‹ La Dacryocystite congénitaleChapitre 18 sur 24 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

OBSERVATION I (/nédite)

: ( Recueillie à la Clinique ophtalmologique du Professeur Rollet.)

Dacryocystite congénitale bilatérale. Guérison au bout! de 8 jours par traitement médical.

S... Jean, 28 jours, entré dans le service du Professeur Rollet, le 23 décembre 1925.

Antécédents héréditaires : La mère a présenté, à 10 ans, des troubles des voies lacrymales. On lui a fait un cathétérisme de l’œil droit et de l’œil gauche. Depuis, aucune intervention n’a été nécessaire. La sœur de la mère aurait aussi présenté des troubles des voies lacrymales.

Huit jours après la naissance, œdème de la paupière de l’œil gauche, marqué particulièrement au niveau du sac lacrymal. Les paupières sont collées, la pression sur la région du sac fait sourdre du pus par les points lacrymaux. :

Le 20 décembre, l’œil droit s’est pris à son tour. Œdème au niveau de la région nasale, comblant la dépression orbitaire. Les paupières sont collées. Le sac contient du pus, que la pression fait sourdre au niveau des voies lacrymales.

Un traitement par l’argyrol est institué, au bout de 8 jours les troubles oculaires ont disparu. Les yeux, les paupières sont -normaux. Rien au niveau des sacs lacrymaux.

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OBSERVATION II (/nédite)

(Recueillie à la Clinique ophtalmologique de M. le Professeur Rollet.)

Dacryocystite unilatérale droite congénitale. Guérison au bout de 7 jours par traitement médicai.

Ch. Andrée. Agée de 3 mois, entrée le 14 janvier 1926.

Antécédents héréditaires : Le père et la mère ont toujours eu une bonne santé. :

L'enfant est bien portante et menée à la crèche toutes les semaines.

Dès le premier jour, la mére s’est aperçue que l’œil droit de son enfant pleurait et suppurait. Tous les matins, l’œil était abondamment collé, l’enfant présentait du pus et des croûtes entre les paupières. Il n’y a jamais rien eu du côté gauche.

L'examen est fait le 14 janvier par le Docteur Colrat : Les cils sont collés en mèche de fouet, la sécrétion est muco-purulente moyennement abondante, la région du sac lacrymal est à peine œdématiée et la pression fait sortir du LE par le canalicule des voies lacrymales.

Comme traitement, on fait unter des lavages de l'œil à l’eau bouillie. Le 22 janvier, la guérison est complète; aucune rougeur oculaire, il ne sort rien à la pression.

OBSERVATION III (/nédite)

(Professeur ROLLET.)

Dacryocystite bilatérale congénitale. Incision des canalicu!es et cathétérismes sans succès. Guérison par traitement médical : à droite, au bout de un mois; à gauche, au bout de cinq mois.

René B.., né le 10 mai 1925, vu avec le Docteur Badin, de Digoin. Se

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Peu de jours après la naissance, la sœur garde-malade signale que les yeux de l’enfant sont continuellement larmoyants. On n’attache aucune importance à ce symptôme, et, la réaction conjectivale étant très discrète, on se contente de quelques lavages à l’eau boriquée.

Petit à petit, du pus apparaît, vers le mois de juillet, les yeux larmoient continuellement, sont collés le matin, les conjonctives s’enflamment. Des collyres à l’argyrol et au sulfate de zinc à 1 p. 400, alternés, amènent des améliorations transitoires.

Un ophtalmologiste voit l’enfant vers la fin du mois d’août, constate l’existence de pus dans le sac droit, de mucus mêlé de quelques flocons purulents dans le sac gauche et parle de dacryocystite congénitale. Ayant eu des succès dans des cas analogues par le cathétérisme des voies lacrymales et larges incisions des canalicules, il tente cette opération. Quatre séances sont pratiquées, mais on ne peut passer. On n’observe d’ailleurs aucune réactivn fâcheuse. Le spécialiste conseille de montrer l’enfant au Professeur Rollet, qui l’examine en septembre.

