OLGA, LA CZARINE, LE CZAR
Olga sort du cabinet à gauche, tenant à la main un flacon qu'elle pose sur la table, au moment où Sapieha sort.
OLGA, voyant Sapieha sortir et poussant involontairement un cri de jalousie.
Ah! lui!... une lettre!...
LE CZAR, s' éveillant brusquement.
Une lettre...
LA CZARINE, tremblante.
Grand Dieu!..» (olga a vivement saisi la lettre que la czarine lui a laissé prendre.)
LE CZAR, achevant de s'éveiller.
Qu'est-ce? qu'y a-t-il?... une lettre... pour moi?... où est-elle?
( A Olga, qui la tient entre ses mains.) Donnez !
OLGA
Non, Sire... c'est une lettre de mon mari... que l'on vient d'apporter.
LA CZARINE, troublée.
Oui... on l'apporte à l'instant...
OLGA
Et j'ignore ce que ce peut être...
LE CZAR, brusquement.
Eh bien... lisez?...
OLGA, interdite.
Je n'oserais devant Votre Majesté... et devant la czarine...
LE CZAR, brusquement.
Qu'importe!... Je vous le permets .. et la czarine aussi!...
(se tournant vers elle.) N CSt-Ce pas :... (il regarde la czarine et paraît frappé de l'altération de ses traits; il l'observe avec attention pendant que celle-ci regarde avec inquiétude Olga, qui vient de décacheter la lettre.)
OLGA, parcourant la lettre.
0 ciel !... H lui avoue que c'est moi... « moi , sa femme, qu'il « aime... Il supplie la czarine de lui rendre ses serments... lui « offrant sa vie en échange!... » Ah!... (Avec joie.) C'est bien à lui... J'oublie tout... je pardonne !...
LE CZÀR, se levant, touchant le bras de la czarine qu'il vient d'observer.
Comment, Catherine, vous d'ordinaire... si forte, si maîtresse de vous-même... laissez- vous paraître en ce moment sur vos traits l'émotion que vous éprouvez....
Moi, Sire!...
OLGA
Ociel!....
LE CZAR
Pourquoi vos yeux, dont je suivais la direction, ne pouvaientils se détacher de la lettre... que la comtesse lisait?
OLGA y à part,
0 mon Dieu!...
LE CZAR
Cette lettre de Sapieha est donc pour vous comme pour elle d'un bien vif intérêt..." ( se tournant vers oiga.) Que contient-elle?
Sire...
LE CZAR, toujours à Olga.
Est-ce bien à vous? à vous seule qu'elle est adressée?..» Je veux le savoir.
Jamais !
Je veux la lire.
OLGA
LE CZAR
OLGA
Personne au monde, pas même Votre Majesté, n'a le droit de lire ce qu'un mari écrit à sa femme !
LE CZAR
Ce droit... je le prends...