I. Tullio Dandolo, Ricordi. \ 2. Tullio D.indolo, Ricoid'i
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« Sur ce, et vu l'attitude prise par la commission, je vous signifie, Monsieur « le Baron, que mon intention est de ne plus correspondre avec vous. »
Jusqu'en janvier 1810, Dandolo, qui avait tant de fois jeté sa démission ■\ la tète de l'Empereur et du vice-roi, se cramponne ;\ son titre de provcditeur, et encore que sa nomination de sénateur ' ait dû lui faire comprendre que ses pouvoirs avaient pris fin, il écrit au ministre d'État Aldini, président du Sénat italien-, des lettres furibondes où il dénonce avec amertume les persécutions dont il se croit victime.
L'amnis- La répression redoutée par Dandolo fut cependant aussi bénigne que possible. Si l'on avait voulu poursuivre tous les coupables, c'est la population presque tout entière qu'il aurait fallu faire passer en jugement. Marmont ordonna donc à Maureillan de proclamer une amnistie générale, ce qui fut liiit le 10 novembre '.
En étaient exceptés un certain nombre d'individus, presque tous en fuite, qui, à raison de faits d'une gravité exceptionnelle, devaient comparaître devant une cour martiale. De plus, les fonctionnaires qui avaient eu la faiblesse de continuer leurs fonctions au nom de l'empereur d'Autriche, furent destitués.
Une enquête préalable avait été faite au mois d'octobre pour savoir quels étaient les individus les plus compromis. Cette enquête avait été conduite avec une grande dextérité : des commissions parcoururent tout le pays, avant même que l'évacuation fût achevée, pour évaluer les dégâts causés par la guerre et recevoir les demandes d'indemnités. Il est assez facile d'avoir des renseignements en s'adressant à des gens à qui l'on promet de l'argent; les commissions surent donc exactement quels désordres avaient été commis, et le nom des individus qu'on accusait d'en être les auteurs ■*.
La cour martiale se réunit à Sebenico, du 22 mars au i*^' avril 1810, sous la présidence du colonel Minai, du 23*= de ligne. Elle aboutit à vingtdeux condamnations dont sept à mort, et dix-sept prévenus furent condamnés par contumace.
La ville de Scardona, qui avait donné le signal de la révolte, fut condamnée à être détruite de fond en comble, puis on l'autorisa à se racheter moyennant une amende de 100.000 francs.
Aucun des condamnés à mort ne fut exécuté et, à l'occasion du mariage de Napoléon avec Marie-Louise, presque tous les Dalmates qui subis-
I. Décret du 10 octobre 1809. | 2. TuUio Dandolo, Ricorâi. \ 3. Z. L., Commissaire général, 1809-1810, n. 1374. | 4. Z. L., 1809, F. II, rub. 12, n. 32. Toute cette enquête forme un énorme dossier, dont le résumé en 80 pages in-f" a servi à rétablir l'ordre des faits exposés plus haut.