VENTT DE LA COLLECTION
à l’acquéreur qui le lui avait enlevé. Tout, dans son cabinet, était en harmonie : la toile et le cadre. Le relief de chaque objet s’augmentait par son voisinage et sa position. De beaux meubles, de riches tentures, des tapis aux couleurs douces et contenues donnaient toute leur valeur aux sept cents pièces de sa collection. Ce détail est moins à dédaigner qu’on ne pourrait le croire au premier abord : il était important, par exemple, pour le cabinet dont je parle. En effet, il n’y avait pas de ces pièces dont la magnificence et la rareté suffisent pour illuminer et illustrer une réunion d’objets d’art. Malgré le prix fabuleux et exagéré auquel plusieurs d’entre eux ont atteint, aucun objet en lui-même n’était capital ; mais tous étaient d’un choix des plus judicieux et se faisaient valoir l’un l’autre par l’art avec lequel ils étaient disposés. Cette disposition ingénieuse , cette montre, a disparu à la vente, et, au point de vue financier, elle est regrettable, car elle eût certainement servi à doubler la valeur de chaque article.
Avant d’entrer dans le détail de la venje, il est juste de faire remarquer le soin avec lequel M. Manheim a rédigé le catalogue. Chaque objet est décrit d’une façon aussi précise que brève. On n’y fait pas parade d’une science aride et hérissée, on n’y emploie pas des mots techniques qui ne disent