‹ La Cure Radicale des Hernies OmbilicalesChapitre 2 sur 15 · TS KE · texte numérisé non relu

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tirer de cette méthode opératoire rationnelle, basée sur l'étude de la physiologie de la paroi abdominale.

Ce procédé n'est pas nouveau. Déjà étudié dans la thèse d’Allemand, 1895, inspirée par Duchamp, chirurgien de Saint-Etienne, il fait l’objet, au XVIII Congrès de Chirurgie (Paris, 1905), d’une communication du docteur Gourdet, de Nantes, qui inspire la thèse d’un de ses élèves, le docteur Michel (Bordeaux, 1905).

Monsieur le professeur agrégé Patel nous a communiqué les observations de plusieurs malades qu’il a opérés par ce procédé à l'hôpital de la Croix-Rousse, et chez lesquels les résultats obtenus ont été excellents.

Nous tenons à le remercier ici de la grande bienveillance avec laquelle il nous a accueilli dans son service et des conseils qu'il a bien voulu nous donner pour la rédaction de ce modeste travail.

Quelques mots de la Hernie ombilicale

Les hernies ombilicales de l'adulte sont d'une observation assez courante. Berger, sur 10.000 cas de hernies compulsés, donne la statistique suivante :

11 % de hernies ombilicales.

Elles seraient une moyenne de 27 % des hernies de la

- femme et 5 % des hérnies de l’homme.

Ces chiffres ne s'appliquent qu’à l’adulte.

Il est vraisemblable, d’ailleurs, qu'il faut faire remon- +er à l’enfanee l’origine de la plupart des hernies ombilicales observées chez l'adulte, et c'est probablement une petite pointe de hernie non guérie qui est le point de départ de presque tous les exomphales.

Il est rare (Malgaigne) que les hernies ombilicales des adultes se produisent à la suite d’un effort. Elles se font lentement, doucement et spontanément, véritables hernies de faiblesse.

Il n’est pas sans intérêt de voir dans quelles proporions la grossesse et l’accouchement augmentent cette affection, presque spéciale à la femme.

La statistique de Berger nous montre que sur 494 fem-

mes atteintes de hernie ombilicale, 429 avaient eu des

grossesses et 377 des grossesses multiples. Il ajoute que les malades constataient très bien elles-mêmes que leur

hernie augmentait sensiblement de volume après chaque grossesse. F

En dehors, d’ailleurs, de toute grossesse et de tout accouchement, il est très remarquable de constater la tendance continuelle de ces hernies à augmenter progressivement et rapidement de volume.

Entretenues par l'effort, la toux, les cris, la station debout, la pesanteur et toutes causes capables de mettre en ‘tension les viscères contenus dans la cavité abdominale, elles transforment rapidement le malade en un véritable impotent.

« La hernie ombilicale est une des infirmités les plus pénibles que l’on puisse rencontrer. » (Lucas-Championnière.)

La douleur est un élément constant de la hernie ombilicale et se trouve particulièrement intense dans les hernies un peu volumineuses, un peu anciennes, contenant de l’épiploon qui a contracté des adhérences avec la paroi de l’exomphale, ce qui peut être considéré comme la règle.

Il est, en effet, frappant de constater la fréquence plus grande des adhérences dans la hernie ombilicale que dans les autres hernies. Elles sont dues à l'irritation des enveloppes trop distendues, irritation qui se communique rapidement à l’épiploon et aux anses intestinales.

Et c’est à ces adhérences remarquablement abondantes qu'il faut attribuer la plus g er part de l'extrême sensibilité de la tumeur.

La fatigue, l'effort, les chocs, le mouvement déterminent de véritables crises qui se produisent quelquefois même spontanément.

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« La hernie ombilicale constitue un supplice.de tous les instants. » (Lucas-Championnière.)

Ces crises douloureuses entraînent bientôt dans la majorité des cas l’immobilisation du sujet, de plus en plus complète, au fur et à mesure que la tumeur s'accroît et se complique de nouvelles adhérences.

Et c’est un résultat pitoyable que l'interdiction de toule activité à ces malades qui sont le plus souvent des femmes très obèses, à surcharge graisseuse quelquefois considérable, et dont l'obésité augmente encore du fait de cetle immobilisation forcée.

