CHAPITRE IV LA QUESTION DES PRIVILÈGES
1 1. Thurn et Rukavina ; les privilèges. — J II. La Poglizza; son passé; sa constitution; résistance aux Autrichiens. — j III. Le parti hongrois; son origine; sa composition; ses manceuvres. La police autrichienne. Défaite du parti hongrois.
n.Tiuirn Nommé dès les derniers jours de juillet 1797 au poste de gouverneur
et u aMiia ^j^jj j^ j^ Dalmatic, le comte Raymond de Thurn avait attendu à Goritz
les instructions de Thugut, son supérieur et en même temps son ami, et
c'est seulement le 8 août qu'il s'embarqua à Trieste pour se rendre dans
sa province.
Les vents contraires, qui semblaient s'acharner contre les Autrichiens, le retinrent six jours entiers en route, et c'est le 14 seulement qu'il put débarquer à Zara". « J'ai enfin mis pied à terre, » écrit-il i Thugut le lendemain ^, « nous avons eu à lutter six jours contre un sirocco obstiné, et, « après six jours d'une fastidieuse navigation, je suis arrivé hier, à quatre « heures de l'après-midi..., je prévois que je devrai m'arrèter ici plus long- « temps que je ne l'avais pensé : une foule d'affaires me réclament ; il « faudra organiser ce que l'on fera dans l'avenir et désorganiser ce qui a « été mal fait jusqu'ici. »
Premiers En parlant de désorganiser ce qui avait été mal fait, Thurn faisait aussi bien actes de allusion aux vices essentiels de l'ancienne administration vénitienne qu'aux irréparables maladresses du général Rukavina. Peut-être le témoignage d'un adversaire politique est-il suspect, mais il est impossible de ne pas Ses pre- Constater que, dès le premier jour, Thurn s'élève avec indignation contre niièrcspi.iin- j.^ conduite de son prédécesseur ; il l'accuse à la fois d'avoir été faible et violent; foible en ne châtiant pas les véritables auteurs du mouvement anarchique, violent en traitant durement des citoj'ens inoffensifs dont les réclamations étaient pour lui déplaire; les plaintes affluaient : curés et magistrats, malmenés par les soldats, individus arrêtés sans qu'on sût le motif de leur détention, députés venus pour apporter la soumission de