SCENE lE
PETITGRIS , puis M™« PETITGRIS.
PETITGRIS, entrant et achevant de s'arranger. Là!. . . voilà. . . . Mais que fait donc Nastasie? je gageraisque la coquette.... {Voyant ouvrir la porte de sa femme.) Ah!... {Lui prenant la main.) Chère amie!
Ain de Ma maUressc et de ma femme.
De ton époux sincère,
flia chère.
L'amour Tendrement te souhaite
Ta fête ^ En ce jour !
D'un charmant privilège Permets-lui d'user...
Et sur ton front de neige Reçois son doux baiser.
LA ClJlSIiMKUE MARIEF.
Lui offraiit un bouquet de renoncules qu'il levait caché derrière lui.
Daigne encore accepter ce léger hommage Que tu surpasses par ta fraîcheur.
j,mn pETiTGuis, souriant.
Unbouquet, cherbijou! [Aparl.) Quel alfreux présage Pour un mari dans sa couleur!
ENSEMBLE
l'ETITGUIS.
De ton époux fidèle
L'amour,
En ce jour,
Ici te renouvelle
Ses serments
Constants !
Pour son Anastasic Brûler à jamais, Oui, voilà de sa vie Les plus doux souhaits.
^mc pKTiTGRlS, fi part.
Quand d'un époux fidèle,
L'amour, ^
En ce jour.
Ici me renouvelle Des serments
Constants, Ma noire perfidie M'inspire des regrets; Le remords dans ma vie Se glisse pour jamais.
PETin.RJS, montrant le bouquet. Il esl gentil, pas vrai ?
M""' PETiTGRis. I^îoins quc toi, chéri. [A pnrt.) Pauvre Adolphe!... et moi qui ai eu l'imprudence de répondre aux mystérieux billets roses qu'un inconnu. , . ingrate\[ue je suis!...
PETiïGRis, revenant. Mais ce n'est pas tout. . . Qui donc qui avait envie d'une jolie petite campagne aux environs de Nogent ?
i^ime pETiTGRis. Celle des Méliflu ! tu as terminé ? *
PETiTGRis. Non! non, pas encore! il tient toujours à 35... moi je tiens à 30. Mordicus! Mais tu sais... ces anciens bonnetiers sont sensibles à un bon dîner... Je les ai invités pour ce soir.. . entre le poivre et la salade, je les entreprends, je les entortille. . . je les fascine... et au dessert... Stasie, je te fais hommage de la charmante villa et peut-être aussi d'un neveu.
jyjme pETiTGRis. Un neveu ?
PETJTGRis. Un mari pour Amanda , que tu vas aller chercher à sa pension. Un job petit mari.
jl-ne pETITGRIS. Qui ça?
PETJTGRIS. Encore un de nos invités...
notre ex-voisin de la rue des Gravilliers.
M""" PETITGRIS. Timothée Chicoreux?
PETITGRIS. L'herboriste... j'ai le doux espoir qu'assis à table à côté de notre nièce...
^jme pETiiGRis. Mais Amanda /c déteste'
PETITGRIS. Qu'est-ce que ça prouve? ne te souviens-tu pas que lorsque je t'ai épousée... et cependant... depuis... {Soupirant gaillardemen t. ) Ah !. . . Ainsi tu vois qu'il nous jfaut un repas. . . mais. . . un repas diplomatique. . . et je veux recommander à Victoire. . .
jyj.nc PETITGRIS. J'ai aussi à lui parler. (Appelant.) Victoire... Victoire...
VICTOIRE, entrant par la 2*^ porte de gauche. Bonjour, monsieur... madame...
Bonne fête, madame.
Elle fait la révérence.
^me PETITGRIS. Merci, mademoiselle.
VICTOIRE, à pari. Toujours mamzelle.
Elle se met à éplucher des légumes.
[yjme PETITGRIS. Nous dircz-vous avec qui vous parliez ici tout à l'heure pendant que je m'habillais?
PETITGRIS. Je suppose que tu n'as pas d'amoureux... que tu ne cultives ni le pompier ni le fantassin!
Air d'Arislippe.
Victoir', tu connais la consigne , Tu sais que je ne veux ici Ni pompier, ni troupe de ligne, Ni petit cousin, ni mari :
Par ce moyen, vois-tu, j'espère Ne jamais trouver en ces lieux Mon bordeaux tournant à l'eau claire, Mon bouillon privé de ses yeux.
Quelle était cette voix mâle avec qui tu dialoguais ?
VICTOIRE. Hé î monsieur, c'était le garçon épicier.
PETITGRIS. Le jeune Célestin?
Mine PETITGRIS. Ce petit drôle qui a osé nous demander la main d'Amanda ?. . .
PETITGRIS. Ah ça , mais , il veut donc que j'use mes bottes sur ses fonds de culotte ?
VICTOIRE. Pardine ! mais il faut bien qu'il apporte les provisions de chez son patron...
PETIIGRIS. Je vais déclarer à l'épicier que s'il envoie de nouveau chez moi ce jeune intrigant , je lui retire ma pratique... ou j'achète à l'instant des bottes à triple semelle. . . En voilà assez !. . . je n'ai pas le temps aujourd'hui de me mettre en colère. . . Dis- rnoi. tu as tout ce qu'il faut?... il s'agit de te distinguer, de te surpasser toi-même.
VICTOIRE. N'ayez pas peur, monsieur...
laissez-moi faire.
, PETITGRIS. De ton repas dépendent les destinées de deux grandes affaires que je mijotte avec le plus vif intérêt... Si, grâce à toi, je réussis... je suis capable... ma foi, oui, j'en suis capable...
VICTOIRE. De quoi, monsieur?
PETITGRIS. De t'accorder, h titre de gratilicalion, un li>rel de cent écus sur la caisse d'épargne. ^
MAGASIN THEATRAL
VICTOIRE. Centécus!
PETiTGRis. Et là-dessus , Stasie, à la pension de ta nièce; moi, chez nos invités, et toi, Victoire, à tes fourneaux.
ENSEMBLE
Air :
M. et m"* PETITGRIS.
Songe à nous faire,
Ma chère.
Un repas des plus Dodus.
Et pense à ta récompense.
Gagne bien tes cent écus.