SCÈNE VII
SAPIEHA, qui a remonté la scène, redescend, et domine à Villerbeck une poignée de main, VI LL Jl RULC K..
SAPIEHA
Nous quitter déjà, amiral, et cette fois peut-être pour toujours.
VILLERBECK.
Non pas; j'espère bien, à mon retour, vous retrouver encore
ici!... car vous avez beau dire, monsieur le comte, vous réfléchirez et ne persisterez pas à refuser la place que le czar vous offre.
SAPIEHA
Si vraiment! plus je vois de près les mécomptes de l'ambition et plus je reste fidèle à mon système...
Lequel?
SAPIEHA
De n'être rien et de n'aimer rien... que les femmes... Oui, amiral, il n'y a que cela de bon, de désirable au monde! le jeu, l'ambition, l'amour de l'or, toutes les autres passions nous abaissent, le culte des femmes nous élève! il ennoblit le cœur et la pensée, adoucit les mœurs, donne du charme, de l'esprit, de l'élégance aux manières!... il donne enfin le désir de plaire, et par là nous rend meilleurs; sans les femmes, en un mot, ce ne serait pas la peine de vivre, car sans elles, l'existence de l'homme rv'aurait ni assistance au commencement, ni bonheur au milieu, ni consolation à la fin !
VILLERBECK, secouant la tête.
Permettez!... c'est selon les beautés que vous aimerez.
SAPIEHA
Je les aime toutes!... présentes, elles ont mon hommage; absentes, mon souvenir! leur tendresse a ma reconnaissance, et leur rigueur a mon estime, car lorsqu'elles cèdent je les aime!
VILLERBECK.
Et quand elles ne cèdent pas?
SAPIEHA
Je les adore !
VILLERBECK.
S'il en est ainsi, ne partez pas et acceptez la clé de chambellan qu'on vous offre! une place où vous ferez la cour aux dames, cela rentre complètement dans votre spécialité.
SAPIEHA
Que trop!... et j'ai là des lettres d'adieux, deux surtout qui me désolent.
VILLERBECK.
Comment cela?