ACTE I, SCÈNE VII
SAPIEHA
Par la difficulté d'y répondre... (Les tirant de sa poche. ) Jugez plutôt ! (usant. ) « Je n'ai, dans la soirée, qu'un instant à vous donner... « Le comte va ce soir au sénat à dix heures... »
VILLERBECK, à part.
C'est la petite comtesse Bestuttcheff.
SAPIEHA, lisant une autre lettre .
Et cette autre?,.. (Lisant.) « Le prince préside à dix heures « le sénat... Venez... » (Avec impatience.) Toutes les deux... à dix heures!...
VILLERBECK.
C'est une heure fatale !
SAPIEHA
Pour moi 1
VILLERBECK.
Non ! pour le sénat !
SAPIEHA
Je ne sais, en conscience, quel parti prendre...
VILLERBECK, à demi-voix.
Silence!... c'est un huissier du palais... (L'huissier salue sapieha, lui
remet une lettre et sort après avoir salué de nouveau. )
SAPIEHA, décachetant la lettre.
« Le secrétaire des commandements a l'honneur de prévenir « monsieur le comte de Sapieha que Sa Majesté le recevra en « audience particulière ce soir à dix heures! » 0 ciel!
VILLERBECK.
Qu'est-ce donc? un nouvel embarras?
SAPIEHA
Au contraire !
VILLERBECK.
Un moyen d'en sortir?...
SAPIEHA, vivement.
Précisément... Je n'hésite plus!... (Relisant avec bonheur.) « Ce
ce soir à dix heures. »
VILLERBECK.
Un troisième adieu!... Prenez garde, monsieur le comte!,..
(tous les deux remontent le théâtre.) je connais mieux que vous le pays, nous avons des boyards féroces, des maris peu civilisés et qui se fâchent pour... pour un rien... Sous ce rapport, on est encore ici dans la barbarie.
SAPÏEHA.
Rassure-toi... il n'y a là rien à craindre !
Et moi... j'ai idée que, de gaieté de cœur, vous allez vous exposer à quelque grand danger.
SAPIEHA
C'est possible !
VILLERBECK.
Qu'il serait plus sage d'éviter.
SAPÏEHA.
Tu peux avoir raison.
VILLERBECK.
Eh bien alors? eh bien?...
SAPIEHA. • ' J'irai ! ... Adieu !... (il sort par le fond, Villerbeck par la gauche.)