INFECTION
Observation 34. — Péritonite consécutive à une désunion des sutures, survenue vraisemblablement par infection, le malade ayant subi, en même temps que la gastrectomie, l’ablation de la vésicule enflammée.
4° Trois morts (obs. 4, 21, 39), survenues chez trois malades porteurs de deux ulcus, l’un déuodénal, l’autre haut situé sur ja petite courbure.
Il semble bien qu'il s’agisse là de cas spéciaux, d’une véritable « maladie ulcéreuse » diminuant considérablement la résistance des malades.
Or, avant d'utiliser la technique ci-dessus décrite, notre maître avait recours dans le même service de l'Hôpital Saint-Michel :
1° Aux opérations conservatrices : thermocautérisation, résection annulaire : s cas dont une mort et deux retouches. Dans les deux cas, on fut obligé de recourir en dernier lieu à la gastrectomie.
Mortalité : 20 p. 100.
2° À la gastrectomie haute, totale ou sub-totale : 23 cas dont six morts : mortalité 26 p. 100.
Le procédé de la résection en gouttière a donc abaissé la mortalité immédiate dans le traitement de l’ulcus gastrique haut situé de 26 à 13 p. 100 : près de la moitié.
AD
Mais tous ces procédés comportent la destruction ot l’exérèse de 1 ulcère. Que faut- il penser de la gastro-entérostomie pure et simple, appliquée au traitement des ulcus
gastriques qui nous occupent ? Sa mortalité immédiate est
évidemment beaucoup plus réduite; mais nous allons
essayer de montrer les inconvénients et les dangers qu ell® présente.
Nous avons en effet rapporté l’observation d’un maiade (obs. 36) ayant subi antérieurement une gastro-entérostomie simple, et porteur cependant de trois ulcus : un ulcus duodénal, un ulcus peptique et un ulcus géant de la petite courbure remontant très haut jusqu'au cardia et térébrant dans le foie. De même, le malade de l’observation 20 avait subi une gastro-entérostomie; mais surviennent trois hémorragies importantes, et on découvre un ulcère haut situé térébrant dans le pancréas.
Nombre d'auteurs, du reste, reconnaissent que le seul traitement vraiment efficace de l’ulcère gastrique est la gastrectomie.
E.-R. FLINT, de Leeds, préconise en 1920 la gastrectomie. Il dit que dans un très grand nombre de cas traités par la gastro-entérostomie l’ulcus persiste. Il ajoute que la G. E. ne prévient ni la transformation de l’ulcère, ni ses autres complications, hémorragies, perforation, sténose. Mais, dit. il, quand l’ulcère siège très haut sur la petite courbure, ja gastro-entérostomie reprend ses droits.
Cet argument ne nous semble plus valable aujourd'hui.
Pour EISELSBERG (de Vienne), si certains ulcères éicignés du pylore ont été améliorés par la gastro-pylorectomie,
ane
ils n’ont pas été modifiés anatomiquement, et les malades ne sont pas, de ce fait, à l'abri de leurs complications.
E. KLEIN signale que après le traitement des ulcères gastriques par la gastro-entérostomie pure et simple, on peut observer des hémorragies qui, dans 50 p. 100 des cas, sont dus probablement à l'ulcère non guéri; des perforations d'ulcères; sa dégénérescence cancéreuse; la persistance ouù la récidive des accidents gastriques. Il ajoute qu'il est illogique de comparer la mortalité opératoire de la gastrectomie et celle de la gastro-entérostomie, car la première es: capable de guérir un certain nombre d’ulcères sur lesquels la G. E. n’a aucun effet curatif.
Cette dernière phrase s'applique remarquablement a'1 sujet de notre travail, car on ne voit pas très bien l’effei curatif de la G. E. sur un ulcère haut situé en voie de perforation (obs. 34), ce dernier étant consiamment balayé ei irrité par les aliments et la sécrétion gastrique. Dans le cas cité, l’exérèse était bien une nécessité.
Plus récemment, OBERTHUR (Thèse Paris 1026), étudiant la gastrectomie dans les ulcères de l’estomac et du ducdénum, préconise la gastro-pylorectomie comme traitement de choix. k
Enfin, tout dernièrement, E. DESMARET et G. DEBRAY, dans une étude portant sur 23 cas de gastro-pylorectomie pour ulcères gastriques, conciuent :
1° La gastro-pylorectomie large guérit l’ulcère de l’estomac dans 00 p. 100 des cas.
2° Mettant ainsi le malade à l’abri de toutes les complications qui peuvent survenir au niveau d’un ulcère laissé er place, puisque elle l’enlève radicalement, et supprimant là