manière de faire. On pense bien, en effet, que la disposition des coussins dans le mal de Pott, que l'application de l’extension dans la coxalgie, que l'heure à laquelle les malades doivent être sortis ou rentrés selon les saisons et l’état de l’atmosphère, ne peuvent être livrés au hasard ou au bon vouloir de gens plus ou moins mal renseignés. La suppression des appareils plâtrés. si elle est agréable aux malades, ne simplifie pas la tâche du médecin. Elle l’oblige à suivre ses clients de très près et il lui faut un personnel entrainé à un travail particulier, mais qui n'est ni plus difficile, n1 plus astreignant avec notre système qu'avec celui des appareils plâtrés.

Les adjuvants de la eure de soleil. — En dehors de l'héliothérapie et des ellets du climat d'altitude, nous n'employons pour ainsi dire aucun médicament. Parfois, en hiver, aux enfants qui la supportent bien, nous donnons un peu d'huile de foie de morue. Dans certains cas rebelles, et pendant une absence prolongée de soleil, nous faisons quelques applications de rayons X ou de lampes de quarz à vapeurs de mercure. Quant aux tuberculines, nous n utilisons que celle de Beraneck en débutant par les doses les plus faibles et seulement lorsque l’état général du malade nous fait penser qu'il y à lieu de tout tenter, comme par exemple dans la tuberculose rénale double. Dans les rhumatismes tuberculeux rebelles, nous en faisons aussi usage, quand les circonstances le commandent. Mais les complications pulmonaires restent lindication la plus nette des tuberculines que nous n'utilisons jamais d’ailleurs que d’une manière tout exceptionnelle. Si nous notons que nos malades sont frictionnés chaque matin au gant de crin avec de l’alcool camphré par propreté et pour rendre la peau plus sensible à l'action bienfaisante du soleil, nous aurons ainsi

épuisé à peu près complètement la liste des adjuvants que nousemplovons.

L'ACTION DES BXINS:DE SOLEIE

Après avoir vu comment le bain de soleil doit être administré pour éviter tout accident, il convient maintenant d'examiner ses effets sur l'organisme malade. Ce sera là, en quelque sorte, un chapitre de pathologie générale servant d'introduction à ceux où seront exposées les méthodes que nous appliquons et les résultats que nous obtenons dans les différentes localisations de la tuberculose chirurgicale.

L'action générale. — Rien n'est difficile à définir comme un bain de soleil, car il constitue la résultante d’un très grand nombre de facteurs. Suivant que la température ambiante sera inférieure à 0° ou qu'elle approchera de celle du corps, suivant que l’air sera calme ou agité par des vents plus ou moins vifs, le bain de soleil aura des effets différents. Comme nous avons déjà eu l’occasion de le voir, un des éléments importants du bain de soleil ne peut être exactement apprécié : aucun appareil ne nous | renseigne exactement sur la quantité et la qualité d'énergie lumineuse absorbée par le corps au cours d’une séance d’insolation. Nous en sommes donc réduits à des appréciations subjectives. A cet égard, Straube t, qui vint à Levsin guérir d’un mal de Pott grave et qui consacra sa thèse à notre mode de traitement de cette localisation donne des renseigne-

1 E. Srrauge, Ueber die Behandlung der Spondylitis tuberculosa in Leysin. Deutsche Zeit- CR CRIrURT A AOL BA

78 LA CURENDE SOLEIL

ments précieux par lesquels on peut voir combien les sensations varient suivant la différence qui existe entre les températures marquées par les deux mêmes thermomètres placés l’un à l’ombre l’autre au soleil : «Par une

> température de 8° au-dessous de zéro mesurés à l'ombre, le thermomètre

LA

» placé au soleil marquant 50°, lit-on dans son travail, le bain de soleil » est, pour moi, un vrai plaisir. L'air frais vous réconforte en adoucis- » sant l’ardeur du soleil... Par 239 à l’ombre, le thermomètre placé au

LA

» soleil marquant seulement 45°, le bain devient une pénible fatigue. »

JIMSéraitébienMétranse con la vouera que dans meseteux cas mextre NÉS MTUIULE MDAMOSLTAUDeMIENDANETESSOIC IN TOMASENESSMeNTes effets sur l’organisme. Dans le premier cas, on est en droit de le comparer à une sorte de douche écossaise puisqu'une partie du tégument est extrêmement fraiche et l’autre brûlante : dans le second, il ressemble à un bain chaud prolongé, parfois même à un bain turc. Or, il ne saurait être possible d’assimiler l’un à l’autre ces deux moyens thérapeutiques. Pourtant. on anrécemment'écritquetdlebainede SoleuNeS d'autant plus actif que la température ambiante est plus élevée parce que l’action des rayons ultra-violets sur certaines combinaisons chimiques est. jusqu'à un certain point, proportionnelle à la température. Cest là confondre l'infinie complexité de l'organisme avec l'extrême simplicité d’un tube à essai. Bien plus, c'est confondre un organisme à température constante avec un système à température variable. En réalité, le contraste entre l'intensité des radiations solaires et la fraicheur de l'air doit être considéré comme un des facteurs importants de leffet stimulant produit par le soleil. Au bain de lumière proprement dit, dont nous connaissons l’action sur la peau, viennent donc se surajouter les eflets de particu- larités climatiques qui empêchent de déterminer avec une très grande exactitude l'influence physiologique de cet ensemble complexe. Néanmoins. l'observation clinique nous apprend avec une suffisante précision combien lhéliothérapie remonte l’état général. Des malades qui, en gardant le lit dans la plaine, avaient perdu l'appétit et les forces, renaissent sous son influence : leurs muscles qui s'étaient atrophiés se tonifient : à la dépression morale et au découragement succèdent la gaité et le goût de vivre.

Si, maintenant, on cherche à analvser les effets du bain de soleil sur

les différents organes où appareils, on constate que les travaux consacrés, en petit nombre d'ailleurs. à ces vastes problèmes, n'arrivent guère à expliquer son action si nette et si remarquable.

D'après nos constatations, le bain de soleil pris suivant les règles établies plus haut, n'a pas d'influence durable sur la température centrale : il tend, bien au contraire. à la régulariser lorsqu'elle est anormale, comme le montrent les oraphiques des figures 13 et 14. En revanche, chez des malades plus ou moins sévèrement touchés, un bain de soleil prolongé outre mesure augmente la fièvre aussi sûrement qu'un exercice physique excessif. C’est ce que montre, de la manière la plus claire, une

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