‹ La cure radicale des herniesChapitre 5 sur 17 · UTILITÉ ET INDICATIONS DU BANDAGE I · texte numérisé non relu

UTILITÉ ET INDICATIONS DU BANDAGE I

mentaire et finale d'une kélotomie de nécessité et d'urgence, avec libération ou sacrifice du testicule ectopié.

C'est ainsi que nous avons dû agir chez un garçon de quatorze ans, Alfred Legras, couché au lit n° i, salle Dolbeau, qui, à l'occasion d'une ectopie intrapariétale et d'une pointe de hernie, présentait des signes graves d'étranglement herniaire et de compression du testicule.

L'opération pratiquée le 25 novembre 1885, avec l'assistance de mes internes Breton et Marie Wilboutchewitch, fit découvrir une pointe de sac dans lequel l'intestin s'étranglait et un testicule de volume normal qu'il fut aisé d'amener et de maintenir au dehors, grâce à la suture des piliers. Le sac ne fut pas lié. L'enfant sortit du service le 12 janvier 1890, guéri depuis le 1 5 décembre, mais retenu pour des raisons étrangères à sa maladie. Le 20 juillet 1890, nous trouvons le testicule encore accolé à l'orifice externe dont les piliers se sont écartés. Comme il n'y a plus de douleur testiculaire ni de phénomène d'étranglement, nous prescrivons l'abstention de tout bandage.

Si le testicule, en descendant, entraîne une hernie, nous opérerons cette hernie. Mais il n'y a pas d'impulsion et il ne nous semble pas vraisemblable qu'une hernie se produise et tout nous fait espérer que la migration du testicule, dont les premières étapes sont parcourues, s'achèvera à l'âge de la puberté.

l6 CURE RADICALE DES HERNIES

Nous avons eu pour opérer la main forcée par les phénomènes de pincement intestinal et par les douleurs testiculaires; sans ces deux indications, nous aurions attendu la descente normale du testicule et la formation régulière d'une hernie.

Nous conseillons donc en règle générale, d'attendre, d'appliquer un bandage convenable, d'en essayer au besoin plusieurs et de n'agir que lorsqu'il est démontré que le bandage est insuffisant ou nuisible. Or ces essais, pour être démonstratifs, demandent des mois et même des années.

C'est pour cela qu'on n'a en général pas tenté délibérément la cure radicale d'une hernie avant l'âge de quatre ou cinq ans.

Mais alors même qu'après ce long temps écoulé on serait dans l'obligation d'intervenir, ce ne serait pas une raison de regretter cette patience.

La hernie contenue tant bien que mal. et ne s 'aggravant pas, le sac diminué, le collet rétréci et les piliers moins écartés, ce sont là de sérieux avantages que le bandage aurait fait obtenir et qui sont de nature à rendre plus facile et plus assurée l'opération ultérieure de la cure radicale.

Nous avons dit qu'on n'opère généralement pas avant quatre ou cinq ans. Jusqu'à l'âge de cinq ans. dit M. Berger, on peut affirmer que la cure radicale ne doit être jamais tentée.

Cette limite d'âge est effectivement une règle de chirurgie. Mais la règle subit des exceptions, lorsque par exemple on a affaire à une hernie étran-

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