L’emphysème et la toux surviennent encore, s’aggravent s'ils existaient déjà, toujours {très communs chez les porteurs d’exomphales, et ne sont pas pour améliorer leur état”

Il n’est pas rare enfin de trouver ces malades atteints . d’albuminurie et de diabète. L. Championnière insiste suitout sur la proportion vraiment considérable de femmes atteintes de hernie ombilicale et diabétiques. Pour cet auteur, il y aurait là une véritable relation de cause à effet. En tous cas, il $e produit presque toujours chez ces malades, un ralentissement notable des échanges nutritifs, et une altération très sensible de la santé générale.

Mais ce n’est pas tout: la malade atteinte de hernie ombilicale est sous la menace constante de voir survenir les complications les plus graves. Ces accidents ont été très bien étudiés par Le Dentu, à qui nous empruntons l’'énumération suivante; ce sont :

1° Du côté de la peau: des excoriations, de l’eczéma, de l’intertrigo, des furoncles, des fissures douloureuses,

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occasionnées, le plus souvent, par le port d'un bandage; des ulcérations plus ou moins profondes, et, quelquefois même, il se produit de véritables phlegmons.

2 Du côté du tube digestif: ce sont des nausées, des

vomissements: tantôt de la constipation, tantôt, au contraire, de la diarrhée.

3° Enfin, au niveau de la hernie même: il peut se

produire de l'engouement intestinal, de l'épiploïte chro-

nique de la région qui engendre des douleurs continues. L'ouverture des enveloppes peut survenir à la suite d’ulcérations profondes, et leur rupture après des efforts brusques, accidents suivis constamment de péritonite mortelle. Enfin, Fétranglement qui peut se produire comme dans toutes les hernies. Cette dernière complication, très grave, n’est heureusement pas très fréquente dans la hernie ombilicale: 6 %, d'après Bryant.

Donc, la hernie ombilicale, abandonnée à elle-même, constitue un danger permanent et n'a, chez l'adulte, aucune tendance à évoluer vers la guérison spontanée.

Bien au contraire, elle peut devenir rapidement incurable, et c’est ce qu'il ne faut pas attendre.

Le plus souvent, il faut intervenir. «En principe, la hernie ombilicale de l'adulte doit être opérée, c’est le traitement le plus sûr et le plus efficace. » (L. Championnière.)

On a beaucoup discuté de l’utilité des bandages qui pourraient permettre d’esquiver une intervention toujours sérieuse,

Utiles chez les enfants, dans les premières années où labstention opératoire est la règle, et chez lesquels on assiste souvent à une guérison spontanèe, l'emploi

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des bandages, chez l'adulte, est presque toujours à rejeter.

« Ils masquent la hernie plus qu'ils ne la contiennent », même dans les cas favorables, où ils sont placés chez des sujets à embonpoint moins développé, à parois abdominales relativement bonnes, l'amélioration qu'ils semblent déterminer n’est que passagère, et la hernie ne manque pas de réapparaître à la première occasion.

Nul ne doute plus actuellement que la plupart des hernies ombilicales ne doive être l’objet d'un traitement opératoire. Avec Fantisepsie, aucun chirurgien ne recule devant l'ouverture de la cavité périnonéale, qui lui permette d'obtenir la guérison définitive d’une infirmité grave, et de prévenir les complications qui en résultent trop souvent.

L'intervention pour une hernie de petit volume, prise à son début, est d'un pronostic relativement bénin.

L. Championnière, sans doute un peu affirmatif, va même jusqu'à dire : « La cure radicale n’est pas dangereuse, et nous avons le droit d'y recourir pour remédier même à ce qui n’est qu'une difformité. » Opinion peutêtre excessive; tous ceux qui ont l’expérience de cette intervention savent parfaitement combien elle est toujours délicate, d'une complexité extrême quelquefois, lorsqu'il s’agit de hernies un peu anciennes, aux multiples adhérences, et abondamment cloisonnées. Tous les chirurgiens savent que le fait d'entreprendre la cure radicale chez des sujets d’un état général quelquefois peu satisfaisant, toujours atteint, d’avoir affaire à des tissus d’une vitalité suspecte, peu résistants, de trauma-

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