‹ La Cysticercose Bovine au MarocChapitre 8 sur 20 · TON CE · texte numérisé non relu

TON CE

tions, rapidement desséchées au soleil, se trouvent pulvérisées et disséminées par le piétinement des troupeaux, comme aussi par l’action du vent.

L’eau des puits, celle des mares et des dayas, (dépressions naturelles de terrain dans lesquelles s’accumule l’eau des pluies) dans laquelle sont entraînés tous les détritus de la surface du sol, se trouvent aussi fréquemment souillées.

Les méthodes primitives d’élevage contribuent pour une large part à l’infestation: les bovins sont ramenés chaque soir dans l’espace compris entre les tentes des douars, dans les kasbah ou dans des « zeribas », enclos entourés de fossés ou de branches épineuses et situés à proximilé des douars. Là, ils reçoivent par terre, sur le sol souillé, une petite ration de « teben » (paille foulée par les animaux au moment du battage des grains) et de grains: orge, fève, etc.

Les animaux vivent donc dans un milieu journellement infesté.

Ajoutons enfin que, si le service d’inspeetion sanitaire des viandes est depuis quelques années organisé dans les centres importants, il est encore rudimentaire dans le bled. Les souks (marchés), où sont abattus les animaux et où s’approvisionnent les indigènes, sont peu ou pas surveillés, et les viandes ladres sont livrées sans réserve à la consommation.

La ladrerie existe dans tout le Maroc, mais il est difficile d’établir avec précision la répartition de l’affection. Les statistiques se trouvent faussées

mn LS

par les animaux qui changent de région et par la conduite des vétérinaires inspecteurs.

Autrefois le bétail demeurait indéfiniment dans la même région, son prix était minime, les demandes n’étaient point pressantes, et les longs voyages étaient périlleux.

Depuis quelques années, le prix élevé de la viande, l’importance qu'ont pris certains marchés de réexpédition, comme Casablanca, les besoins des régions du Nord du Maroc pour le ravitaillement des troupes, la sûreté des routes et des pistes ont créé un mouvement de bétail considérable.

On rencontre sur le marché de Casablanca des troupeaux arrivant du Sous, après avoir effectué, par la route, plus de vingt jours de voyage.

La conduite des vétérinaires inspecteurs a aussi son influence sur la valeur des statistiques: la recherche du parasite est plus ou moins minutieuse, et la décision de l’inspecteur en présence de lésions ladriques est variable. Tel saisira dans les cas de ladrerie discrète, tel autre n’effectuera la saisie que dans les cas de ladrerie étendue.

Ceci posé, on peut néanmoins affirmer qu’il existe au Maroc des régions qui payent un plus large tribut à la maladie. La ladrerie est très fréquente dans le Sud du Maroc occidental (région du Souss, Mtouga, Abda Doukkala), plus rare dans le Nord (Zaers, Zemmours, Gharb, Beni Hassen), exceptionnelle, dans le Maroc Oriental.

Ci-après la statistique des cas observés dans les abattoirs des différents centres du Maroc:

Casipnoe MOSaAdOn ER Ce 8 | Marrakectet "#2 6 | PCA me 5 Mazagans re rieir 1,5 Région du Sud Beni-Mellal 27%" à) KRaTadla eee 2,5 | Casablanca near 1,9 RADAR RE SRURAR 0,5 Dale Le de UE 15 K'ÉNIÉLARN CEPRAURE RER 0,1 Khémisset: ... 08, Région du Nord Mektiedse ie. 0.2 Fer UE 1,5 | Petit-Jean mc : 15) Masai te ie Pie Oùdida seu ame (SRE ' .

Bou-Dnib ......... oo PSE

Ces chiffres ne correspondent pas exactement à la fréquence de la maladie, c’est plutôt une statistique de ladrerie généralisée. La plupart des inspecteurs ne saisissent pas dans les cas de ladrerie discrète. Il faudrait multiplier par le coefficient 2 ou 3 pour avoir une idée exacte de l’importance de l’affection.

La fréquence dans le Sud et surtout l’extrême Sud (régions de Mtouga, du Souss) du ténia chez l’indigène, et du cysticerque chez le bœuf, est due à certaines particularités dans le régime alimentaire de l’homme et du bétail,

Page 1