ACTE III, SCENE V
à le consoler do ses grandeurs, dont je ne voyais que les chagrins! Aussi, que d'autres nous envient le pouvoir, la richesse, l'éclat au dehors, pour moi la vie d'intérieur et de famille, le bonheur au logis m'a toujours semblé le plus doux des rêves et le premier des biens! ( se tournant vers sapieha.) Vous le verrez!
Olga ! vous aviez raison ! je ne vous connaissais pas! et croyez bien... (Avec embarras.) croyez... quoi qu'il arrive... que là, au fond du cœur... je conserverai toujours, pour vous, respect et admiration, et, si vous me le permettez, le dévouement le plus vrai... l'amitié la plus vive et la plus tendre...
OLGA, souriant.
Eh! mais... j'y compte bien! vous le devez, monsieur, sous peine d'être ingrat !
SAPIEHA, poussant un cri.
Olga ! (on entend sonner une heure.) Ah ! Ïïl0n Dieu ! . . .
Qu'avez- vous donc?
Je pars.
Déjà!
OLGA
SAPIEHA
OLGA
SAPIEHA
Depuis une demi-heure je devrais être près de la czarine... ma place de chambellan, mon devoir m'y obligent; je l'avais oublié.
OLGA, virement.
Vrai? Eh bien ! le grand mal!... et moi aussi je dois tantôt assister à sa réception comme dame d'honneur!
SAPIEHA
Vous !... c'est bien, différent!... Que va-t-elle penser?... (n passe
à droite en remontant.)
OLGA
La vérité!... que voue étiez à causer avec votre femme et que vous avez oublié la czarine !... Oh! je le lui dirai.
SAPIEHA, avec effroi.
Non! non! gardez-vous-en bien...
OLGA, riant.
Oh ! comme vous avez peur !... vous voilà comme m'on père, peur de perdre votre place... moi, je dirais tant mieux!... (D'un air boudeur.) Adieu, Monsieur.
SAPIEHA
AdieU ! Olga, à bientôt, (il sort vivement par lefond à droite.)