A LA
de traitement de la tuberculose chirurgicale. »
Ainsi, les brillants résultats de la cure de soleil n’en font pas seulement, comme l’a dit Leriche, une des plus fécondes acquisitions de la chirurgie contemporaine : ils lui confèrent une valeur sociale. Plus que jamais la tuberculose est, grâce à elle, une maladie évitable que les sociétés pourront vaincre le jour où elles voudront faire l'effort nécessaire. Or, cet effort n’est pas tant une question d'argent qu'une question d’organisation. Il ne s’agit pas tant de réunir de nouveaux capitaux que de mieux disposer de ceux qu'on possède. Au lieu de laisser les malades s’étioler misérablement dans des salles d’hôpitaux, qu'on les envoie ressusciter au grand air et à la lumière. Il n’en coûtera pas un sou de plus à la société, qui y gagnera de remplacer des non-valeurs dispendieuses par des membres capables de subvenir à leur propre existence.
Il faut que les municipalités ou les assemblées législatives fassent en sorte que le soleil pénètre partout, non seulement parce qu'il est un puissant désinfectant, mais parce qu'il vivifie les organismes et les rend plus résistants contre la maladie. Il faut mener la croisade contre les taudis où pullulent les germes morbides et où l'individu perd son énergie vitale et s’étiole. Il faut qu'à côté du traitement, une prophylaxie intelligente et efficace soit instituée par le bain d’air et de soleil dans les crêches, les écoles. les casernes.
Toutes les œuvres et toutes les tentatives si intéressantes de retour vers le grand air et vers la vie physique qui se sont multipliées ces dernières années — depuis nos trop peu nombreuses colonies de vacances jusqu’à
cette admirable œuvre Grancher qui transplante les enfants d’un milieu contaminé dans un milieu sain, et à laquelle s’est dévoué le D' Armand- Delille, et jusqu’au collège d’athlètes de Reims institué par le lieutenant de vaisseau Hébert — doivent être énergiquement encouragées. Ge que nous avons réalisé à Leysin montre d’une manière évidente et définitive que, dans la cure de soleil et dans le grand air, nous possédons un incomparable moyen de guérir et de régénérer les organismes les plus tarés et les plus affaiblis.