‹ La cusinere mariee: folie-vaudeville en un acteChapitre 12 sur 22 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

BIBERLOT, M"- PETITGRIS.

^nic PETITGRIS, sortant de sa chambre, eile tient derrière le dosunchapeau d'homme. Mes soupçons étaient fondés... cette cuisinière n'est autre qu'un homme déguisé, sans doute mon correspondant mystérieux.

BIBERLOT, à part. La bourgeoise... au fait. . . eUe doit avoir appris à hre.

jyjme PETITGRIS. Son émotion seule en me voyant le trahirait , quand je n'aurais pas d'autres preuves en main... {S' approchant de lui.) Jeune homme...

BIBERLOT. Hein ? Gertrude Perpétue Cath...

j^mc PETITGRIS. Assez, monsieur... c'est inutile. {Lui montrant le chapeau quelle tenait caché.] Connaissez-vous ceci?

BIBERLOT. Mon feutrc ! je suis découverll

MAGASm THÉÂTRAL.

M™'^ PETiTGRis. C'est VOUS qui l'avez ou- J^é dans ma chambre.

Air : Baiser au porteur,

Voypz quelle imprudence extrême!

Si mon mari. . . .

BIBERLOT.

Je le conçois; Mais, hélas! j'ignore moi-même Ce que je fais, ce que je vois, Et mon esprit est aux abois.

Cet oubli qu'ici je regrette, Prouv' le désordre de mon cerveau, Et lorsqu'on, a perdu la tête, On peut bien perdre son chapeau.

Hélas! quand on a plus sa tête.

Comment songer à son chapeau?

Car vous saurez...

ivr»'= PETiTGiiis.Chut! pas d'explication, je sais tout... (F.tonnemmt de Biberlot.) Vous êtes un étourdi... un extravagant. . . que je devrais expulser à l'instant même. . . mais il faudrait expliquer à mon mari. . . ce serait une scène , un scandale que je veux éviter, aujourd'hui surtout que nous avons du monde à dîner... vous resterez jusqu'après le repas.

BIBERLOT. Merci, bourgeoise, merci... vous comprenez mon cœur. {Mettant son chapeau sous ta table. ) Et je ne vous demande plus qu'un service... savez-vous lire, bourgeoise ?

jjrue pETiTGRis. Quelle question?

BIBERLOT, lui présentant le billet rose. Obligez-moi de me lire«un peu ça si c'est un effet de votre bonté.

Tyjme pETiTGRis, prenant la lettre. Ça... {Lareg irdnnt.) Une lettre rose.... {à part) comme d'habitude.

BIBERLOT. Avec uu CŒur flambant... embroché d'une flèche... {Se croisant les bras.) Allez , ça promet.

^mc pETiTGRis. En vérité... monsieur, je ne dois. . . ni ne veux. . .

BIBERLOT. Vous ne voulcz pas. . . donnez. {Il veut reprendre la lettre, que madame Peti'gris conserve.) Je vais aller trouver votre époux dans sa cave, où jwr parenthèse il reste bien longtemps.

^jme pETiTGRis, vivement. Malheureux !. . , arrêtez. . . el) bien ! voyons, mais à condition que ce sera la dernière.

BIBERLOT. Je n'en ai qu'une pour le moment.

^jn.c pETiTGRis, déployant la lettre. Mon Dieu!... si quelqu'un !...

BIBERLOT. Pas un chat. . . allez.

M"'^" PETiTGRis , avant de lire. Encore des enfantillages...

BiBi:RLor. Nous verrons bien. . . commençons par l'adresse.

M"'' PETITGRIS, Usant. A elle.

BIBERLOT, à lui-même. A elle, plus de doute , allez.

^me PETITGRIS, lisant. «Ange...» [Modestemen t. ) Oh !

BIBERLOT, avec colère. Oh ! oui !

M"»= PETITGRIS. «( Malgré tes lettres , qui semblent écrites avec une plume de ton aile. . . »

BIBERLOT, à part. Ton aile... il la compare à une volaille!... flagorneur! [Haut.) Ton aile... après.

M"'« PETITGRIS, Usant. « L'amour qui me consume ne peut se contenter. . . »

Page 1