‹ La Dalmatie de 1797 à 1815Chapitre 84 sur 156 · LA CAMPAGNE DE · texte numérisé non relu

LA CAMPAGNE DE

D.uuiolo protesta contre l'établissement lie l'état de siège : il y voyait Uésistance une mesure arbitraire menaçant les Dalniates d'une répression violente et '' ' ' le privant, lui provéditeur, de toute autorité; il contesta donc la légitimité de la mesure qui, après la guerre terminée, taisait passer le pays sous l'autorité militaire ; il écrit dans ce sens à Maureillan, le 6 novembre, au vice-roi, le 8'. Tant qu'avait duré la guerre, il s'était borné à remplir les colonnes de son journal de philippiques ;\ l'adresse des Autrichiens; après la cessation des hostilités, c'est contre Maureillan que se tourna son besoin de haïr, qui est, chez bien des gens, une manifestation de la faculté affective; il ne comprit pas ou ne voulut pas comprendre que l'institution du gouvernement illyrien rompait tout lien entre la Dalmatie et le royaume d'Italie, que, par conséquent, sa mission allait prendre hn, et que l'état de siège, établi par Marmont, devait seulement faciliter la transition. Le 6 novembre, il signifie à Maureillan qu'il reste en fonctions, et la raison qu'il en donne, c'est que le décret du 14 octobre, créant les provinces illyriennes, ne parle d'aucune modification à l'administration de la Dalmatie ; « donc, jusqu'à ce « que S. M., qui m'en a chargé, annonce par de nouveaux décrets des « dispositions nouvelles, je poursuivrai mon service. »

Dans sa lettre du 8 novembre au vice-roi, il conclut ainsi : « Voici « comment, en employant des voies détournées, par le ministère de « subalternes, au nom de nécessités imaginaires, l'envie me dépossède de « l'administration civile de la Dalmatie au profit du gouvernement mili- « taire. »

Maureillan, en vertu des pouvoirs que lui conférait le décret créant l'état de siège, avait nommé une commission civile, chargée d'assurer, sous son contrôle et sa responsabilité, le fonctionnement des ser\-ices administratifs; cette commission se composait des cinq chefs de division de la provéditure; c'était, en fait, la provéditure, sans le provéditeur. Dandolo vit dans cette mesure une manœuvre dirigée contre sa personne, et, le 14 novembre, il écrit de nouveau au vice-roi pour lui donner connaissance de la lettre qu'il adresse le même jour à Maureillan-.

« Monsieur, vous avez créé une commission composée de fonction- « naires, qui tous sont mes subalternes, à part l'otficier qui les préside; « cette commission m'adresse cinq lettres pour me demander communi- « cation des instructions que le gouvernement italien m'a données au « sujet des hommes et des choses de Dalmatie.

« Je vous préviens que je n'ai aucune réponse à taire à ces demandes, « ni aux demandes analogues que pourrait me faire cette commission. « On n'a qu';\ s'en rapporter au texte des règlements.

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