Normandie Médicale, 15 janvier
EUR à LU The
Pas de tousseurs dans sa famille composée de cinq personnes bien portantes. Habitation confortable malade très sobre et, en toute chose, d'une modération exemplaire.
En juin 1903, le malade conimence à tousser et à maigrir, mais ilest très loin de se considérer comme malade, Cependant, de juin à octobre, la toux persiste et, dans l’entourage, on com-mence à s'inquiéter. En octobre, l’amaigrissement est notable, Le malade perd l’appétit et les forces. Le dimanche, à la chässe, il est obligé de s’asseoir de temps en temps, le dos appuyé contre un arbre pour éviter une syncope.
Vers le 15 novembre, début des accidents actuels: enroue-
ment avec fièvre à 39, toux, expectoration, anorexie. . Le 15 décembre, premier examen du malade! On constate un foyer de râles sous-crépitants fins sous la clavicule droite, sans matité ; la température axillaire est toujours de 39%, la voix est rauque, les crachats contiennent des bacilles (examen de M. Guerbet).
Depuis une quinzaine de jours, le malade est dans son fauteuil, devant une salamandre à la grande marche, les fenêtres de la chambre sont hermétiquement closes.
Dès la première semaine de traitement, la température tombe à 37°. L’appétit renaît et l’amaigrissement s’arrête.
Le malade est resté jusqu’ici au centre même de la ville, dans sa chambre habituelle. Pendant les trois premières semaines, l’augmentation de poids n’est que de 200 grammes.
Le 4 janvier 1904, installation dans Rouen à quinze minutes du centre de la ville, mais au delà des boulevards. Dès la première semaine, la courbe de poids fait un bond: le gain est de 2 kgr. 500. Il y a là une influence extrêmement remarquable de la cure d’air. Le malade vivait les fenêtres hermétiquement clo
Delabrousse 6
f LD ses, il les ouvre, et immédiatement, la {oux diminue, l'appétit renail, l'amaigrissement s'arrêle,ily a même des velléités d'augmentation de poids.
Enhardi par ce petit succès d'avant-garde, le malade consent
à abandonner le centre de la ville, il s’installe sur les confins et
malgré l’hiver, le froid, la pluie, le brouillard, il ouvre ses fenétres, il dort les fenêtres ouvertes : ëmmédiatement l’amélioralion se dessine, la toux diminue, l'appétit augmente, et le poids passe de 62 kgr. 750 à 65 kilogrammes.
Jusqu'au 18 janvier, la température oscille entre 37°3 et 3707.
Le 25 janvier, il y a apyrexie depuis une semaine: on permet une heure de sortie après le déjeuner.
Le 2 février, le malade a déjà pris plus de 1 kilogramme par semaine ; on tente une promenade en voiture chaque jour.
Ces promenades sont continuées tout le mois de février sans diminuer le poids.
Le 1° mars, après deux mois de traitement la toux a diminué : il y a trois ou quatre toux par jour et autant d’expectorations.
On élargit la liberté du malade : une heure de marche par jour et deux heures de voiture,
Le 8 mars, malgré la marche, le malade a pris 1 kilogramme dans la semaine.
Le 15 mars, il a un retour de sueurs nocturnes, Le malade accuse des bouffées de chaleur à la face, « des vapeurs », légère épistaxis et apparition sur la face dorsale du poignet droit, d’un grand placard eczémateux très irrité par le grattage. Ces phénomènes semblent résulter d'une suralimentation excessive; depuis deux ‘semaines le malade avait ajouté de l’huile de foie de morue au vin de malaga, à son alimentation habituelle,
Du 2 au 15 avril, les poids restent stationnaires pendant trois
"68 à semaines à 71 kgr. 500. L'aspect général du malade est excellent ; il tousse et crache deux ou trois fois par Jour. Le sommeil est normal. L’appétit tend à augmenter, on cherche plutôt à le régenter.
Le 15 avril, le malade part pour Arcachon, afin de continuer la cure libre marine. A Arcachon, la matinée se passe en promenades dans la forêt. L’après-midi, quatre heures sont passées
sur l’eau. La direction du malade appartient au Dr Lalesque.
L'observation suivante montre très nettement l’efficacité de la cure libre avec surveillance médicale et méthode, et les effets désastreux d’une cure en liberté,
sans contrôle.
Obs. 43 (Bruxox) (1). — R... P...,26 ans.
1908. — Début des accidents en mars. Pas de traitement mé-
thodique.
1x octobre. — Hémoptysie sans fièvre, anorexie, sueurs.
Claustration dans une chambre avec une température de 20 à 22°.
Examen : En avant, à droite, affaiblissement respiratoire. En arrière, craquements fins, lointains. Augmentation des vibrations. Pas de matité.
4 décembre. — Début de la cure libre, en campagne, à 4 kilomètres de Rouen, malgré froid vif et neige. Le malade reste toute la journée dehors, installé dans une cabane. La nuit fenétre de la chambre ouverte.
Le poids passe de 59 kilogrammes à 65 kilogrammes.
De décembre 1908 à juillet 1909:
Amélioration remarquable.
1, Inédite.
DB Pas
4 juillet 1909. — Le malade abandonne la cure surveillée pour une cure en liberté. Perte de poids considérable.
Novembre 1909. — Il essaye de reprendre la cure libre, mais trop tard. Poussé Par un ami, il part dans un sanatorium, |
où il est maintenant, couché avec de la fièvre.
Résultats curatifs
« Par le terme guérison, nous désignons les cas dans lesquels les phénomènes constitutionnels, la toux, la fièvre, etc., disparaissent pendant une ou plusieurs années et chez lesquels ilne reste, en fait de phénomènes locaux que les signes de la cicatrice. ÿ (Weber.)
Lalesque à publié les observations d’un grand nombre de malades soumis à la cure libre à différentes pé-
riodes de la tuberculose pulmonaire, et qui, surveillés pendant plusieurs années, Peuvent être considérés comme guéris.
Voici le résumé de ces observations.