SCENE X FALEMPIN, MA.v'.EL, puis SATURNIN
MARCEL
Tous mes compliments, monsieur le comte, sur mademoiselle votre fille... jolie, aimable, distinguée !
FALEMPIN
Vous êtes bien indulgent! (Avec modestie.) L'exemple ! Le bon exemple à la maison !
MARCEL, riant.
Ah ! si je n'avais pas juré de rester célibataire!
FALEMPIN
Vraiment?... Vous auriez juré cela?... C'est dommage ! Ma fille vicomtesse ! Vous auriez comblé le rêve de ma vie, vicomte !
Entrée de Saturnin.
SATURNIN, sortant du café avec un plateau, deux verres et une carafe.
Voilà l'absinthe et le petit cassis, patron,
FALEMPIN, se fâchant.
• Qu'est-ce que c'est que ça?... Est-ce ainsi que l'on sert des consommations à des personnes chic?..*
SATURNIN, interloqué.
Mais... patron!
FALEMPIN
D'abord... ne m'appelez pas « patron ».
MARCEL
En effet... Pourquoi cette irrévérence?
FALEMPIN
Oui... d'abord... pourquoi cette irrévérence?... Et ensuite, remportez ce plateau... et revenez avec les bouteilles... Vous verserez devant le client... Voilà comment on fait dans les bonnes maisons ! Allez!...
SATURNIN, interloqué.
Bien, patron!
Il disparaît dans le café.
MARCEL
Mais n'appelez donc pas monsieur le comte, « patron ». Vous m'agacez à la fin !
FALEMPIN, 8'animant.
Et moi donc ! Il y a des moments où j'ai envie de lui flanquer mon pied quelque part!
MARCEL, calmant Falempin.
Oh! Monsieur le comte...
Saturnin revient avec son plateau et deux bouteilles. FALEMPIN.
Qu'est-ce que vous prenez ?
MARCEL
Rien!
SATURNIN, à Falempin.
J'aime autant cela : il m'aurait été impossible de servir un rival 1
MARGEF-, à Saturnin.
Qu'est-ce que vous dites ?