‹ La Cure Libre de la Tuberculose Pulmonaire: Principes, Indications, Technique, RésultatsChapitre 13 sur 51 · Knopf. « Les sanatoria ». — Lyon médical, 18 avril · texte numérisé non relu

Knopf. « Les sanatoria ». — Lyon médical, 18 avril

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. dans une chambre close, surchauffée, à peine ventilée.

Comme le recommande Lalesque, il faut exposer clairement aux malades et à leur entourage la raison d'être et la nécessité de la cure d'air. Il faut leur démontrer qu'on ne s’enrhume pas en respirant l’air extérieur, qu’il soit froid, chaud, sec ou humide, mais qu'on s’enrhume par la peau, les exirémités, en perdant du calorique cédé au milieu ambiant; qu'on évite cette déperdition de chaleur par l’enveloppement soigneux ‘de tout le corps, le port de chaussures ‘appropriées, le maintien de boules d’eau chaude aux pieds.

Ces explications données, si le malade est intelligent, il acceptera franchement l’aération continue, et bientôt, en sentant les effets salutaires, ne Pourra plus s’en passer.

Chez d’autres, timorés, hésitants ou obstinés, il faudra être patient, mais tenace. On commencera par laisser la fenêtre de la chambre entre-bâillée, puis on l’ouvrira davantage, et enfin on la maintiendra complètement ouverte. |

Dans {es grands froids, doit-on maintenir l’aération complète, absolue? Oui, sans hésitation. « Quant au froid, dit Lauth, à supposer qu'il soit excessif, ilin'est jamais un obstacle au séjour en plein air ; il suffit d’être suffisamment couvert, d'avoir les extrémités chaudes Pour perdre la notion de la température extérieure. Quoi qu’il en soit, il faut SaVoir qu’on peut même par les temps les plus rigoureux, dormir dans une chambre dont les fenêtres sont ouvertes. y :

Pendant la nuit, On a conseillé sinon de fermer : la

fenêtre, du moins de l’entre-bâiller pour éviter les refroidissements possibles, le malade venant à se découvrir. Ce n’est point notre avis. Ainsi, on s’exposerait à faire respirer au malade. un air moins pur.

En effet, comme Déchamp l'a bien montré, le renouvellement de l'air est incomplet dans tous les cas où la fenêtre est partiellement ouverte, et l’interposition d'un paravent entre le lit et la fenêtre est un obstacle sérieux à l’aération. Enfin, l’aération n’est réellement complète que lorsque la fenêtre est largement ouverte, sans interposition d’aucun objet entre elle et le lit, et -que ce dernier, démuni de rideaux, est placé directement en face de la fenêtre.

Les fenêtres de la chambre seront seulement fermées pendant la toilette du malade et lorsqu'on le changera d'effets. |

Quelle température doit régner dans la chambre du malade ? Il semble bien qu'il n’y ait pas de règle fixe. D'après Knopf, « quand il fait très froid, il est néces-

saire de chauffer la chambre pour que la température

.ne descende jamais au-dessous de 10° ». Pour Bouchard

et Manquant, 8° suffisent. Au-dessous, on allumera du feu. Mais on peut dire que, sans inconvénients, la température peut rester à 5’ ou 6°, sans qu'il soit besoin de chauffer la pièce. C’est une affaire de pur entraînement.

Quand le malade vit au dehors, par exemple sous

une tente, une guérite, où il n’est pas possible d’allu-

mer du feu, il faudra le bien couvrir, lui mettre des

boules d’eau chaude aux pieds, et ne pas trop prolonger

la durée de l’exposition à l’air : par exemple de 10 heures

du matin à 5 heures du soir ; la cure d’air est ainsi largement suffisante, et en dehors de ces heures, doit être faite dans la chambre.

Si au début, l’aération contraire est quelquefois difficilement supportée, les malades en. éprouvent bientôt un tel soulagement, voient la toux cesser, les sueurs disparaître, l'appétit et le sommeil revenir, qu'ils ue peuvent plus s’en passer. « Fait remarquable, dit Lalesque, les plus intransigeants sont ceux qui portent les lésions pulmonaires les plus étendues, tant il est vrai que cette suraération est compensatrice de l’amoindrissement de leur champ respiratoire. »

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