‹ La Cysticercose Bovine au MarocChapitre 5 sur 20 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

On trouve chez les Israélites et les Musulmans les lois religieuses qui défendent l’usage de certaines viandes. On attribue fréquemment, à tort, croyons-nous, à la ladrerie, la prohibition de la chair de pore chez ces peuples.

Chez les Israélites, les plus vieux documents que l’on puisse invoquer sont les célèbres prescriptions de Moïse :

« Vous mangerez d’entre les bêtes à 4 pieds de toutes celles qui ont l’ongle divisé, et qui ont le pied fourché et qui ruminent, mais vous ne mangerez point de celles qui ruminent seulement ou qui ont l’ongle divisé seulement, comme le chameau, car il rumine bien, mais il n’a point l’ongle divisé, il vous est souillé. (Lévitique XI 3).

« Et le pourceau, car il a bien l’ongle divisé, et le pied fourché, mais il ne rumine pas, il vous est souillé. (Liév. XI. 7).

« Vous ne mangerez point de leur chair, même vous ne toucherez point de leurs chair morte; ils vous sont souillés. Lév. XI. 8).

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Moïse transmit en outre à Josué d’autres ordonnances que ce dernier prêcha aux sacrificateurs et au peuple juif; ordonnances que se transmirent durant des siècles les générations successives.

Craignant que ces instructions ne tombent dans l’oubli, des rabbins les rassemblèrent en des écrits dont le premier date de 3828 (an 68 de l’ère chrétienne).

En l’an 5312 (1552 de l’ère chrétienne) un grand rabbin, Joseph Karo, né en Espagne, chassé de ce pays ainsi que tous ses coreligionnaires et qui voyagea au Maroc, en Bulgarie, en Palestine, fit paraître une véritable encyclopédie des lois et règlements religieux en vigueur.

Ces livres sont encore actuellement consultés avec profit par les rabbins dans l’exercice de leurs fonctions.

Dans un volume spécialement consacré aux aliments on trouve l’énumération et la description des lésions qui distinguent la viande impropre à la consommation (viande « trifa ») de la viande saine (viande « cacher »). La présence des « boutons » sur les organes préoccupe plus particulièrement le législateur hébraïque.

Mais ici « bouton » en hébreu « bouha », pluriel « bahbouot », a un sens très large, il désigne les abcès, les lésions parasitaires (ecchinococcose, cysticercose, strongylose) et même des foyers de pneumonie ou de pleurésie.

Rencontre-t-on à la surface du cœur ou dans le muscle du cœur un ou plusieurs boutons sans que

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ceux-e1 fassent saillie dans le « vide » du cœur: la viande est « cacher ».

Le ou les boutons apparaissent-ils à la face interne de l’organe après incision de ce dernier: la viande est « trifa ».

- Les boutons siègent-ils à plus de 4 travers de doigts: viande « trifa ».

2 boutons sont réunis sur le poumon: viande « trifa ».

2 boutons sont-ils séparés après insufflation: viande « cacher ».

Les prescriptions sont nombreuses. Elles sont d’ailleurs basées sur le principe suivant: toutes les lésions qui rendent la viande « trifa » sont celles qui auraient pu amener la mort de l’animal. Aucune d’elles ne fait allusion aux lésions musculaires. La nature du grain de ladre a donc toujours été, et est encore, totalement ignorée des Isréalites. Le tenia inerme est fréquent chez les Juifs qui l’attribuent à l’eau, aux légumes (radicelles de radis) parfois à la viande, mais sans en rapporter l’origine au grain ladrique.

Au Moyen-Age le Coran défend aux Musulmans la viande de porc sans donner d’explications.

Les disciples du prophète essaient d’expliquer cette prohibition et donnent les raisons suivantes:

« La viande de porc produit la dureté du cœur.

Elle trouble le tempérament.

Elle est d’une digestion difficile à cause de l’abondance de graisse.

Elle provoque des vomissements et la diarrhée, »

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