‹ La Dalmatie de 1797 à 1815Chapitre 6 sur 156 · XVI' PRÉFACE · texte numérisé non relu

XVI' PRÉFACE

une terre slave par le sang qui coule dans les veines de ses habitants, slave par la langue que parle l'immense majorité de la population, slave par des causes d'ordre purement politique dans l'examen desquelles nous n'entrerons pas.

J'ai vécu assez longtemps au milieu des Dalmates pour connaître toute l'importance des revendications qui s'élèvent de part et d'autre, et, spectateur désintéressé, j'ai vu peutêtre plus juste que ceux-là même qu'emporte l'ardeur des combats; mais, inspiré par le désir chimérique, j'en ai peur, de voir un jour l'union régner parmi les enfants d'une même patrie, j'ai toujours évité de me ranger dans l'un ou l'autre parti.

Dans les deux camps, j'ai connu des hommes que recommandaient leurs vertus, leurs talents, leur science et leur droiture d'intentions; beaucoup m'ont honoré de leur amitié, aucun n'a prétendu m'enrôler dans son parti politique; double titre à ma gratitude. Mais que nul ne cherche dans cet ouvrage une parole qui ait été écrite pour favoriser l'une ou l'autre cause : j'ai rapporté les événements avec la conscience de l'historien; je ne pense pas qu'on puisse en tirer des conclusions pour ou contre des doctrines qui, au début du siècle, n'étaient pas encore formulées, en faveur de partis qui n'existaient pas; et celui qui verra dans mes paroles un désir de flatter quelque passion politique, je le désavoue avec énergie.

Je n'éviterai pas ainsi le sort de ceux qui, avant moi, ont voulu se tenir en dehors de la lutte; des deux côtés on a dit : Qui liest pas avec moi est contre moi, et les deux partis les ont traités en adversaires, alors même que c'étaient des écrivains français, dont il ne fallait pas suspecter les intentions, mais qui avaient mis imprudemment et même inconsciemment le pied sur un terrain brûlant.

l'RtrACE XVII

Pour moi, je n'ai pas, je crois, à invoquer ces excuses; étranger aux divisions intt'ricures des Dalmates, c'est en pleine connaissance de cause que j'ai parlé, et je prends la responsabilité de tout ce que j'ai dit; je le fiiis avec confiance, car je ne crois pas qu'on puisse de bonne toi tirer de ce livre autre chose que ce que j'ai voulu y mettre.

Six années d'études et de voyages dans ce pays n'ont pu me laisser indifférent à ses destinées. J'ai appris à estimer un peuple brave, lovai, hospitalier, et s'il m'était demandé de résumer en un mot les souhaits que je forme pour lui, je ne pourrais que répéter la parole de l'apôtre : Aimez-vous les uns les autres.

PRIXCIPAl.F.S Al^Rl'X'IATlONS

EMl'I.OYliKS POUR INDIQUER LES RENVOIS AUX SOURCES

Page 1