‹ La curiositéChapitre 41 sur 45 · DE M. HUMANN · texte numérisé non relu

DE M. HUMANN

La vente de Monsieur un tel se fait et son produit lui donne un morceau de pain pour quelques jours.

Ce n’était pas, je n’ai pas besoin de le dire, le fait de M. Humann. Possesseur d’une grande fortune, ayant rempli dans l’administration des finances d’importantes fonctions, que les circonstances ne lui avaient pas permis de continuer, il occupait ses loisirs à satisfaire son goût pour les belles œuvres de l’art et de l’industrie artistique. M. Humann ne faisait pas grand bruit de sa passion et de ses richesses. Il était de ces rares amateurs qui mettent en pratique le précepte d’Horace : Odi profanum vulgvs et arceo. Il n’ouvrait sa porte qu’à un petit nombre de curieux. J’ai eu l’honneur de visiter le sanctuaire , et je me rappelle encore, lors de ma première visite, mon étonnement à la vue de cette collection que je ne connaissais pas môme de nom. Le goût inné chez lui s’était rapidement développé et avait été singulièrement bien cultivé. Il ne professait pas de ces sympathies exclusives qui ne sont que de la manie, et toute belle chose avait droit à son admiration d’abord, puis à sa convoitise. Convoitise spirituelle, charmante, d’homme bien né et d’homme du monde, qui le faisait se désespérer quand un objet lui échappait, et témoigner plus de bienveillance et de séduction

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