M. le Professeur Rollet porte le diagnostic de dacryocystite

congénitale bilatérale (empyème à droite, mucocèle à gauche). Promettant une guérison spontanée, il conseiile formellement labstention de toute manœuvre instrumentale. Il ordonne des lavages biquotidiens avec une solution de permanganate faible (1 p. 6.000) et l’usage de collyres au bleu de méthylène (1 p. 500) et au sulfate de zinc (1 p. 300), en alternant leur emploi. Enfin, il prescrit des massages prudents des 2 sacs. On obtient, grâce à ce traitement, une diminution nette de la réaction conjonctivale et de la suppuration des sacs, avec des alternatives de mieux et de plus mal, lorsque l’enfant est exposé à l’air., À noter que le plus léger coryza amène une recrudescence des symptômes.

Vers le 10 octobre, l’enfant présente un côryza aigu, qui amène une augmentation de la suppuration à droite. Quoi au’on fasse, du pus coule sur la joue et de là dans la conque de l'oreille droite.

Une otite externe droite se déclare avec fièvre élevée : un médecin constate, à l’otoscope, une élevure rouge sombre

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d'une des parois du conduit. Néanmoins, la résolution se fait, sans suppuration. Et, brusquement, du jour au lendemain, l’œil droit guérit au cours de cette poussée d’otite. Vers la fin du mois d’octobre, le Professeur Rollet revoit l'enfant, constate la guérison de la dacryocystite droite, conforme à ses prévisions. Il conseille de ne pas perdre patience et de continuer à traiter l’œil gauche, comme précédemment.

Vers la fin de novembre, le mucocèle gauche se transforme peu à peu en empyème; la suppuration devient très abondante, en dépit des soins. Brusquement débute une dacryocystite intense, avec péricystite, conjonctivite suraiguë avec énorme chémosis : à première vue, on dirait un érysipèle de la face. Le Docteur V., de Moulins, appelé d’urgence, conseille de continuer sans arrêt les applications de compresses chaudes, ordonne d’instiller le premier jour, une goutte de collyre au sulfate d’atropine à 1/300, les deux jours suivants . une goutte de collyre au nitrate d’argent à 1/100.

En quelques jours, bien qu’on pût croire à l’imminense d’un phlegmon, tout rentre dans l’ordre, la suppuration persiste les mois suivants, plus ou moins abondante. Les collyres n’agissent plus guère: cependant, de temps à autre, l’instillation de nitrate d’argent à 1/100, paraît pendant 2 ou 3 jours, diminuer la suppuration et la réaction conjonctivale. La cornée est toujours restée indemne.

Enfin, le 15 février, l’enfant présente une poussée intense de coryza avec adénoïdite aiguë et fièvre élevée, d’origine grippale (toute la famille a été atteinte). Il fait, au bout de 3 ou 4 jours, une poussée d’otite catarrhale aiguë gauche n’allant pas à la suppuration. Brusquement, au cours de cette poussée, la suppuration du sac gauche se tarit du jour au lendemain. Toute réaction conjonctivale disparaît en 24 heures et l'écoulement des larmes devient normal, à noter que, au cours de ce coryza, un peu de suppuration reparaît du côté droit et cède en 2 jours, à quelques instillations de sulfate de zinc à 1 p. 300,

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OBSERVATIONS IV V (/nédites)

(Dues à l'obligeance de M. le Professeur Rollet.)

Dacryocystite congénitale chez deux frères.

Guérison par traitement médical.

Obs. IV. — P..., né le 4 juillet 1920.

Jamais de rougeur prémaculaire, mais larmoiement simple commençant à la deuxième semaine du côté gauche.

Le malade est vu par M. le Professeur Rollet, le 31 janvier 1921. Il ordonne un traitement par des lavages antiseptiques et des pommades. Guérison fin mars.

Obs. V. — P..., frère du précédent, né le 7 août 1925.

A la fin de la deuxième semaine, l’enfant présente un phlegmon du sac lacrymal à gauche. Il est vu par le Docteur Coronat, le 20 août. Il ordonne des cataplasmes in situ.

M. le Professeur Rollet voit le nouveau-né le 18 septembre 1925. II constate un empyème subaigu du sac avec rougeur de la peau, et prescrit des lavages au permanganate et l’application de pommade au précipité blanc.

Le larmoiement persiste plusieurs jours encore, mais au bout d’un mois de traitement médical, on peut constater une grosse amélioration, puis guérison,

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