DE M. HUMANT
1 ,550 fr., et représentant des chiens en bronze portant des lumières en cuivre doré et ciselé, étaient, il est vrai, d'une ciselure très-fine dans les détails, mais aussi, comme toutes les œuvres de cette époque, d'une forme, d’un contour tourmenté, sec et disgracieux. Il est difficile de voir rien de plus lourd que ces deux candélabres ; c’est curieux, mais ce n'est pas beau. — Dans cette vacation un cabinet en ébène, travail italien, n° 535, a été vendu 3,900 fr. ; un autre cabinet indien, n° 536, 1,260 fr. ; un coffre de mariage, n°537, 1,165 fr. ; une table à ouvrage, n°544, 1,100 fr. ; un paravent à six feuilles, n° 553, 815 fr.
C'est dans la septième et dernière vacation, comprenant les armes orientales et du moyen âge, que figuraient les plus belles choses. Cette réunion est, je ne dirai pas la plus complète, mais la plus riche que l’on ail vue passer depuis longtemps dans les ventes. Parmi les armes orientales je signalerai le magnifiquesabreàlame flamboyante, en damas noir chargé d'inscriptions persanes, n°663, vendu3,120 fr. ; deux haches d’armes indiennes, n° 667-668, vendues 2,025 fr. ; un superbe poignard indien, n° 672, vendu 5,000 fr. et qui les valait tant par sa rareté que par le beauté et la richesse du travail ; un beau poignard birman, n° 679, vendu 1,100 fr. Dans les armes du moyen âge les amateurs se sont jetés sur
une belle épée, n° 614, adjugée à 850 fr. ; sur une autre épée à deux mains, n° 615, qui a atteint 1,820 fr. ; sur une charmante carabine à rouet d’une rare élégance que M. Sampayo a emportée pour 1,050 fr. Un superbe pistolet italien à rouet, venant de la vente Irrison , a été porté jusqu’à 2,600 fr. Une hallebarde aux armes de Louis XIV a été adjugée à 441 fr. ; une autre hallebarde portant sur la lame le médaillon du Saint-Esprit a trouvé acquéreur à 310 fr. A propos de cette arme je ferai remarquer qu’elle était factice, c’est-àdire que la lame était, je le crois, bien authentique, mais qu’elle avait été placée sur une hampe dont le nœud en cuivre repercé à jour provient évidemment d’une crosse abbatiale du treizième siècle.
Le total de la vente a atteint 198,754 francs ; et, aux prix où montent actuellement les curiosités les moins curieuses,' on peut assurer que celui-ci n’a rien d’exagéré. Au moment de terminer cet article, on me remet le catalogue de la vente du cabinet de M. Daugny, qui commencera demain 8, pour se terminer jeudi 1 1 . Cette collection, moins complète que celle de M. Humann, est plus riche en émaux de Limoges et en intailles. L’exposition particulière a eu lieu hier, et l’exposition publique se fait aujourd’hui. Déliez vos bourses, vous tous que point le
DE M. HÜMANN.
démon de la curiosité , vous avez à y puiser si vous tenez à emporter quelques objets de la vente Daugny.
Mars 1858.