CHAPITRE II
D'Arsonvalisation. — Technique employée.
On voit de quelle diversité d'applications la haute fréquence est susceptible, et il s'ensuit que lorsque l’on parle d'applications thérapeutiques de haute fréquence à l’heure actuelle, cela n’a guère plus de sens que lorsque l’on parle de traitement électrique.
De quelle forme d'électricité s’agit-11?
De quel mode d’application de cette forme ?
En ce qui concerne la haute fréquence, et particulièrement l’autoconduction, les résultats sont extrêmement variables suivant les appareils employés, et avec un même appareil, selon le réglage qu’on lui fait subir (intensité du courant primaire, vitesse et forme de l'interrupteur, qualité du transformateur, longueur d'étincelle,; etc.)
Il est donc à désirer que chaque auteur publie non seulement le mode d'application, sa durée, etc., mais aussi son instrumentation, sa technique.
Au cours de ses diverses communications le D' Moutier a toujours fait connaître son instrumentation, et au congrès pour l'Av. des Sc. à Grenoble en 1904 il rappelait les diverses phases qu'il avait traversées dans le traitement de l'hypertension artérielle en ajoutant : « On voit que nos résultats ont toujours varié avec notre instrumentation et que celle-ci joue un rôle très grand au point de vue des résultats thérapeutiques. Nous devions entrer dans tous ces détails, étant donné le manque d'appareils de me-
sure, permettant au clinicien de s'assurer qu'il se trouve bien
dans les mêmes conditions physiques, au point de vue du voltage, de Pintensité, de la fréquence, etc., du courant employé. »
« Dès le début de nos recherches, nous avons constaté une amélioration manifeste chez les hypertendus que nous soumettions à ce mode de traitement, mais l’amélioration était plutôt d’ordre subjectif que l’ordre objectif. Nous ne possédions aucun signe nous permettant de contrôler les assertions de nos malades, puis le traitement devait être continué pendant très longtemps et être repris à des intervalles plus ou moins rapprochés; aussi avons-nous différé pendant plusieurs années la publication de nos résultats.
En 1899 seulement, dans un premier travail, nous disions : « De nos recherches, il résulte que, si l’on a des malades légèrement atteints, on peut obtenir un résultat satisfaisant par la d’Arsonvalisalion employée seule; mais que si, au contraire, l'hypertension artérielle est de date ancienne, que si elle a résisté au traitement basé sur l'hygiène et le régime alimentaire, on peut, en y associant la d'Arsonvalisation, faire disparaître le plus souvent l'hypertension artérielle. Le résultat n’est pas immédiat, on n'obtient pas, par une séance de d'Arsonvalisation, une chute de pression artérielle... le résultat est éloigné, l’abaissement de la pression artérielle s’obtient progressivement, »
Puis en 1902, au congrès de Berne :
« Depuis, dans un certain nombre de cas, soignés dès le début, nous avons obtenu, après une seule séance, un abaissement de pression de un à deux centimètres de mercure, la pression remontant ensuite, sans cependant, en général, revenir à ce qu'elle était primitivement, puis peu à peu, à la suite de nouvelles séances, l’abaissement de pression devient pour ainsi dire définitif. »
« Mais en 1902, comme en 1899, le traitement devait être continué très longtemps, pendant 6 à 8 semaines, en faisant trois séances par semaine, pour arriver à abaisser sensiblement la
pression artérielle; et encore après ce temps la pression artérielle,
bien qu’abaissée, n’était pas toujours revenue à la normale ; enfin on était souvent obligé de recommencer le traitement après une période plus ou moins longue.
« A la fin de 1902, nous avons enfin réussi à obtenir des résultats absolument satisfaisants.
« Auparavant il nous semble nécessaire de montrer la cause de résultats si différents, obtenus à ces diverses époques, ce qui nous permettra de comprendre pourquoi les électrothérapeutes ont émis des avis si divers sur la d'Arsonvalisation.
« Or comme on va le voir, nos résultats deviennent meilleurs à mesure que nous améliorons l’instrumentation elle-même.
« Avant 1899 notre instrumentation se composait d’une bobine de 25 centimètres d’étincelle, munie d’un trembleur rapide, en communication avec une source d'électricité de 16 volts fournie par une batterie de8 accumulateurs, la bobine étant reliée à un condensateur formé par deux bouteilles de Leyde, en communication lui-même avec le grand solénoïde (cage à fil continu, sans porte).
« Avec cette instrumentation, nous n'avons obtenu que des résultats éloignés et non mesurables pour ainsi dire.
« Nous avons alors remplacé le trembleur rapide par le trembleur rotatif d’Arsonval-Gaiffe, etle condensateur formé par deux bouteilles de Leyde par le condensateur plan de d’Arsonval.
« Aussitôt les résultats thérapeutiques devinrent meilleurs et nous pouvions constater dans certains cas favorables un petit abaissement de la pression artérielle après une seule séance d’électrisation; ce qui prouvait bien la réelle efficacité de cette puissante méthode de traitement.
« Enfin, vers la fin de 1902, nous modifions encore notre instrumentation qui se compose alors : de la même bobine, d’un interrupteur Contremoulins-Gaifle, relié au secteur de la ville par un rhéostat, d’un condensateur à pétrole de d’Arsonval et du même solénoïde (cage à fil continu, sans porte).
« Les résultats deviennent alors indiscutables, mais ce dernier